Meade modèle DS-70EC
Type :.Lunette. Diamètre : 70 mm. Focale : 700 mm. Prix : 381,12 Eur (2500,00F)
Un invité de marque pour ce test, puisqu'il s'agit d'un instrument que le grand constructeur Meade destine aux débutants. Attrayante par ses caractéristiques (70 mm d'ouverture au lieu des 60 mm ou moins pour bien des lunettes d'initiation), possédant un pointage automatisé fort en vogue, cette lunette reste accessible, mais quelle en est exactement la qualité ? Le premier instrument avec "Goto" du testeur !
Présentation.
L'emballage est une boîte longue et colorée dans le style de la marque, avec des légendes en anglais. Les photos sur le côté sont beaucoup plus réalistes que d'habitude, serait-ce à cause d' un procès à l'américaine ? A l'ouverture, on y trouve des coques d'emballages styles "boîtes à oeufs" très solides, supportant un jeu de trois pieds en alu, et quelques autres accessoires. Le reste est très bien calé entre les coques, de formes complexes.
Matériel fourni.
Montage et aspect mécanique.
Les trois pieds se fixent sur la monture avec de simples boulons à
vis cruciformes d'un côté, et écrou hexagonal de l'autre.
Les fourches de fixation des pieds, en plastique dur, comportent une empreinte
hexagonale d'un côté ce qui permet à un bricoleur moyennement
doué de maintenir l'écrou hex de ce côté, pendant
que la vis est serrée avec un tournevis de l'autre... Pendant qu'on
tient l'ensemble tube plus monture... Bref, il vaut mieux se faire aider.
Les branches du support de la monture, qui viennent s'insérer dans
le haut des pieds, possèdent un rebord, qui limite de façon
assez drastique l'écartement de ces derniers. Les pieds comportent
chacun une clanche de blocage pour le réglage de hauteur, un peu
comme les tripodes photo. La qualité de fabrication de ce pied est
plutôt correcte.
Le montage du chercheur est assez folklorique, avec deux vis cruciformes très rapprochées, à serrer dans le fond du support. Existe-t-il plus compliqué ?


La crémaillère est un peu souple et légèrement
irrégulière, avec une sorte de point dur de mauvais aloi
à la rentrée, à mi-course, l'utilisateur a l'impression
de forcer sur quelque chose. Une vis de serrage de la mise au point est
présente sur le dessus du tube (voir ci-dessus), même si elle
n'a pas l'air très efficace.
Le cache d'objectif est en plastique souple, et tient fermement sur
le pare-soleil. Si fermement que l'on a tendance à déboiter
celui-ci lorsque l'on retire ce fameux cache.
Le trépied est assez instable, oscillant à chaque faible
sollicitation. Par contre, les pointes en caoutchoux de chacune des branches
du trèpied sont une bonne intention, dans le but d'amortir un peu
ces vibrations. Le montage de la fourche azimutale laisse entrevoir un
jeu assez énorme (flèche rouge) assez inexplicable au premier
abord.

De plus il semble impossible de serrer le frein en azimut. Trouvant que décidemment quelque chose nous echappait, il a été décidé de remettre l'étude de ce problème à la phase de test en condition réelle.
Le montage des moteurs est assez pénible, surtout pour le moteur
de déclinaison (d'altitude, en fait), les filetages en plastique
assez grossiers ne facilitant pas la tâche. Il n'y a pas de différence
apparente entre les moteurs. Une indication "Made in Taiwan" est présente
sur chacun d'eux. Les engrenages d'entraînement sont apparemment
en nylon, avec une sorte de graisse rouge dessus.

Tout ça est en anglais, et tellement orienté qu'il
semble que l'instrument était destiné au marché US
! Le manuel de l'utilisateur n'est pas très clair, avec assez peu
de schéma. Les informations se succèdent, paragraphe après
paragraphe, sans qu'il y ait de plan vraiment logique. Le fait que le manuel
soit commun avec toute la série DS, jusqu'au DS-114, ne contribue
pas à améliorer les choses. De plus, l'absence de version
française peut se révéler gênant pour de nombreuses
personnes...
Préambule :
Décidé à en découdre pour de bon avec les problèmes mécanique, le testeur s'est plongé dans la vue éclatée de la documentation (la fameuse RTA ! :-) ) La décision a été prise d'opérer cet axe d'azimut. Il a fallu enlever le bouton de serrage en plastique, une rondelle "ressort", une première rondelle plate, la roue dentée d'azimut (en métal), une autre rondelle plate, pour s'apercevoir ensuite que la grosse vis de fixation de l'axe Az était desserrée de la base tournante de la fourche, occasionnant le jeu constaté. En utilisant un gros tournevis, ou une pièce de monnaie, on arrive à resserrer cette vis, et à annuler le jeu. Il faut évidemmment remonter le reste dans l'ordre, en s'aidant du schéma, qui dans ce cas prouve son utilité...
Condition d'observations :
Ciel dégagé mais laiteux avec passages nuageux à
moyenne altitude, magnitude limite environ 5, fin croissant de lune montante.
Turbulences importantes.
Celui ci a été réalisé en utilisant un bloc transformateur 12V au lieu du pack de piles fourni. On notera en passant que celui ci doit contenir 10 piles AA, ce qui fait 15V pour l'alimentation nominale, au lieu des 12V de l'alimentation secteur, et de l'alimentation "normale" des instruments de la gamme ETX.
L'Autostar utilisé est le modèle "Lite" alias #495. Un petit parcours dans le Setup permet de savoir que le modèle d'instrument n'est pas bien configuré( Dans Setup->Telescope->Modele, il doit y avoir "DS-70"). Les menus sont en français, (la langue par défaut était donc déjà configurée) ainsi qu'une partie de la documentation papier de l'Autostar. L'habituelle mise en garde sur les dangers de l'observation du soleil est affichée au démarrage, réclamant l'appui sur la touche 5...
La première phase, indispensable, est celle de "l'entraînement" des moteurs. Il faut choisir le menu Setup->Telescope->Etalonnage Moteur. La manipulation consiste à viser un objet terrestre lointain (le faire de jour !), l'Autostar déplace le tube, et l'utilisateur doit recentrer l'objet en question avec les touches de déplacement de la raquette. L'opération est à faire pour les deux axes (azimut et hauteur). Lors de l'entraînement en altitude, il semble qu'il y ait un problème avec "l'embrayage" du moteur correspondant, le tube optique ne se déplaçant pas du premier coup en hauteur.
Le temps est venu de faire un essai de pointage réel. Tout d'abord,
il faut entrer la date et l'heure. La documentation est toujours aussi
cryptique concernant le "décalage horaire", qui est en faite l'appellation
Meade/Paralux pour l'heure d'été... Il faut donc positionner
ce réglage à "OUI" si l'heure d'été est en
vigueur. C'eut été moins compliqué de faire rentrer
à l'utilisateur l'heure T.U ! A noter que cette heure était
au format Anglo-saxon (0 à 12, suivi de "AM" ou "PM"), pour changer
ce format, il suffit d'appuyer sur la touche de défilement de menu
vers le bas.

Deux remarques sur le déplacement du tube : Ce dernier ne semble pas tenir compte du fait que les fils spiralés de commande des moteurs risquent de s'enrouler autour de la base, au fur et à mesure des déplacements. Ensuite, pour un astre au zénith, le tube peut venir en butée contre le haut du trèpied ou bien le moteur d'azimut.
On choisit arbitrairement l'étoile Rigel comme cible, le tube se déplace, et positionne l'étoile dans le champ du chercheur. Bien ! C'est encourageant ! Ensuite, un classique, on choisit Saturne, dans les objets du système solaire. Appui sur GOTO, et l'Autostar affiche alors un honteux "Non trouvé", et fait entendre un bip, mais le tube se déplace quand même ! Bizarrement, il dépasse en azimut Saturne, puis revient en arrière pour se mettre dans la bonne direction. C'est au moment du déplacement en hauteur que les choses se gâtent : un grand coup de moteur fait rater Saturne d'au moins 10° ! On réajuste tant bien que mal, décidé à voir tout de même cette fichue planète... Les autres essais se soldent tous par des echecs (Jupiter, M42, etc..) C'est comme si l'Autostar était complétement désaligné, essentiellement en altitude. On éteint tout et on recommence...
Ce coup-ci, on utilise l'alignement "facile", où l'Autostar choisit lui même ses étoiles d'alignement, en fonction de la voute céleste visible à cet instant. Et l'Autostar choisit .... Sirius et Aldébaran !!! Au moins c'est pratique, ces étoiles étant sur la partie visible de la voute céleste... Le pointage directe de M42 se passe bien, la nébuleuse se trouve sans problème dans le champ du 25 mm, ce qui permet d'en admirer le trapèze, et de comparer différentes versions du 25 mm ! Par contre, dès que l'on essaye de pointer un objet au delà d'un certain seuil d'altitude, Jupiter par exemple, se produit le même problème que précédemment : un saut brutal en altitude envoie le tube optique "dans les choux".
C'est trop, même pour un utilisateur habitué aux facéties des Autostars sur ETX ! Il a été décidé, plutôt qu'une nouvelle réinitialisation complète, d'effectuer une sorte de "resynchronisation" entre le logiciel et la direction effectivement pointée par le tube optique. On utilise pour cela la fonction "Haute précision" pour le pointage. Le pointage de l'amas ouvert M41 est demandé à l'Autostar. Ce dernier dirige de façon très approximative le tube optique vers le Grand Chien. Un message "centrer l'étoile" apparaît. On suppose qu'il s'agit de Sirius, que l'on centre donc dans l'oculaire avec moultes actions sur les touches de déplacement. Un appui sur ENTER, et le tube optique se déplace pour mettre M41 en plein oculaire ! Nouvel essai, avec M65. Pour une raison inconnue, le tube est pointé dans la direction du Taureau ! Nouvel essai avec M66, en espérant avoir plus de chance.
Le tube se dirige bien ce coup-ci vers le Lion, en demandant de centrer
une étoile dans l'oculaire. On s'exécute, et là, merveille,
malgré la faiblesse de ces galaxies, la pollution lumineuse, nous
voyons le couple M65-M66, parfaitement dans l'oculaire... Nouvel essai
sur Jupiter, sait-on jamais... Et là surprise, le pointage est correct
! Etonnant, non ???