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EDEN ASTRO 114x900 mm
(Novembre 1999)
Type : Télescope de Newton. Diamètre : 114 mm. Focale : 900 mm. Prix : 990,00F.

LE télescope à prix plancher le plus vu dans les rayons !
Les instruments de la marque Eden se payent même le luxe d'une pleine page de pub dans les revues d'astronomie. C'est vrai qu'avec ce prix, pour cette ouverture avec une monture équatoriale, on pourrait se laisser tenter... Même si l'on se demande ce que l'on obtient pour moins de 1000F.

Présentation.

Ce télescope est contenu dans une grosse boîte sans marque apparente, avec juste la mention télescope en plusieurs langues. Une sorte d'image de nébuleuse et de planète recouvre le dessus de la boîte, somme toute assez laide. Le modèle que nous avons testé a été acheté en Mai 1999. Les modèles que l'on trouve à l'heure actuelle, chez Auchan et consorts, sont strictement identiques, et parfois vendus en lieu et place des modèles Optisan, que nous n'avons hélas pu tester.

Les différents accessoires sont contenus dans des boîtes en carton blanc, dont la juxtaposition permet de caler les différentes pièces dans la grande boîte. Le matériel n'ayant pas été déballé par nos soins, il a été difficile de se rendre compte du soin apporté à l'emballage.

Matériel fourni.

Montage et aspect mécanique.

La documentation est constituée de 3 feuilles volantes. Une feuille concerne le montage. Les instructions de celle ci sont à peu près claires. Les pieds en bois sont d'une légèreté surprenante, on a l'impression qu'ils sont en balsa teinté ! Il serait intéressant de connaître l'essence de bois chinois utilisé. Bref, l'impression de solidité n'est pas frappante... Les pieds  en bois, réglés au minimum n'ont pas tous la même longueur !
D'autre part les papillons de blocage de hauteur sont plus ou moins efficaces ; en effet, la vis opposée tourne quand on agit sur le papillon de serrage.

Les anneaux porte-tube comportent de la mousse collée à l'intérieur. Sur l'un d'eux, la mousse n'est pas coupée proprement, ce qui n'est pas critique, mais n'augure rien de bon sur le soin apporté au reste de la réalisation.

Une clé plate est nécessaire pour serrer les vis assemblant les anneaux porte-tube et la monture équatoriale. Une des vis de serrage des anneaux a manifestement un problème de filetage, qui  empêche le maintien correct du tube optique par l'un des anneaux. Heureusement qu'il y a le deuxième !

Le chercheur fourni est entièrement en plastique, avec un support de la même matière, qui n'a pas l'air solide. Une sorte de feuille de plastique, enroulée autour du chercheur, protège le corps du chercheur de la pression des vis de réglage. Le réticule est très fin et flou.

Lors du montage des flexibles, on constate que la molette de l'un d'entre eux tourne pratiquement librement autour de son axe, ce qui ne va pas être très pratique pour l'utilisation...

Le montage du contrepoids provoque quelques inquiétudes, tant il a l'air surdimensionné pour le poids du tube optique. D'autre part, la monture ploie distinctement sous la charge.

La documentation est écrite dans une langue approchant assez bien le français. Une feuille concerne la mise en station équatoriale, pas très claire pour les débutants. Il est vrai qu' une page entièrement en majuscule ne facilite pas la lecture. Les schémas ont la grandeur d'un timbre poste de taille moyenne. Une autre feuille recto verso traite de quelques généralités en astronomie. Des approximations et autres erreurs de traduction rendent la lecture amusante, à défaut de la rendre compréhensible. Bref, cette doc nous permet d'alimenter la rubrique "perles" de ce test.

Test optique.

Nous avons préféré effectuer un test optique en labo avant d'envisager une mise en condition réelle, en toute rigueur, une recollimation étant peut-être nécessaire.

En effet, les premières constatations permettent d'affirmer que ce télescope est complètement décollimaté. On remarque en outre, que le tube porte oculaire n'est pas perpendiculaire au tube optique principal.

La première opération consiste donc à réaligner les deux miroirs. C'est à ce moment que nous avons constaté que les vis centrales de réglage du secondaire sont tordues, vraisemblablement par l'utilisation d'un tournevis électrique pour le montage. A cause de cette torsion, on approche progressivement du bon réglage, puis, une fraction de tour plus tard, plus rien !

Les pattes de l'araignée du secondaire passent dans des trous oblongs, ce qui facilite sans doute le travail des ouvriers qui installent le secondaire, mais aggrave fortement l'imprécision de l'ensemble.

Le barillet arrière est lui aussi une catastrophe à règler. L'espèce de mousse qui est derrière le miroir principal rend l'opération perilleuse, et de plus trés temporaire. Les vis de collimation sont en effet moletées, ce qui les rends accessibles aux sollicitations mécaniques inopportunes, et aux doigts inexpérimentés...

Avoir un début de collimation à peu près correct prend de longues minutes, et nous ne pouvons qu'arrêter sur un état le moins mauvais possible.
 

  • Test du système de miroir.

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    Même avec de faibles grossissement, il est impossible d'obtenir des disques d'Airy sur les étoiles artificielles. L'astigmatisme est gigantesque.

    Nous changeons notre fusil d'épaule, et examinons l'état du miroir principal en interféromètrie. Celui ci est un miroir sphérique, plus facile à fabriquer qu'un parabolique. Outre les défauts mineurs, l'obliquité de la frange indique qu'un défaut important affecte au moins 20% de celui-ci.
     

  • Sans plus d'espoir, nous passons aux oculaires :
  • Test en conditions "réelles".

    Décidemment courageux, malgré les résultats déplorables du test en labo, nous avons tout de même décidé de réaliser une mise en station réelle, moins pour confirmer l'état de l'optique que pour voir comment se comportait la monture. Cela a été fait sous un ciel urbain, dont la magnitude visuelle limite était environ de 4.
     

    La monture, durant ce test, s'est avèrée très instable, oscillant dès qu'il y avait du vent. Un jeu important se manifeste, lors des déplacements, que ce soit en déclinaison ou en ascension droite.
     

    En Résumé.

    Il est clair que cet "instrument" vaut moins que son prix. Il est très mal réalisé, et ce qui est pire, mal conçu. C'est une copie, un ersatz de télescope, et on hésite à le qualifier de jouet. Peut-être serait-il possible d'en tirer quelque chose, si l'on refait le système de collimation avant et arrière, si l'on  change le miroir principal, et en le dotant d'oculaires acceptables. L'instabilité de la monture n'est malheureusement pas une exception dans cette gamme de prix.

    Attention, la  bête existe avec plusieurs livrées, en bleu sombre comme celui-ci, en noir, et en un joli maronasse, et peut-être aussi en blanc.

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