INTRODUCTION
Le but peut être immodeste de cette page est de procéder aux tests des différents instruments astronomiques (ou prétendus tels !), qui fleurissent dans l'hypermarché du coin, ou d'autres grandes surfaces, et de manière générale d'instruments bon marché (moins de 3000F). En effet, il semblerait que l'engouement du grand public pour les "choses du ciel" s'accentue ces dernières années, engouement suivi par l'offre, pour le meilleur et pour le pire !Ces tests n'ont absolument pas la prétention d'être des tests exhaustifs, tant sur l'ensemble du marché que sur le type de tests exécutés. Nous n'avons aucunement l'intention de rivaliser avec ce que pourraient obtenir les laboratoires de "Que choisir" ou de "50 millions...". D'autre part, les tests réalisés ne sont pas quantitatifs, ce ne sont pas des évaluations chiffrées. Ils contiennent donc une part de subjectivité. Les tests en utilisation réelle ont été limités, faute de temps ( et de beau temps), à la mise en station, et au pointage des plus grosses planètes.
Nous pensons simplement aider un peu les quelques personnes, qui néophytes et/ou désargentées, errent l'air perplexe entre les rayons, entre les appareils photos et les machines à laver, des rêves plein les yeux...
Des rêves qui pourraient bien se dissiper brutalement, et nos débutants, après n'avoir vu que de pauvres images floues, n'auront pas la moindre envie de continuer à pratiquer l'astronomie.
Pour faciliter la compréhension, une astérisque (*), à la suite de certains termes, permet de se reporter à un glossaire (EN CONSTRUCTION).
Ce sont toujours les instruments de premier prix, et les plus destinés à un large public, car plus faciles à mettre en oeuvre, sur monture azimutale*, et surtout plus faciles à fabriquer !
ASTROMASTER PRO-357 (Novembre 1999)![]()
Type : Lunette Astronomique/Terrestre. Diamètre : 70 mm. Focale : 350 mm. PRIX : 790,00FCette lunette attire immédiatement le regard dans les rayons, pour sa configuration inhabituelle dans une grande surface. Une lunette compacte avec une ouverture apparemment supérieure à 60 mm !!!
Présentation.
La boîte elle aussi attire le regard, et tranche agréablement avec le genre d'emballage habituel (carton brut, carton blanc,..) des instruments bon marché. Le couvercle est en carton épais, glacé avec de jolies photos, en face avant et sur les cotés. La présentation générale fait très fortement penser à la boîte de l'ETX de Meade. Toutes les inscriptions sont en français correct.
Après avoir enlevé le couvercle, on se retrouve face à une véritable forteresse de carton, qui est en fait un deuxième couvercle, recouvrant une autre boîte. A l'ouverture de cette dernière, on trouve une notice en français de 4 pages, une autre boîte en carton, et puis un sac de transport vert. La boîte ne sert qu'a permettre de caler le sac, lequel contient en fait la totalité du matériel.
Le contenu du sac est lui aussi, très bien emballé. Le tube étant successivement entouré d'un genre de papier sulfurisé, par un sac plastique, puis par du plastique à bulles ! En dessous du tube, dans le sac, on trouve le trépied de table, et dans la pochette latérale, les accessoires, chercheur, oculaires, etc...
Matériel fourni.
Montage et aspect mécanique.
- 1 tube optique avec ses caches.
- 1 trépied de table
- 2 oculaires de 25 mm et 6 mm de type Kellner au coulant* de 31,75 mm
- 1 redresseur terrestre à 45°
- 1 Barlow* 2x
- 1 chercheur 8x21
- 1 sac de transport à deux compartiments plus pochette latérale.
- 1 documentation de 4 pages.
Première constatation au déballage: le cache objectif ne tient pas beaucoup, et le risque ultérieure de perte est élevé. Le montage est réduit à sa plus simple expression, il suffit de déplier le trépied et de visser le tube optique dessus. Une fois montés le renvoi coudé, la lentille de Barlow et un oculaire, on s'aperçoit rapidement que l'ensemble est à la limite de l'instabilité, si le trépied est positionné à une trop grande hauteur. Et pourtant, il n'est pas bien haut...
Ce trépied est une classique combinaison de plastique et d'alu, possédant des molettes qui permettent l'ajustement d'azimut et de hauteur. Cependant, il n'est pas possible de diriger la lunette vers le haut à un angle supérieur à 45°, la tête orientable du pied étant en butée ! Ce qu'avoue discrètement la notice, d'ailleurs. Ce trépied est tout simplement inutilisable en Astronomie. Il faut prévoir le montage de cette lunette sur un pied photo, pour une utilisation sensée.
La notice est assez bien faite, et écrite dans un français correct, ce qui est plutôt rare, et elle ne contient pas d'énormités.
La crémaillère de mise au point est ferme mais irrégulière en un point. Les oculaires surprennent par leur légèreté, pour des oculaires de 31,75 mm. Mis à part la jupe métallique, ceux ci sont en plastique moulé, non démontables.
Le chercheur ressemble comme deux gouttes d'eau à celui d'origine de l'ETX. On constate seulement que le réticule est beaucoup plus fin dans celui de cette lunette.
Premier test optique.
Un test optique succinct a d'abord été réalisé en appartement à l'aide d'une étoile artificielle, constituée d'une bille d'acier de petit diamètre, éclairée par une lampe halogène. Une mire imprimée a également été utilisée. La configuration de la lunette est la plus commune, utilisant le renvoi à 45°, puis les deux oculaires d'origine, associés ou non avec la barlow.
Test en conditions "réelles".
- Test avec l'oculaire de 25 mm (Grossissement 14x)
Image plutôt nette si l'on fait abstraction d'une sorte de brume sur les bords du champ. Le bord de la mire apparaît liséré de vert.
- Test avec l'oculaire de 25 mm + barlow (Grossissement 28x)
L'image de l'étoile artificielle apparaît entachée de chromatisme, et cela devient frappant si l'on dérègle la mise au point (défocalisation). C'est à dire que l'image de l'étoile artificielle change de couleur en fonction de la mise au point.
- Test avec l'oculaire de 6 mm (Grossissement 58x)
On constate un astigmatisme (déformation horizontale) assez important. Le chromatisme en devient plus visible. On devine des figures de diffraction ("disques" d'Airy), mais très déformées.
- Test avec l'oculaire de 6 mm + barlow (Grossissement 116x)
Les "disques" d'Airy sont franchement ovoïdes et apparaissent non fermés.Ce test à été effectué sous un ciel urbain, donc très pollué. De plus, une brume d'altitude était perceptible. La magnitude visuelle limite (la plus petite étoile visible) était de 4,28. Les objets observés se limitent à Jupiter et à Saturne, proches du méridien. Là aussi, la configuration utilisée est la plus évidente, avec les accessoires fournis, notamment le redresseur terrestre.
Deuxième test optique.
- Test avec l'oculaire de 25 mm (14x)
Les satellites de Jupiter sont visibles, et le très petit disque de Jupiter est à peu près net.
- Test avec l'oculaire de 25 mm + barlow (28x)
Idem sur Jupiter, le chromatisme est visible sur le disque, qui est rouge à gauche, et bleu à droite. Saturne est visible comme un ovale aplati.
- Test avec l'oculaire de 6 mm + barlow (116x)
Malgré l'aberration chromatique, on voit les deux bandes principales de Jupiter, qui n'est évidemment pas facile à suivre avec une monture azimutale à ce grossissement. Sur Saturne, il pratiquement impossible de séparer la planète de son anneau.Ce test a été réalisé dans un laboratoire d'optique, en testant les éléments séparés de la lunette, quand cela était possible. Chaque élément a été complété avec des accessoires testés et connus pour leur haute qualité.
Aspect technique:
Cette lunette comporte un objectif comportant un doublet achromatique "air spaced". C'est-à-dire qu'il s'agit de l'assemblage de deux lentilles, séparées par une couche d'air. Cette combinaison est beaucoup plus facile à fabriquer qu'un doublet dont les lentilles sont en contact.Un examen attentif de l'objectif montre que cette lunette comporte un diaphragme, (*) très peu en arrière de l'objectif ! Cet anneau réduit l'ouverture utile. Ce stratagème permet d'utiliser la partie centrale des lentilles, qui est toujours meilleure que la périphérie. Approximativement, cette lunette de 70 mm serait plutôt équivalente à une lunette de 50 mm d'ouverture.
Cet objectif n'est apparemment pas démontable, il donc impossible d'envisager la recollimation par un professionnel.
On constate également que le traitement de l'intérieur du tube est plutôt brillant, ce qui n'améliore pas les qualités optiques, en provoquant des réflexions parasites.
En Résumé.
- Test de l'objectif:
- Test avec un oculaire Plössl Clavé de 12 mm + une Barlow 3x (Grossissement 87,5x)
Sur étoiles artificielles, on aperçoit des disques d'Airy, plutôt correctement formés. Un astigmatisme est perceptible. L'ensemble est plutôt correct en regard du prix de cette lunette.
Lorsque l'on examine les franges d'interférences, on perçoit, outre des petites imperfections des lentilles, une légère déformation en barillet des lignes, ailleurs plutôt bien parallèles. Là encore, c'est plutôt correct en regard du prix et de la catégorie de l'instrument.
- Test avec un oculaire Clavé de 6 mm + Barlow 3x (Grossissement 175x)
Le test sur la mire et sur étoiles artificielles donnent un résultat satisfaisant pour ce type d'objectif, considéré comme un objectif de 50 mm.- Test des oculaires et accessoires:
- Test avec l'oculaire Kellner 6 mm + Barlow d'origine sur une lunette de 100x600 mm "Diffraction Limited" de haute qualité (Grossissement 200x)
Lorsque l'on examine la mire, en déplaçant l'oeil latéralement au dessus de l'oculaire, une vague de distorsion est visible, à cause de la faible qualité des lentilles de l'oculaire.
- Test avec un oculaire Plössl 9 mm de bonne fabrication asiatique + Barlow d'origine (Grossissement 77,8x)
La déformation en vague est toujours visible, même si elle est atténuée. Le problème vient donc aussi de la lentille de Barlow.
- Test avec le renvoi coudé à 45° (redresseur terrestre)
L'examen des franges interférentielles révèle un problème classique, inhérent au redresseurs à 45° : une barre sombre est présente en travers de la figure. Cela indique que des distorsions importantes affectent l'image obtenue. Ce redresseur, de toute façon inutile en Astronomie, dégrade considérablement l'image. NE PAS UTILISER EN OBSERVATION ASTRO ! Il aurait été préférable de fournir un redresseur à 90°. Ce redresseur explique les différences de performances constatées entre le test en condition "réelle" et ce test en labo.
Cette lunette, malgré son aspect attrayant, est globalement d'une qualité très moyenne. Elle peut faire un instrument efficace pour le débutant, à condition d'investir dans un renvoi à 90° et dans des oculaires de qualité convenable, ce qui peut plus que doubler l'investissement initial. Une monture azimutale, voire équatoriale, peut alors être fabriquée à peu de frais, si l'on possède des rudiments de bricolage.
- Points positifs :
- Objectif de qualité acceptable, pour une lunette de 50 mm !
- Emballage, présentation et documentation corrects.
- Coulant d'oculaire de 31,75 mm
- Points négatifs :
- Lunette de 50 mm présentée comme étant une lunette de 70 mm (diaphragme).
- Oculaires et Barlow fournis médiocres. Prix estimé d'un oculaire en sortie d'usine: 3$
- Redresseur à 45°, au lieu d'un à 90°, dégradant l'image.
- Achromatisme limité.
- Pied fourni pratiquement inutilisable en Astro.
Pour l'utilisateur averti, elle peut constituer un chercheur compact et relativement lumineux, malgré son diaphragme et le fait que l'objectif apparaît indémontable.
POSTSCRIPTUM (Fevrier 2004)
Un lecteur nous a écrit recemment pour contester l'existence du diaphragme proche de l'objectif, qui apparemment, n'existe pas sur son exemplaire. Sauf erreur, celui ci était bien présent sur le modèle de lunette testée, en Novembre 1999. L'exemplaire de notre lecteur ayant été acheté en 2002, nous avons décidé de vérifier sur un exemplaire récent de cette lunette, vendu sous une autre marque. Le diaphragme semble en effet avoir disparu, ce qui semble prouver que la construction de ce matériel, même d'entrée de gamme, évolue ! On peut peut-être même penser que ces pages de tests sont lues en Asie ! :) Pour pallier a cet aléa, les dates approximative des tests seront désormais mentionnés sur ce site.
Cependant, un autre propriétaire de la 357, Eric Royer, a constaté que cette lunette était toujours diaphragmée, mais de façon beaucoup plus discrète, puisque cela est fait par le porte-oculaire ! Celui-ci limite ainsi en interne le cône de lumière issu de l'objectif. E Royer propose même une solution correctrice, qui est de rallonger le tube !
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