Télescope 114/900 "Hama"
Type : Télescope de Newton. Diamètre : 114 mm. Focale : 900 mm. Prix : 149 Eur (977,38 F)
Voici le retour des télescopes Newton de supermarché ! Après une inflation de télescopes catadioptriques, d'une qualité pour le moins discutable, voici enfin un nouvel instrument au principe optique simple. Le Newton de 114/900 a toujours eu la réputation d'être l'instrument d'initiation idéal. Le prix de celui ci est toujours attractif, mais y a-t-il eu des progrès depuis les derniers instruments testés ?
Présentation.
L'emballage est une boîte longue et blanche, extrêmement sobre. Il y a juste une petite étiquette libellée "Asia Technology" (?) avec la référence et le modèle. A l'intérieur, un ensemble de boîtes du même carton blanc, de tailles parfaitement ajustées de façon à ne pas laisser d'espace libre. Cet emballage rappelle assez celui de la lunette Optisan 60/600. Le dessin des pièces contenues dans chaque boîte est figuré sur le couvercle, ce qui est très utile ! A l'intérieur de chaque boîte les accessoires sont emballés dans des sacs en plastique transparent liés par des élastiques. C'est systématique et très soigneux. Par contre, la relative faible épaisseur des cartons et l'absence de mousse peut faire craindre des dommages en cas de manutention un peu brusque.
Matériel fourni.
Montage et aspect mécanique.

La documentation n'est pas d'un grand secours pour le montage, il faut surtout se référer au texte, plutôt qu'aux diagrammes. La monture équatoriale se fixe sur la platine du trépied par une simple vis à ailette munie d'une grosse rondelle. Une (très) grande vis munie d'une grosse molette sert à effectuer le calage de la monture en latitude. Elle permet d'effectuer un réglage assez fin. L'index des latitudes est teinté en vert sur fond bleu-noir ce qui est peut-être esthétique, mais ne le rend pas très lisible.

Le collier de fixation du tube est déjà installé sur celui-ci, il faut donc le retirer pour effectuer le montage sur l'équatoriale. Les vis de fixation sont des vis phosphatées à 6 pans creux (allen). Là encore, c'est peu de chose, mais on a la bonne impression que, pour une fois, les concepteurs n'ont pas lésiné sur la qualité de la moindre vis.
Le tube optique est par contre d'une légèreté surprenante, à tel point que le contre-poids, comme souvent, apparaît surdimensionné. L'aspect du tube optique lui-même fait assez "tuyau de poêle"! Le tube est en effet constitué d'une feuille de tôle roulée... Mécaniquement, la crémaillère du porte-oculaire est trop douce, mais on peut en régler le serrage. Plus gênant est le jeu transversal très important qu'a le tube du porte oculaire dans son logement. Accessoirement, on constate aussi que le "tuyau de poêle" est légèrement aplati !
Lors du montage du tube optique et du contre-poids, on s'aperçoit que la soi-disant lourdeur de ce dernier est trompeuse : il faut le faire coulisser tout au bout de la tige pour pouvoir équilibrer l'ensemble. L'axe de déclinaison comporte un jeu important qui se manifeste de façon bizarre, seulement sous certains angles, c'est à dire quand le tube est orienté dans certaines directions !
Quant au chercheur, la fixation se fait sans problème avec
deux vis moletées sur le tube optique. Le support est en plastique,
mais il imite particulièrement bien le métal ! Ce chercheur
n'est pas diaphragmé, ce qui est un bon point.



Sur la forme, il y a bien quelques coquilles par-ci par-là, et certaines circonlocutions peuvent surprendre, par exemple "lunette de pointage avec réticule en croix" pour désigner le chercheur, ou bien "commande d'horloge synchrone" pour désigner la motorisation en ascension droite (optionnelle). Ces tournures bizarroïdes peuvent en effet dérouter les débutants. Le texte est en outre assez dense. Les éléments du télescope sont repérés en début de fascicule par des numéros.
Les thèmes abordés sont assez nombreux, du montage au
pointage, en passant, par exemple, par la mise au point du chercheur. Il
y a même un chapitre sur la collimation ! Plus surprenant, il y a
aussi les schémas éclatés du barillet du miroir primaire
et du support de secondaire. C'est peut être un peu aventureux pour
un utilisateur débutant, mais sera sans aucun doute utile à
quelqu'un d'expérimenté et entreprenant, pour modifier par
exemple le système de collimation.
Collimation :
De prime abord, le secondaire apparaît décentré,
et l'araignée est montée de travers, c'est à dire
que le plan des branches n'est pas perpendiculaire au tube optique. C'est
rendu possible par les trous oblongs dans lesquels passent les branches
de l'araignée en question... Le recentrage se fait assez facilement,
en desserrant les écrous papillons qui servent de contre-écrous,
et en déplaçant les branches longitudinalement. Les vis moletées
assurant le serrage extérieur sont, par contre, extrêmement
dures à dévisser, mais on y arrive tout de même.

Sur étoile artificielle, le résultat de la recollimation
ne semble pas parfait, il semble qu'il y ait une retouche à faire
sur le miroir primaire. Le mieux étant l'ennemi du bien, il est
décidé de ne pas toucher au réglage du primaire, de
peur d'aggraver les choses, ce qui est possible avec certains "systèmes"
de collimation !
La barlow, le tas de plastique habituel, n'a pas été testé...
Spécial Filtre Solaire : On a assez dit que les
filtres solaires à positionner devant l'oculaire était dangereux,
mais ce n'est sans doute pas suffisant. En effet, ce filtre se trouvant
au foyer de l'instrument, la chaleur du faisceau peut très bien
briser le verre, laissant le champ libre vers l'oeil de l'observateur.
La documentation précise bien qu'il ne faut pas utiliser le télescope
à pleine ouverture (on enlève seulement la partie centrale
du cache) dans ce cas là, mais il arrive que les utilisateurs soient
distraits... De toute façon, cette petite ouverture, de 5
cm, se trouve en plein centre du tube, on peut donc enlever un diaphragme
de 2 à 3 cm, au centre, à cause du secondaire. Il serait
étonnant que l'image obtenue soient vraiment interessante. Donc
:
Ne pas utiliser de filtre solaire se fixant sur l'oculaire, preferer
les filtres solaires à l'ouverture !!! Dans tous les cas : ne
pas oublier d'obturer le chercheur !
Lune gibeuse à presque pleine, avec passages nuageux à
moyenne altitude. Turbulences importantes. Ces observations ont cependant
été faites durant plusieurs séances.
Aux premières constatations, ce nouveau tube est plus sévèrement décollimaté que le précédent. Cela a donc permis de refaire une collimation "en profondeur", en utilisant tous les réglages.
Il apparaît immédiatement que c'est loin d'être une sinécure. En effet, si la perpendicularité de l'araignée se corrige facilement (voir le premier test), par contre le réglage des vis du secondaire est assez hasardeux. Les vis de réglages sont un peu tordues, et l'extrémité n'en est pas très nette. Tout cela ne facilite en aucune façon le réglage ! Ces vis étant de simples vis "philips" de 3 mm, elles ont été remplacées par des vis du commerce soigneusement choisies. Le primaire est plus facile a régler, grâce à son système vis poussantes/vis tirantes, mais les vis ne sont pas non plus un modèle de précision.
Les tests sur étoile artificielle montrent une cassure en trois points du premier anneau autour du disque d'Airy, signe d'une contrainte mécanique quelque part, vraisemblablement dans le miroir primaire. Un démontage du barillet du primaire serait envisageable pour résoudre ce problème.
Sur le ciel, les performances s'en ressentent, par exemple, si la division de Cassini est visible sur Saturne, l'image n'apparaît pas très spectaculaire, les doubles sont aussi plus difficiles à résoudre.
Mécaniquement, on retrouve les même problèmes que sur l'exemplaire précédent, à savoir le jeu dans le porte oculaire et dans la monture.
Que l'acheteur prenne garde (comme disaient les romains : Caveat Emptor !) les exemplaires testés ne garantissent pas un échantillonnage suffisant, il est possible que les deux exemplaires testés soient exceptionnels, et qu'il en existe de beaucoup plus mauvais. Il faut, comme d'habitude avec ce genre de produit, éviter d'acheter les yeux fermés, et ne pas hésiter à faire jouer la clause "satisfait ou remboursé" qui est souvent proposée par les vendeurs. Le système de collimation n'étant pas d'un abord facile, une personne sans expérience se tournera avec profit vers un club, où elle trouvera les compétences nécessaires.