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marquer qu'on signalait beaucoup plus de Freux "mouchetés" que de Corneilles à cette époque. Des observations isolées en France furent notées dans les années 70 (TOSTAIN 1979 et GJ). Slagsvold l'étudie en Norvège au début des années 80. La liste des publications récentes est le seul élément "objectif" qui semble indiquer une assez brusque augmentation de la visibilité du phénomène en Europe. L'augmentation récente du phénomène, considérée comme probable par beaucoup d'observateurs sans éléments chiffrés, est affirmée par PRL à Villeneuve d'Ascq où elle datée de 10 ans. Comportement : tous ceux qui ont observé le comportement de ces oiseaux ont noté qu'ils étaient parfaitement acceptés dans les groupes ("sauf à la période de reproduction" note BOSCH 1998).
ORIGINES POSSIBLES DU PHENOMENE
Les oiseaux dont nous parlons ont des plumes noires, donc ils sont capables de synthétiser la mélanine. Cela n'a donc rien à voir avec l'albinisme (dû à une absence de tyrosinase). Des oiseaux mouchetés existent dans d'autres espèces. Parmi les Hirondelles de cheminée Hirundo rustica de la région de Tchernobyl, 13% présentent de telles taches et Ellegren et al. (1997) ont montré qu'elles étaient dues à une mutation provoquée sans doute par le rayonnement nucléaire consécutif à la catastrophe. Chez les Merles noirs Turdus merula, on observe assez souvent des individus (presque toujours des mâles) avec diverses parties du corps tachées de blanc. Le caractère lié au sexe et certaines descendances supposées d'individus leuciques (Sage 1962) indiquent aussi une origine génétique. C'est une origine souvent avancée pour les corneilles mouchetées (et nous-même étions parti sur cette hypothèse après, entre autres auteurs, Sage 1956 et Harrison 1957, avant de nous tourner vers l'hypothèse alimentaire). Nous laisserons de côté certaines hypothèses (croisement Pie bavarde x Corneille noire, croissance de moisissure sur le plumage, vieillissement, conséquences de blessure ou de maladie de foie,. . . ) soit farfelues soit inappropriées à ce phénomène assez répandu. L'hypothèse alimentaire a été développée - de manière convaincante à notre avis - par Harrison (1963) à partir du travail de Riddle (1908) . L'idée de base est que la moindre privation alimentaire au moment de la pousse des plumes provoque une "trace de faim" (hunger-trace ou fault-bar) sur les plumes, souvent soulignée par une zone blanche transversale de largeur proportionnelle à la durée de la privation. Cette privation peut être quantitative ou qualitative ou être provoquée par la présence de certains produits chimiques, ce qu'il explique par une baisse de pression sanguine et donc par une mauvaise arrivée de sang au follicule en croissance. Cette hypothèse explique la symétrie observée dans les marques ainsi que l'aspect de ces marques : chez les jeunes, les rémiges poussant à peu près en même temps, cela donne une bande alaire et chez les adultes, la mue étant étalée sur beaucoup plus de temps, seules quelques plumes sont touchées si la privation est de courte durée. On peut expliquer assez précisément la répartition des taches en suivant la chronologie de la mue : nous avons mis en parallèle une photo (Segerer) et les zones des plumes qui sont en croissance simultanément d'après Lukas et Winckler 1994 (ph. 3 et fig.1). Il faut signaler que le lien entre fault-bar et privation de nourriture est remis en cause par Murphy et al.(1988 et 1989). Ils trouvent cependant un lien entre sous-nutrition et zones blanches sur les ailes ainsi que manque de barbes sur les rémiges.
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