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CATALOGUE DE VENTE SUR OFFRES

Date de clôture : 10 mai 2002

 

 

 

1. AGASSIZ Louis (1807-1873)Naturaliste suisse, aux U.S.A. dès 1846 - L.A.S., 1/2 p. in-4 ; Cambridge, 12.VI.1850. Adresse autographe et marques postales sur la IVe page. (500.-) 350.-

Jolie missive à son jeune élève et collaborateur L. François de POURTALÈS (1823-1880), alors au "Coast Survey Office" de Washington. "... Envoyez-moi quelques dessins de Foraminifères des formes qui ressemblent le plus... aux dispositions des feuilles...". Agassiz, qui travaillait alors déjà à son ouvrage intitulé Natural History of the United States, précise que l'on voudrait "... les reproduire sur boi s à Charleston pour les proceedings..." ; il lui fera bientôt avoir pour cela les explications nécessaires.

2. AGOULT, Marie d' (1805-1876) Femme de lettres française, elle fut la compagne de Liszt dont elle eut trois enfants - L.A.S., 1 p. in-8 ; "Mardi" (vers 1862 ?). (400.-) 250.-

La Comtesse aimerait que son correspondant lui confie pendant quelques jours le volume des lettres de Lamennais qu'elle voudrait emporter à la campagne. Elle lui indiquera bientôt comment se rendre à son "... taudis... plus animé et plus agréable que celui de l'avenue Ste Marie...", etc.

3. AGRAMONTE Ignacio (1841-1873) Patriote et général cubain, il dirigea la révolte de 1868/69 contre l'Espagne - L.A.S. "Ignacio", 2/3 p. in-8, datée "Junio, 21 / '867". Légère mouillure au bord droit.(800.-) 500.-

"... Amalia mia - écrit-il tendrement à son épouse - te mando... tus papeles de musica. Cuando te virè cantar algunas de esas piezas ?...". Il aimerait savoir si elle apprécie les présents qu'il lui envoie : "... Me quiere muchisimo ! Cuanto deseo llègue la hora de verte ! No es facil comprender cuanto te idolatra tu Ignacio...".

Les autographes de ce révolutionnaire, mort à 32 ans et surnommé le "Bayard de Cuba", sont fort rares !

4. ALARD Delphin (1815-1888) Violoniste français, élève d'Habeneck et, dès 1843, successeur de Baillot comme professeur au Conservatoire de Paris - Belle PHOTO-carte de visite avec dédicace A.S. au dos en "Souvenir à son élève Gabrielle Hillemacher - Son tout dévoué Prof. D. Alard". Beau cliché du photographe parisien Truchelut, vers 1875/80. Mi-buste de face. Rare. (500.-) 300.-

5. ALBONI Marietta (1823-1894) Contralto italien, elle chanta dans les opéras de Meyerbeer, Verdi, Rossini, Bellini, etc. - P.A.S., 8° obl. ; 1.IX.1848. (250.-) 150.-

Jolie phrase ("Io vorrei saper perchè...") extraite de la Cenerentola (Acte 1er, Scène IV, avec Ramiro), opéra de Rossini dans lequel elle venait de chanter avec succès au Théâtre-Italien à Paris.

6. ALDIGHIERI Gottardo (1824-1906) Baryton italien, grand interprète d'opéras de Verdi, Rossini et Meyerbeer. Il participa à la première de La Gioconda de Ponchielli - L.A.S. "Gottardo", 4 pp. in-8 ; Florence, 30.IX.1861. (300.-) 200.-

A l'impresario Giuseppe LAMPERTI (1834-1898) dont le père, Francesco L., avait été le maître du baryton. Aldighieri dit avoir refusé de chanter à Odessa et exhorte son correspondant à la patience, n'ayant pas encore touché le moindre cachet bien que la saison des concerts soit presque finie. Il annonce avoir été engagé "... al S. Carlo di Napoli primo Baritono assoluto d'obbligo... Ti prego anche annunciare che mia moglie (M aria Spezia-Aldighieri) venne pure scritturata con vistosa somma al Teatro Pagliano per fare La Traviata per alcune recite...", etc.

7. ANGLETERRE : CHARLES II Stuart (1630-1685) Roi dès 1649, en exil jusqu'en 1660. Il se fit catholique - L.S. en tête "Charles R.[ex]", 1 p. in-folio ; Bruges, 10.I.1657. (1600.-) 1200.-

"... We are gratiously pleased, in regard of the Expense and Charge that Our trusty and wellbeloved Servant Sir Ed. Walker, Knight, Our Secretary at war..." soit déchargé de la solde payée aux officiers de son armée : "... For every Collonels Commission... 20 Patacons ; For every Lt Colls... 10... For every Chaplain, Adjutant and Chirurgien... 3...", etc. Intéressant document !

Le jeune roi vivait alors en exil dans les Flandres, où l'entourait une cour aux mœurs légères, ce qui lui valut le surnom de "Merry Monarch". Quant à Sir Edward WALKER (1612-1677), il fut, sous Charles Ier et II d'Angleterre, un personnage très influent de la cour ; écrivain et historien, il acheta en 1675 la maison de SHAKESPEARE à Stratford-on-Avon.

8. ANGLETERRE, Princesse Margaret d' (1930-2002) Sœur de la reine Elisabeth II, et Tony ARM-STRONG-JONES (n. 1930) son époux, photographe créé en 1961 comte de Snowdon dont Margaret divorça en 1978 - Belles signatures "Margaret" et "Snowdon" sur feuille in-4 datée en haut "March 1968" par l'actrice américaine Claudette COLBERT. Page extraite de l'album personnel que l'actrice présentait aux hôtes cél&egr ave;bres de sa villa Bellerive sur l'île de la Barbade, aux Antilles. (400.-) 250.-

 

9. APOLLINAIRE Guillaume (1880-1918) Poète français d'origine italienne - Manuscrit A.S. "W. K." (Wilhelm Kostrowitzky), 4 pp. in-12, crayon ; Paris, vers 1910. (1200.-) 800.-

Double feuillet réglé (4 pp. extraites d'un carnet de comptabilité) couvert de notes prises par l'écrivain lors d'une visite à une manifestation parisienne, apparemment le Salon des Indépendants. Apollinaire, qui utilisa sans doute ces commentaires - parfois fort durs ! - pour la rédaction de l'une de ses "Chroniques d'Art", a relevé le titre de quelques œuvres de peintres tels que les Américains (à Paris) Henri Ossawa TANNER (1859-1937), jugé ici "fantomatique", et Max BOHM (1868-1923) ; Ludovic ALLEAUME est qualifié de "délicat"), Léon BONNAT d'"ignoble", etc. D'autres remarques sont tracées çà et là ("influence pointillisme Manet", "Bucolisme d'Etat", "esprit large des artistes français", "psychologie", etc.) et une pensée sur l'homme "qui a des réticences" occupe six li gnes ; enfin, le poète a esquissé un plan lui permettant d'arriver au "92 route de Clamart" où il doit se rendre "lundi après midi". A deux reprises, Apollinaire a tracé en grand ses initiales "W. K.".

Les "Chroniques d'art" furent rédigées entre 1902 et 1918 et réunies dans un ouvrage publié en 1966.

10. [Livres] APOLLINAIRE Guillaume - "Les Mamelles de Tirésias - Drame surréaliste", 8°, 108 pp. ; SIC, Paris 1918. Edition originale non numérotée. Couverture conservée, défraîchie et portant des traces de mouillures sur les deux plats - Du même : "Contemporains Pittoresques", 12° ; Paris 1929 (éd. Numérotée avec portrait de Picasso, deuxième tirage) ; "Ombres de Mon Amour", 12° ; V& eacute;senaz 1947. (500.-) 300.-

11. ARMÉNIENS RUSSES, 1907-1915 - Très important ensemble de lettres et documents, en grande partie réunis en trois volumes in-folio. Environ 400 pages. En russe. (3500.-) 2500.-

Précieuse documentation originale émanant de (ou relative à) certains Arméniens réfugiés ou vivant à Saint-Pétersbourg dans les années 1907 à 1915 : correspondance, listes des membres, messages reçus, etc., par le Cercle arménien de l'ancienne capitale russe. Dossier citant des centaines de noms (Tigranov, Svetchnikov, Agazarian, Safarian, Sultanov-tscha, Hirgian, Nalbandian, Asribekov, etc.), réunissant de nombreu ses signatures, et contenant des invitations à des manifestations organisées par le Cercle, des articles de journaux, etc. L'une des dernières lettres de cet ensemble rarissime, datée "Petrograd, 25 avril 1914", est signée par le responsable du "City Hospital of the American Colony, organized for nursing wounded Russian soldiers" ; la Pemière Guerre mondiale qui venait en effet d'éclater allait renverser le régime tsariste.

Tous ces documents semblent avoir été réunis et conservés par le président du Cercle Arménien de l'époque, Grégoire Faddeevny TIGRANOV ; ils constituent une source inédite permettant de retrouver la trace des personnes et familles arméniennes disparues dans les bouleversements politiques et militaires russes de 1915.

12. AURIOL, Georges Huyot, dit (1863-1938) Poète, chansonnier, peintre et graveur français, il créa le caractère typographique qui porte son nom - L.A.S. (de son chiffre "G. A."), 2 pp. in-4, datée "June 14th" (Paris, vers 1893 ?). Papier à son chiffre gravé, illustré d'un insecte. (600.-) 400.-

Amusante lettre écrite en français, dans laquelle Auriol utilise çà et là certains mots anglais pour divertir son destinataire qui séjournait alors à Londres. "Dear Ottavio, (Octave MIRBEAU ?) Par cette même malle, je vous envoie un second book dont le blue pencil a vaguement marqué la table. Jetez-y un petit coup d'œil...", etc. Puis, après quelques lignes lui conseillant d'abandonner l'ouvrage sur "... quelque table d'i nn, non loin du fauteuil où vient s'asseoir le vieux gentleman à la longue pipe...", il continue : "... Si vous allez au Richmond allez au Roebuck Hotel serrer de ma part la main formidable de l'ex-sculpteur Mac Nee...". Et plus loin : "... Norge ! Vous allez pousser vers cette vieille Norge, tant japonaise. Bonne idée... Si quelque soir assis à la porte vermillonne d'une Auberge, vous êtes pris de ce curieux prurit épistolaire spécial au v oyageur... dites moi si vous avez vu de braves vieux pêcheurs fumant... et de jolies jeunes filles un peu masculines avec dans le dos de longues tresses...", etc.

13. AUTRICHE, Albert d' (1559-1621) Archiduc, dit le Pieux. Cardinal et archevêque de Tolède, puis vice-roi du Portugal. En 1598, il épousa Isabelle, fille de Philippe II d'Espagne qui possédait les Pays-Bas - P.S. "Alberto", 1 p. in-folio ; Bruxelles, 8.XII.1603. Papier uniformément bruni. Très beau sceau plaqué sous papier à ses armes et à son nom en exergue. En espagnol. (350.-) 250.-

"Alberto por la gracia de Dios Archi duq. de Austria, Duque de Borgoña, etc.", accorde une licence à un officier napolitain se trouvant sous les ordres du marquis de la Vella, afin de lui permettre de se rendre en Italie "... por negocios suyos particulares...".

14. AUTRICHE, don Juan d' (1545-1578) Prince espagnol, fils naturel de l'empereur Charles Quint. En 1571, il remporta la victoire de Lépante à la tête de la flotte chrétienne. Gouverneur général des Pays-Bas dès 1576, il mourut à 33 ans, peut-être empoisonné - P.S, 1 p. in-4 ; Madrid, 30.III.1571. Beau sceau sous papier. Petites corrosions de l'encre. Cachet de collection au dos. Rare ! (900.-) 600.-

Le Prince atteste les bons et loyaux services prêtés par Pedropardo de Agnuiaz "... en la guerra contra los moros reuelados del Reyno de Granada...". Don Juan sait de cet officier qu'il est venu de France "... adonde estava en servicio del Rey Xpianissimo contra Lutheranos...", et qu'il servit dans cette guerre "... y s'empleo con mucho cuydado y diligencia peleando y haziendo en las occasiones que se le offrecaeron lo que devia como buen soldado hasta el fin...&quo t;, etc. Pièce contresignée par Don Juan de SOTO.

Intéressant document - provenant de la célèbre collection D. MUONI (1820-1894) - faisant allusion aux guerres contre les Turcs en Andalousie ("contra los moros") et contre les Protestants dans les Flandres ("contra Lutheranos").

 

15. AUTRICHE, Léopold-Guillaume d' (1614-1662) Archiduc, général impérial et gouverneur général des Flandres autrichiennes de 1646 à 1656 - P.S., 1 p. in-folio ; Bruxelles, 1.V.1653. Coins sup. et inf. gauche rongés, sans perte de texte. Beau sceau sous papier aux armes des Habsbourg. En espagnol. (400.-) 250.-

Lettres-patentes en faveur du capitaine don Juan de Toledo y Avalos qui est appelé à faire partie de "... la Compañia de Cavallos corazas españolles..." dans l'armée royale qui occupait les territoires formant aujourd'hui la Belgique.

16. BACH Johann Sebastian (Transcription d'après) - MUSIQUE A.S. (init.) du violoncelliste français Pierre FOURNIER (1906-1986), 5 pp. in-folio ; vers 1944/1945. (2000.-) 1200.-

Transcription pour "cello et piano", paroles et musique, du Choral "O homme, pleure sur tes lourds péchés" entièrement de la main de Fournier qui l'utilisa lors de ses enregistrements vers 1944/1945. Deux pages datant d'une époque postérieure renferment les esquisses, toujours autographes du célèbre violoncelliste, de six autres Chorals de Bach : "Bien aimé Jésus...", "Notre Père...", "Lorsq ue Jésus...", "Seigneur Jésus, Je t'appelle...", "Ardemment, j'aspire" et "Seigneur Jésus Christ, tourne toi vers nous".

Intéressante documention musicale, avec indication des doigtés, tempi, etc.

17. BAKER Joséphine (1906-1975) Danseuse et chanteuse noire américaine qui en 1925 électrisa les Parisiens dans la fameuse "Revue Nègre" - PHOTO avec dédicace A.S., 4° ; [Paris], 1938. (1000.-) 650.-

Magnifique portrait en pied où l'actrice revêt une longue robe blanche et un manteau de fourure claire. Cliché Murray Korman, New York. Dédicacée à son imprésario parisien : "Love and Kisses - from - "Joe and Jean" - To darling Daniel - 1938 - Josephine Baker - Jean Lion".

La danseuse venait d'épouser (1937) le riche agent de change français dont elle ajoute le nom après sa signature, union qui lui permit d'acquérir la nationalité française. Autographe rare, sous cette forme.

18. BALAKIREV Mily Alexeïevitch (1837-1910) Compositeur russe, animateur, conseiller et guide du "groupe des Cinq" qui réunissait Borodine, Cui, Moussorgski, Rimski-Korsakov et lui-même - L.S., 1 p.in-8 ; St Pétersbourg, 27.XII.1894. En français. (1500.-) 1000.-

Au critique musical, Albert SOUBIES (1846-1918), qui venait de commenter favorablement "Thamar", son remarquable poème symphonique. "... En réponse à... Votre article contenant les éloges flatteurs sur ma Thamar, je me hâte de vous informer que j'ai reçu Votre brochure sur la musique russe et la musique espagnole...", etc.

19. BARAGUEY D'HILLIERS Louis (1764-1813) Général français - L.A.S., 1 p. in-4 ; Venise, 11.VIII.1797. Rare en-tête imprimé à son nom. (450.-) 300.-

Importante missive, entièrement autographe, adressée au ministre plénipotentiaire du roi de Naples, ayant pour but de communiquer un ordre du général Napoléon BONAPARTE !

"... Le général en chef, persuadé que Sa Majesté le Roi de Naples n'hésitera point à accepter l'offre que vous avez bien voulu lui faire de sa part, relatif à l'échange des 6660 fusils qui se trouvent en ce moment dans les douanes de cette ville... [va] disposer de 3000 [pièces] sans aucun délai..." ; quant au règlement, il sera effectué ultérieurement.

Le futur empereur faisait alors pression sur les Autrichiens pour les porter à signer (le 17.X.1797) le traité de Campoformio.

20. BARRÈS Maurice (1862-1923) Ecrivain et homme politique français. Antidreyfusard - L.A.S. + manuscrit A.S. (dans le texte), 3 1/2 pp. in-8 ; (Paris, 1891). En-tête : Chambre des Députés. (600.-) 400.-

Député boulangiste depuis 1889, époque de la parution de ses deux premiers romans à succès, Barrès vient de terminer sa trilogie Le Culte du moi et s'apprête à publier Le Jardin de Bérénice (1891). Il prie un journaliste du Gaulois - dont il a lu un "... article de tête sur les étudiants qui n'a pu manquer d'éveiller leurs esprits..." - de prendre connaissance des épreuves de son nouveau roman : &quo t;... Vous savez si je serais heureux d'avoir votre sentiment. Après l'avoir lu, voulez-vous que nous prenions rendez-vous... pour en parler. Le livre est l'histoire d'une campagne électorale, l'histoire des raisons qui peuvent déterminer un homme d'étude et de contemplation à entrer dans l'action...".

Le manuscrit autographe joint, qui fut écrit par Barrès sur deux feuilles de la Chambre des députés, résume en quelques lignes le roman en question et définit le rôle des personnages principaux : "... Le héros de M. Barrès (déjà rencontré dans Sous l'O. de B. et dans Homme Libre) se décide... C'est dans la provence que se déroule l'action. Le candidat rencontre là une jeune femme, Bér&eacut e;nice... Elle semble devoir symboliser l'âme populaire...", etc. Très beau texte littéraire du jeune Barrès !

21. BAVIÈRE : LOUIS II (1845-1886) Roi dès 1864, il fut l'ami et le protecteur de Wagner et mourut tragiquement en se noyant dans le lac de Sternberg - P.S., 1 p. in-folio ; Munich, 24.IV.1873. Grand en-tête à ses nom et titres. Beau sceau royal plaqué sous papier. (1500.-) 1000.-

Lettres patentes nommant un officier bavarois au grade de général. Pièce très décorative, écrite en allemand et portant une magnifique signature de Louis II. Contresignée par son ministre de la Guerre, Siegmund von PRANCKH (1821-1888).

A Bayreuth, on construisait depuis 1872 le célèbre théâtre lyrique voulu par ce roi.

 

22. BAVIÈRE : MAXIMILIEN III Joseph (1727-1777) Prince électeur dès 1745. Protecteur des musiciens. Lui-même compositeur, il jouait de la viole de gambe -L.S., avec compliments autographes, 2 pp.in-4 ; Munich, 16.XII.1759. En latin. Adresse et sceau de cire sous papier sur la IVe page. (250.-) 150.-

Jolie lettre de vœux adressée à un souverain.

L'Electeur Maximilien III avait commandé au jeune MOZART l'opéra la Finta Giardiniera ; cependant, malgré le succès obtenu par cet ouvrage, il refusa de pendre le musicien à son service.

23. BECCARIA Cesare (1738-1794) Juriste et économiste italien, auteur du livre "Des délits et des peines", ouvrage révolutionnaire pour l'époque et pour la réalité des abus de la justice qu'il y dénonçait - P.A.S., 7 lignes sur 1 p. in-folio ; Milan, 9.III.1785. (1200.-) 800.-

Longue réponse en marge d'une supplique adressée au "Regio Ducal Magistrato Camerale" par les membres de la famille des comtes SORMANI - lesquels ont tous souscrit - et par le procureur des "tubatori", dans le but d'obtenir le paiement des intérêts dus "... al Conte Alessandro e Consorti Sormani, ed alli Tubatori di Città...", etc.

Beccaria demande que l'on expédie "... le solite lettere per le Regalie appresso terzi possessori, e all'Amministrazione del Lotto..." après en avoir déduit tous les impôts, etc. Cette réponse est contresignée par l'économiste Pietro VERRI (1728-1797), qui a également écrit en tête de la lettre une note A.S. ("Allo Spett.le Cons.re Mar. Beccaria - Verri") datée du 5 mars 1785.

Curieuse est l'allusion aux "Tubatori di città". Aciennement et jusqu'au début du XIXe, les "tubatori" étaient des joueurs de tuba, une trompe en cuivre de beaucoup d'éclat dans le son, utilisée lors de défilés et de manifestations publiques officielles.

24. BELGIQUE, Albert II (n. 1934) et Paola (n. 1927) Souverains dès 1993 - PHOTO signée par les deux, avec dédicace autographe de Paola sur le cache, 4°, couleurs ; (Laeken), 26.VIII.1995. (1000.-) 600.-

Rare photo officielle, avec couronne royale imprimée en or en haut du cache. Probablement offerte par le couple royal à une Dame de la Cour car les autographes de ce type sont quasiment impossible à obtenir, sinon par des personnes de l'entourage immédiat des souverains. Superbe pièce, d'une grande fraîcheur !

25. BELGIQUE : ELISABETH de Wittelsbach (1876-1965) Née princesse de Bavière, elle épousa en 1900 le futur roi Albert Ier - Signature autographe "Elisabeth - Queen of the Belgians" au verso d'un billet de banque usagé de 20 francs belges avec portrait en médaillon du couple royal. Curieux souvenir provenant de l'ancienne collection Rawlins. (250.-) 150.-

26. BERRY, Marie Caroline de Bourbon, duchesse de (1798-1870) Mère du comte de Chambord - L.A.S., 1/2 p. in-8 ; Brunnsee, 10.XI.1863. Couronne imprimée en tête. (300.-) 200.-

"Mon cher Duc, Je vous écris... pour vous prier de faire remettre cette lettre à Mr de Laneuville le plus tôt possible...", etc.

27. BEZZINA Alessandro (XVIIIe siècle) Musicien italien - Manuscrit (autographe signé ?), 9 pp. + 3 pp. in-4 obl. ; vers 1790. (800.-) 500.-

Manuscrit original intitulé "Organo - Sinfonia a Due Violini e Basso - Del Sig.r Alessandro Bezzina", parties (séparées) d'orgue, premier violon et second violon. Document musical intéressant mériterant une étude approfondie. Nous n'avons pas trouvé les données biographiques d'Alessandro Bezzina (un organiste ? un violoniste ?) dans les répertoires que nous avons pu consulter. Ce musicien pourrait appartenir à une famille ori ginaire de l'île de Malte.

28. BISMARCK, Otto von (1815-1898) Chancelier du Reich de 1871 à 1890, son souci principal fut de consolider l'empire allemand dont il avait été le véritable fondateur - L.S. "v. Bismarck", 1/2 p. in-4 ; Berlin, 13.XI.1865. (500.-) 300.-

En tant que Président du Conseil des ministres prussiens, Bismarck accuse réception d'un écrit à lui dédié et dont il a pris connaissance avec grand intérêt. En allemand, au Dr. Martin Runkel, de Berlin.

Le destinataire de cette missive semble être le journaliste et poète rhénan, Martin RUNKEL qui, en 1839 alors qu'il dirigeait le "Elberfelder Zeitung", avait attaqué un ouvrage de Engels dans les colonnes de son journal ; le co-fondateur du communisme lui avait répondu par son "Open Letter to Dr. Runkel".

29. BOCCABADATI Virginia (1828-1922) Soprano italien, célèbre interprète des opéras de Donizetti ("Linda di Chamounix") et Verdi ("La Traviata") - L.A.S., 1 1/2 pp. in-4 ; Parme, 18.II.1857. Adresse sur la IVe page. (350.-) 250.-

Au maître de chant et impresario Francesco LAMPERTI (1813-1892), à propos de ses engagements avec différents théâtres du Nord de l'Italie et notamment avec l'un d'entre eux : "... avendo firmato una scrittura pel teatro di Treviso... pensai che rimanendomi prima di quella epoca cinque mesi di riposo, avrei ben potuto entrare in trattativa per Udine...", etc.

Virginia Boccabadati avait été choisie par Verdi pour créer le rôle de la Traviata, mais la cantatrice refusa. Plus tard, elle se révéla l'une des meilleures interprètes de Violetta, notamment après son passage au Teatro Regio de Parme, durant la saison 1856/57. Ce chef-d'œuvre verdien allait dès lors être son cheval de bataille.

 

30. BODONI Giambattista (1740-1813) Imprimeur italien, créateur du caractère qui porte son nom. Il publia d'importantes et précieuses éditions d'auteurs classiques anciens - L.A.S., 2 pp. in-4 ; Parme, 31.XI.1775. Adresse autographe et beau sceau de cire rouge. Cachet de collection. En italien. (6000.-) 4000.-

Splendide lettre à l'abbé Gio. Cristoforo AMADUZZI (1740-1792, philologue et prof. de grec), "... à l'Imprimerie de la Propaganda..." à Rome, qui avait repris la direction de la célèbre typographie papale où Bodoni, dans sa jeunesse, avait appris son métier. Selon le vœu de son correspondant, il veillera à dépouiller ses lettres de tout formalisme ; ainsi elles seront "... più frequenti, e più libere di pri ma....". Deux exemplaires de son ouvrage ("Epithalamia exoticis linguis reddita") étant déjà entre les mains de l'abbé, il sera "... forse inutil cosa lo spedirvi altre iscrizioni, ... tutta volta abbiatene ancora alcun copia unita al prospetto francese del mio libro, e ad un mediocre poema che ho stampato ed offerto al Ministro di Torino, mio costante proteggitore...".

Bodoni dit avoir été informé de la mort du jésuite Lorenzo RICCI (1703-24.XI.1775), auquel il ne vouait pas une réelle sympathie, mais n'a rien su des dernières paroles "... del miope frate Riccio... Egli ha fatto tralucere anche sull'estremo declinar de' suoi giorni lo spirito che caraterizza la ex-società. Dio l'abbia seco in Cielo...". Il raconte avoir reçu en cadeau de la ville de Saluzzo deux candélabres en argent "... del valore di 50 zecchini..." suite "... all'onore che io le ho recato nella pubblicazione del mio libro epitalamico..." ; mais l'évêque local, "... che è terziario marcio lojolitico..." (c'est-à-dire imprégné des théories de St Ignace de Loyola !) a pris position contre lui à cause du portrait du pape Clément XIX reproduit "... sopra la iscrizione fenicia..." et cette réaction a surpris Bodoni : "... I o non avrei mai creduto in un uom ottuagenario tanta ferocia..." contre ce pape, qui avait dissout la Compagnie de Jésus. Il est vrai, souligne l'imprimeur, qu'à Saluce "... 36 ex-socij predicano, confessano, insegnano in dispetto dei decreti di Roma...", etc.

Il est encore question d'un poème de Rezzonico "... inserito nel mio libro...", d'amis communs, et notamment du prince Gonzaga, du marquis Calcagnini, et de la marquise Malaspina. Quant à l'échange entre bibliophiles que propose Amaduzzi, il en a parlé "... al possessore de' libri del P. Jaquier... e con De Rossi ho eseguito quanto m'imponeste...", etc.

La missive se termine par un long post-scriptum relatif à une magnifique bague "... che porta una corniola incisa in caratteri arabici...", cachet qu'il va utiliser pour sceller sa lettre (l'empreinte est ici parfaite !) et dont il charge son correspondant de lui procurer une traduction...

LES AUTOGRAPHES DE BODONI SONT D'UNE GRANDE RARETÉ, notamment les pièces au contenu si intéressant !

31. BONAPARTE Julie (1771-1845) Reine de Naples, puis d'Espagne. Femme de Joseph Bonaparte, née Clary - L.A. (signée d'un paraphe de deux traits), 2/3 p. in-8 ; (Plombières), 8.V.1810. (450.-) 300.-

A son frère, Nicolas CLARY (1760-1823), pour accompagner l'envoi d'une lettre destinée à Monsieur Moullard. "... Fais mes amitiés à Maman (Rose Somis, deuxième femme de Fr. C. et mère de Nicolas, Julie et Désirée) et à la famille. J'espère retourner à Paris en parfaite santé..." et y retrouver son aîné qu'elle chérit. Joli billet entièrement de la main de la reine d'Espagne.

 

32. BONAPARTE Lucien (1775-1840) Frère de Napoléon Ier, il l'aida lors du coup d'Etat du 18 Brumaire - L.A.S., 1 p. in-4 ; Rome, 6.X.[1804]. (400.-) 250.-

Ayant rompu avec le futur empereur, qui voulait lui imposer la reine d'Etrurie pour épouse alors qu'il lui préféra Alexandrine de Blechamp, Lucien quitte la France en avril 1804 et, via Milan, va fixer sa résidence à Rome où le pape le prend sous sa protection avant de le nommer "Prince de Canino" en 1808. C'est de la ville éternelle qu'il s'adresse au général corse Pascal FIORELLO (1752-1818) pour le prier de lui rendre quelques me nus services à Paris et effectuer pour lui le paiement d'un achat fait à Milan "... de 6 schalls de Genève, envoyés à Mme par Mr Pictet...". Lucien et sa famille se portent bien : "... nous recevons toujours vos lettres avec un grand plaisir... Si vous voyez MASSÉNA, dites-lui que je le salue comme je l'aime...".

33. BONAPARTE Lucien - L.A.S. "L. Pr. de Canino", 1 p. in-8 ; [Canino, vers 1820]. (1200.-) 800.-

A Thomas WYSE (1791-1862), diplomate anglais qui allait épouser Letizia Bonaparte en 1821. Le prince Lucien remercie pour l'envoi d'un télescope : "... à votre prochaine venue à Canino, je vous rembourserai... Ma femme m'écrit de manière à me consoler sur Letizia ; Puisse-t-elle devenir digne de vous ! et vous rendre aussi heureux que vous le méritez...". Quant à Georges (?), il "... a refusé un excellent parti, ce qui n ous désespère beaucoup...", etc. Importante.

 

34. IDEM - Alexandrine BONAPARTE (1778-1855) Femme du précédent - L.A.S., 1 p. in-4 ; "Viterbe, 26 Octobre" (1821/22). (750.-) 500.-

Belle lettre au jeune ménage WYSE ("... Mon cher Wyse et ma chère Letitia...") faisant part de ses projets de voyage. "... Nous nous disposons à partir pour Canino. Le temps est froid. Si je ne voyage pas, je compte y passer l'hiver à l'exception du moment des couches de ma chère Letitia où je ferai tout ce que je pourrai pour me trouver. J'espère qu'elle est toujours bien de sa grossesse...", etc.

35. IDEM - Charles BONAPARTE (1803-1857) Fils des précédents, ornithologue, prince de Canino - L.A.S., 1 p. in-4 ; (Londres, 1834 ?). Adresse sur la IVe page. En anglais. (400.-) 250.-

A son beau-frère ("Thomas Wyse, M. P. ... House of Commons") qu'il désire rencontrer avant de quitter l'Angleterre ; il lui donne rendez-vous au Reforme Club.

36. IDEM - Letizia BONAPARTE-WYSE (1804-1871) Sœur du précédent, épouse de Thomas Wyse en 1821 - L.A.S., 2 pp. in-4 ; "Dimanche Soir" (vers 1825). Adresse autographe : Thomas Wyse Esquire - Casino". Autographe rare. (900.-) 600.-

Importante missive à son "Cher Mari", écrite du Couvent où elle venait d'être confinée à cause de ses mésententes avec son époux. "... J'ai demandé votre consentement pour assister à la prise de voile dans l'église, vous me l'avez refusé sous prétexte que je n'approuve point car je puis soutenir les regards du public... sans crainte et sans rougir. Mais, soumise à votre volonté comme je suis, je vous donne ma parole d'honneur...", etc., etc. Intéressant texte apportant quelques éclaircissements sur les rapports tendus qu'entretenait le couple dès le début de leur liaison mouvementée...

Sur la IVe page, annotation ("Letizia à T. W.") de la main du destinataire.

37. IDEM - Letizia BONAPARTE-WYSE - L.A.S. "Ta Mère", 4 pp. 12° ; Nice, 6.II.(v. 1869). (900.-) 600.-

Sévère réponse à une bien méchante lettre que vient de lui adresser son fils aîné Napoléon WYSE ! Les reproches qu'on lui fait son immérités, donc ne l'atteignent pas, ni ne l'affectent ; "... cependant je veux pour la dernière fois te dire que toutes ces récriminations m'ennuient et que je ne veux plus les écouter. Pense de moi ce que tu voudras... Ne m'aime pas si tu veux (j'en serai désolée car je t'aime moi)... mais au moins respecte ta Mère. Dieu, la nature et les lois te l'ordonnent et moi je l'exige... Si tu as du temps à perdre je serai heureuse de te revoir. Mon Lucien (B.-Wyse, 1845-1895) est de retour près de moi et me console... William (B.-Wyse, 1826-1892, poète félibrige) et sa femme sont à Rome, après avoir passé quelques temps avec moi à Viterbe, avec leur beau petit Lucien (B.-Wyse, 1868-1903) dont je suis... la Marraine . Je désire vous voir tous réunis autour de moi...", etc.

38. IDEM - Marie-Laetitia BONAPARTE-WYSE (1831-1902) Ecrivain français, princesse de Solms, Madame Rattazzi, etc. Fille de la précédente - L.A.S., 1 1/2 pp. in-12 ; (Bruxelles, vers 1853). Papier à ses armes princières. (450.-) 300.-

Belle lettre au rédacteur d'un journal belge. "... Jeune femme de 20 ans (en réalité 22 !), séparée violemment de mon enfant, sans autre soutien que mon frère en Belgique... je compte trouver un appui dans un journal libre et indépendant comme le vôtre...". Elle évoque la brutalité dont a fait preuve la police française à son encontre et ne demande qu'à raconter à son correspondant "... quelque s détails curieux, sur les causes de l'expulsion de Mr Napoléon Bonaparte-Wyse, mon frère et de la mienne...", etc.

39. BONAPARTE Marie (1882-1962) Psychanalyste français, élève de Freud. Petite-fille de Lucien Bonaparte, épouse du prince Georges de Grèce - L.A.S., 2 pp. in-12 obl. ; Nice, 18.IV.1906. (750.-) 500.-

A son cousin anglais André BONAPARTE-WYSE (1870-1940), fils de William B.-W., le poète félibrige. Touchée par son message de vœux, elle le remercie pour les nouvelles qu'il lui a données de la famille, notamment celles de son jeune frère, Lionel B.-W. "... We think of coming back to Paris in May, here it is raining very much today...". Marie espère pouvoir revoir bientôt son cousin : "... I send you my best love and ask you to believe me always your very affectionate Cousin...". Dans un post-scriptum de quatre lignes, elle ajoute une pensée pour Lionel B.-Wyse.

Sur papier de deuil, après la mort (13.X.1905) de sa grand-mère paternelle, Eléonore Ruflin, fille d'un ouvrier et d'une brodeuse.

40. BORSIERI Giambattista (1725-1785) Médecin italien. Il fonda la clinique médicale de Pavie et fut nommé médecin de la cour archiducale de Milan. Il individualisa la phtisie trachéo-pulmonaire - L.A.S., 3 pp. in-4 ; Milan, 29.VI.1785. Adresse et cachet de cire sur la IVe page. (1000.-) 600.-

Six mois avant sa mort, l'illustre médecin fait à son confrère et ami, Leopoldo M.-A. CALDANI (1725-1813), une minutieuse description des symptômes de la maladie qui fut vraisemblablement à l'origine de son décès.

L'affection est parvenue à son appareil uro-génital : "... si è trovata la vescica molto ristretta, ma non dura, ne rigida, quale talvolta si suol sentire. Si è all'opposto trovato il collo della vescica molto sensitivo e facile, al tocco della siringa, a gettar sangue, rosso... Le quali cose unite... alle punture del perineo, dell'ano, e al dolore, e ardore che si propaga all'apice del pene...", etc., etc. D'une grande précision et s'étendant sur une s oixantaine de lignes tracées d'une écriture minuscule, ce diagnostic constitue un document médical d'une réelle importance, permettant probablement de nos jours de déterminer de quoi est mort Borsieri il y a plus de deux cents ans.

41. BOTERO Fernando (n. 1923) Peintre et sculpteur colombien dont l'œuvre se caractérise par des personnages aux formes généreuses - L.S. "Fernando", 1 p. in-4 ; (New York), 7.V.1968. (600.-) 400.-

Intéressante missive adressée à un écrivain d'art allemand qui s'efforçait de faire connaître Botero dans son pays, ce dont l'artiste le remercie chaudement ici. Le peintre est ravi du succès que remporte la nouvelle exposition "... to which you have contributed so much... in promoting my work. This new show... is a better one...". Il annonce l'envoi de photos reproduisant certaines de ses œuvres : "... you have a good surprise when you see t he originals that are much better than the transparencies...". Il voudrait pouvoir vendre directement une toile à son correspondant, "... but I cannot because of my contract with Godula. The prices are the same here in the studio than in the gallery in Munich..." ; il fera cependant une exception et enverra "... one of my paintings for your collection... I do not know if I can paint the Arlequin and Colombina in a successful way, but I will try...", etc.

Les lettres de ce célèbre peintre sud-américain sont peu communes !

42. BOTTERO Alessandro (1831-1892) Basse italienne, une des meilleures du répertoire comique - L.A.S., 1 p. in-8 ; Rome, 24.III.1878. Papier de deuil. (250.-) 150.-

Aux éditeurs de musique turinois, Giudici et Strada : "... Bello, anzi bellissimo il libretto, I Musicisti, malgrado che la parte di Battisolfa sia un pochino odiosa, non importa lo farò con gran piacere ; sono ansioso di conoscerne la musica...", etc.

Bottero se produisit avec succès dans le monde entier ; il interpréta notamment d'importants rôles de Rossini et Donizetti.

 

43. BRANDEBOURG-ANSBACH, Albrecht de (1620-1667) Margrave dès 1634 - P.S., 1 p. in-folio ; Ansbach, 21.XII.1643. Magnifique sceau aux armes plaqué sous papier. En allemand. (300.-) 200.-

Mandat fort détaillé et destiné au conseiller de sa Chancellerie afin de lui permettre d'obtenir le règlement qui lui est dû. Belle signature "Albrecht M. z. B.", accompagnée de l'empreinte du sceau de l'Etat.

44. BRANDEBOURG-BAYREUTH, Christian de (1581-1655) Margrave dès 1603 - L.S., 1 1/3 pp. in-folio ; Plassenburg (Kulmbach), 8.I.1636. Papier uniformément bruni. Adresse et beau sceau sous papier sur la IVe page. En allemand. (400.-) 250.-

Le "... Marggraff zur Brandenburg im Preussen, zur Stettin, Pommerns,... Herzog, Burggraff zur Nürmberg, und Fürst zur Rüges..." répond ici aux deux lettres des bourgmestres et conseillers de la ville de Schweinfurt se plaignant de la manière dont ils sont taxés depuis la signature de la paix de Prague, le 30 mai 1635. Le Prince promet de s'occuper de ces affaires lors de la Diète impériale qui se tiendra à Nuremberg du 7 au 17 fév rier 1636.

Sept mois plus tôt, une paix avait été conclue à Prague entre l'empereur germanique Ferdinand II et l'électeur Johann Georg de Saxe représentant aussi les autres princes protestants, alliés des Suédois. Par cette signature, ces derniers s'obligeaient à évacuer les territoires allemands et les princes protestants se soumettaient à l'autorité impériale.

45. BROGLIE, Louis de (1892-1987) Physicien français dont les travaux sont à la base de la théorie quantique moderne. Prix Nobel en 1929 - Manuscrit autographe, 2 pp. in-4 ; vers 1958. (1200.-) 800.-

Importante "Préface" (pour un ouvrage de F. HALBWACHS ? Fragment de deux pages, soit les 46 premières lignes) retraçant l'histoire et l'évolution de ses recherches sur la Mécanique ondulatoire, théorie conçue par le prince de Broglie en 1924.

"Dès les débuts... on s'était aperçu qu'elle présentait un aspect hydrodynamique dont M. Madelung avait été le premier à signaler l'existence... D'autre part, la notion de spin d'une particule, introduite par l'électron en 1925... a pu... s'incorporer à la Mécanique ondulatoire grâce à la théorie de l'électron due à M. Dirac... Bien qu'on ait soumis depuis 30 ans les équations de Dir ac à d'innombrables analyses, c'est seulement dans ces dernières années que l'on a découvert toute la richesse des images... qui sont cachées derrière ce formalisme. Cette découverte... a abouti récemment à une théorie générale des particules...", etc.

De nombreux autres savants sont cités et notamment Takabayasi, Gell-Mann, Frenkel, Mathisson, Weyssenhoff, Bohm, etc.

46. BRUCH Max (1838-1920) Compositeur allemand, influencé par le romantisme de Mendelssohn - L.A.S., 4 pp. in-8 gr. ; Köln, 22.XII.1868. En allemand (traduction française jointe). (3000.-) 2000.-

Extraordinaire missive adressée à Johannes BRAHMS, son aîné de cinq ans, auquel il annonce avoir dédicacé, sans même avoir attendu son avis, sa Symphonie op. 28 !

Bruch a voulu ainsi prouver à Brahms combien il apprécie son génie et ses œuvres : "... Votre puissant Requiem, en tous points excellent, d'une haute pensée, d'un sentiment profond, se trouve placé devant moi et me cause une joie d'artiste comme je n'en ai connue depuis longtemps...". Il l'admire aussi parce qu'il ne dédaigne point s'intéresser aux œuvres de ses confrères : "... Combien je comprendrais et je vous pardonnerais, si vous négligiez les travaux de vos collègues, vous qui êtes si profondément vous-même, et qui depuis des années poursuivez votre propre chemin avec tant d'énergie... La part vivante que vous avez prise à l'exécution [à Cologne] de ma Symphonie, votre plaisir si sincère... m'ont causé une joie toute particulière...", etc.

Célèbre lettre publiée en 1907 dans le Brahms Briefwechsel III. Bd amputée de son post-scriptum de sept lignes resté donc inédit.

47. BRUCH Max - L.A.S., 1 p. in-8 ; Stuttgart, 18.II.1873. En allemand. (750.-) 500.-

A Clara SCHUMANN ("Liebe Frau Clara"), avec laquelle il désire s'entretenir dès le lendemain, son départ étant désormais imminent : "... Donnerstag um 12 reise ich ab... Von Hemsen habe ich diesmal viel gehabt !...", etc.

C'est précisément en 1873 que Max Bruch alla se fixer à Bonn durant cinq ans pour se dédier entièrement à la composition.

48. BRUCH Max - L.A.S., 8 pp. in-8 ; Liverpool, 25.IV.1882. En all. (trad. française jointe).(800.-) 500.-

D'Angleterre où il était allé remplacer depuis 1880 le chef d'orchestre de la Société Philhamonique de Liverpool Julius Benedict, Max Bruch rédige cette longue et importante lettre autobiographique destinée au directeur du journal Die Gartenlaube, fort diffusé parmi les familles allemandes.

Par ses articles, ce journal a attiré l'attention du public sur la musique ancienne et récente du compositeur, ce qui le ravit ; il se demande toutefois s'il était nécessaire de passer sous silence ses "... œuvres récentes, caractéristiques, comme Odysseus, die Glocke, die Messens-tze... et... d'appuyer sur les choses plus vieilles comme Frithjof et les petites compositions pour chœurs d'hommes...", etc. Bruch aurait préféré que l'o n s'étende plus longuement sur ses grandes œuvres pour chœurs mixtes afin de montrer la place qu'elles occupent dans le monde musical européen qui est, lui, bien plus important "... que ces chœurs d'hommes ou ces cercles où l'on chante des lieder...", etc., etc.

49. BRUCH Max - Deux L.A.S., 6 pp. 8° ; Breslau, 8.XII.1885 et Kattowitz, 11.I.1889. En all.(600.-) 400.-

A deux chanteurs, interprètes de ses œuvres. La première missive, se rapportant à l'exécution de son Achilleus, met en demeure l'artiste qui doit y chanter la "Bariton-Partie" de n'effectuer absolument aucune coupure à sa partition, déjà assez modifiée par le passé. La deuxième lettre, beaucoup plus sereine et amicale, concerne l'exécution de sa "Feuerkreuz" dont le musicien annonce l'envoi du texte. Les pers pectives lui semblent favorables : belle et grande salle, bonne acoustique, chœur enthousiaste et discipliné, chef d'orchestre intelligent, etc. Bruch termine sa missive en exhortant son correspondant à la perfection : "... Nun singen Sie dem König und dem Hof etwas Schönes vor...", etc.

 

50. BRUCH Max - Deux L.A.S., 11 p. in-8 ; Breslau, 23.VI.1890 et Friedenau, 26.III.1891. En allemand (traductions françaises jointes). (900.-) 600.-

Totalement absorbé par l'organisation d'un festival de grande envergure qui va se tenir à Düsseldorf, Bruch en discute ici les détails avec le beau-frère de M. MATTHES. Il examine avec lui l'éventualité de s'attacher des collaborateurs et de trouver des appuis parmi les responsables des associations musicales situées dans les villes voisines : "... Schauseil n'a certes pas une grande influence à Düsseldorf mais il est totalement pour moi... A Barmen la vieille sympathie pour moi et mon œuvre ne s'est pas éteinte... M. Gladbach pourra fournir cette fois un contingent... fort capable pour le chœur... Grüters à Duisburg est tout à moi... Je suis très bien avec Buths... mais c'est un wagnérien..." et il est donc conseillé d'agir intelligemment, etc.

Quelques mois plus tard, tout semble être allé dans son sens et Bruch dit sa satisfaction : "... mon concert à Düsseldorf a lieu le 31 mai... avec Joachim, Wally, Perron et un Grand Chœur d'environ 770 chanteurs... Nous sommes ici très contents ; je travaille beaucoup, j'avance dans mes compositions et j'ai en perspective une place officielle durable... j'ai pour moi Joachim, Spitta et le Conseiller Jordan...", etc.

51. BRUCH Max - Deux L.A.S., 6 pp. in-8 ; Friedenau, 13.XII.1911 et 25.VI.1919. Enveloppe. En allemand (traductions françaises jointes). (750.-) 500.-

1911 : Bruch vient d'écrire son Concert pour clarinette, violon, viole et orchestre op. 88 et voudrait absolument le voir interpréter par son ami et correspondant, le violoniste Willy HESS (1859-1939) : "... j'ai écrit le nouveau double concert pour vous et pour Max Félix, et je ne veux l'essayer avec personne d'autre, ni le terminer, ni le mettre en scène qu'avec vous... Ainsi, j'ai retiré le double concerto aujourd'hui même de Wilhelmshaven... Dites -moi le plus tôt possible quel jour... vous pourriez jouer, en toute tranquillité chez nous, le concerto pour la première fois...", etc.

Huit années plus tard, quelques mois avant sa mort, Max Bruch écrivait au crayon une autre lettre, fort intéressante, à ce même violoniste, lequel s'apprêtait à venir jouer chez le compositeur une de ses œuvres : "... Grosskopf a une partie de la partition de ma nouvelle Suite d'orchestre Durch Nacht zum Licht. S.v.p. faites-vous donner cette partie de manuscrit et apportez-la avec vous... J'ai encore à faire toute cette semaine avec la partition et les voix des deux Quintettes. J'ai encore changé des détails et je pense que tous ces changements sont des améliorations...", etc. S'agit-il de son Quintet à cordes qui fut publié après sa mort et dont la composition semble avoir été faite dès 1918 (du moins en partie) ?

52. CALLAS Maria (1923-1977) Célèbre cantatrice grecque - PHOTO avec dédicace A.S. et date "1970", 12° (Cliché Vivienne). (2000.-) 1400.-

Beau portrait imprimé, diffusé par Columbia Records, portant au verso la liste de 14 "Magnificent LP Records by Maria Callas". Quelques mots de dédicace ("Cordialement à...") et magnifique signature dans la marge inférieure blanche.

53. CARCO Francis (1886-1958) Ecrivain français, et Henry CLIQUET-PLEYEL (1894-1963) Compositeur français, notamment de musiques de films - PHOTO représentant les deux hommes, avec longs textes A.S., in-8 gr. obl. ; vers 1930. Défraîchie. (300.-) 200.-

Cette photo imprimée (extraite d'une revue) nous montre Carco se tenant debout auprès d'Henri Cliquet-Pleyel (probablement assis au piano) auquel il tend une partition. Dédicacée par l'écrivain au poète breton Théophile BRIANT (1891-1956) - "... mon vieil ami... en souvenir des beaux jours et des beaux soirs de Paname..." -, Carco a ajouté sous sa signature un joli petit AUTOPORTRAIT où il s'est représenté de profil fu mant une cigarette. Quant à Henry CLIQUET-PLEYEL, sa dédicace dit : "A Théo qui a tort de râler, car il en perd son beau sourire en or... Le chèvre pied au diable pied perd racine au bord de la mer. Quand tu es venu à Paris, salaud, tu aurais bien pu venir me voir !..." ; sa signature est accompagnée de quelques notes de musique (une longue portée avec paroles).

 

54. CASSINI Jacques (1677-1756) Cartographe français - L.A.S., 2 pp. in-4 (Paris, 31.V.1754), sur laquelle le destinataire a esquissé sa réponse (12 lignes) en date du 8 juin 1754. (1200.-) 800.-

"J'ay l'honneur de vous envoyer l'Etat des Ingénieurs que l'on propose d'employer... et des fonds que l'on juge nécessaires... aux travaux en cours..." relatifs aux différentes feuilles de la Carte de France. On lui a apporté hier la première épreuve de la carte des environs de Montigny "... afin que vous puissiez l'examiner à vos moments de loisir...". Autographe peu commun.

 

55. CASTRO Fidel (n. 1927) Révolutionnaire et président cubain - Belle signature autographe sur carte postale (timbres et cachet postal cubains, 1983), avec joli petit portrait en couleurs monté sur la gauche. Rare. (600.-) 400.-

56. CATALANI Alfredo (1854-1893) Compositeur italien, connu surtout pour son opéra Wally - L.A.S., 1 p. in-8 ; Milan, "Martedì sera". (750.-) 500.-

Il invite son ami, l'impresario milanais CRISAFULLI, à se rendre dès que possible chez Madame Teresa (Stolz ?) : "... Nel dubbio che voi non veniate domani da me vi avverto per lettera che è urgente che passiate... devo parlarvi di qualche cosa che vi farà piacere...", etc.

Les autographes de ce musicien, disparu à l'âge de 39 ans peu après le grand succès obtenu par sa Wally en 1892, sont très rares.

57. CATTANEO Carlo (1801-1869) Economiste, historien et patriote it. Il dirigea le Conseil de guerre pendant la révolution de Milan contre les Autrichiens - P.A.S., 9 lignes sur une L.A.S. de Francesco LAMPATO, 1 p. in-folio ; Milan, 26.III.1848. Adresse sur la IVe page. En-tête imprimé. (600.-) 400.-

Une semaine après le début de l'insurrection milanaise contre l'occupant autrichien, le responsable du "Comitato delle Sussi-stenze", l'ancien éditeur Fr. Lampato, écrit au général Teodoro LECHI (1778-1866) - qui vient de prendre le commandement des forces militaires du Gouvernement provisoire de Lombardie - pour offrir ses services : "... si organizza l'Armata... io son ancora in grado di essere utile nella Commissione Militare... Raccomando... di non dimenticarmi sapendo ella i servizi da me prestati sino al 1814...", etc.

Au bas de la page, Carlo CATTANEO répond à la place du général Lechi avec lequel il vient de s'entretenir : "... mi disse che egli era incaricato dell'Armata attiva. Dovesse quindi ella diriggere la sua memoria al Comitato del Genio...". Et l'économiste d'expliquer ce qu'il a cru bon de faire à ce sujet, etc. Côté adresse, Cattaneo a de sa main modifié le nom du destinataire.

En août, les Autrichiens étaient de retour à Milan. Cattaneo, comme beaucoup de patriotes, dut s'exiler au Piémont, puis à Paris.

58. CAVOUR, Camillo Benso, comte de (1810-1861) Homme d'Etat piémontais, un des pères de l'Unité italienne - L.A.S., 1 p. in-8 ; [Turin, 5.XI.1850]. (1200.-) 800.-

Alors ministre du Commerce (avant de devenir celui des Finances en 1851, puis Premier ministre en 1852), Cavour tente de relancer l'économie du petit royaume de Sardaigne après les pertes subies durant la première Guerre d'Indépendance. Il donne ici rendez-vous au banquier genevois Jacques MIRABAUD (1784-1864) installé à Milan dès 1814 : "... Si ce n'était la crainte d'être indiscret - écrit-il - je vous prierai de passer demain... chez moi...", car sa journée se révèle très chargée d'autant qu'il doit se rendre dès le matin "... au Ministère, mais là il me serait difficile de causer avec vous sans être interrompu...", etc.

Mirabaud s'était officiellement retiré des affaires en 1833 pour se dédier à la vie politique genevoise. Lors de ses fréquents séjours à Genève, où il avait de la famille, Cavour eut certainement l'occasion d'y rencontrer le banquier qui, en 1821 déjà, avait été chargé de négocier plusieurs emprunts du roi de Sardaigne.

59. CERONI Giuseppe Giulio (1774-1813) Poète-soldat italien originaire de Verone. Il était l'ami de Foscolo dont il voulait imiter l'esprit d'indépendance et de patriotisme. Mort au combat près de Mantoue - L.S., 1 p. in-4 ; Milan, 18.III.1807. En-tête imprimé : Regno d'Italia, etc. (400.-) 250.-

En tant que "Capitano Relatore del Primo Consiglio di Guerra Permanente" dans l'armée française, Ceroni transmet au Commissaire Ordonnateur central les extraits des sentences prononcées par le Conseil de guerre durant le mois de février. Il précise en outre l'état de la solde due au Chancelier et à lui-même "... per spese d'ufficio e porto di lettere...". Les autographes de ce poète se plaçant entre le classicisme et le préromantisme sont plutôt rares, la mort l'ayant frappé à l'âge de 39 ans.

60. CHANA ORLOFF, Pseudonyme de Hanna Orloff (1888-1968) Sculpteur ukrainien. Sa famille quitta la Russie en 1904 pour fuir les persécutions antisémites et se fixa à Jaffa. L'artiste alla ensuite s'installer à Paris où elle devint une amie de Picasso, Foujita, Apollinaire et surtout de Modigliani - L.S., 1 p. in-4 ; Paris,7.I.1926. Coin supérieur gauche et petites fentes restaurées, loin du texte. (900.-) 600.-

A un éditeur d'art, qui venait de publier une monographie consacrée à son activité de sculpteur. Chana Orloff, en résiliant un ancien contrat, s'engage à reprendre tous "... les exemplaires sans exception de l'ouvrage... ainsi que tous les clichés des reproductions en simili-gravure..." ; elle versera pour cela la somme de 9500 francs et deviendra ainsi "... seule propriétaire sans réserves de l'ouvrage... et j'aurai le droit d 'en disposer comme bon me semblera...", etc.

Sculpteur à tendance cubiste, Chana Orloff travailla le bois et la pierre, mais exécuta aussi des œuvres, librement exprimées, en ciment et en marbre. Liée à Modigliani dès 1912, elle en subira en partie l'influence. Autographe peu commun !

 

CHANTEURS LYRIQUES : Voir les numéros 5, 6, 29, 42, 52, 69, 82, 83, 109, 110, 121, 122, 166, 174, 223, 224, 253, 270, 279, 281, 282, 284, 285, 292 et du 324 au 346.

61. CHARCOT Jean (1867-1936) Explorateur et océanographe français, il fit plusieurs expéditions dans l'Antarctique, puis dans la mer du Nord où il disparut avec tout l'équipage du Pourquoi-pas ? - L.A.S., 2 pp. in-12 obl. ; Neuilly-sur-Seine, 7.XII.1912. (300.-) 200.-

L'explorateur a immédiatement commencé la lecture du livre que vient de lui adresser l'un de ses premiers compagnons d'expédition - amicalement surnommé ici "Phoque" : "... j'y ai gouté tant de plaisir que cela m'a entraîné fort loin... C'est donc en connaissance de cause que je vous félicite sincèrement et bien affectueusement...".

L'ouvrage est intitulé "Pârvatî", nom d'une déesse indienne, fille de l'Himalaya, incarnant la nature productrice.

62. CHARLES VII de Bavière (1697-1745) Empereur germanique dès 1740, il déclencha la guerre de Succession d'Autriche - L.S. "Carlo Alberto - P[rinci]pe Elett[ore] m. p.", 1/2 p. in-4 ; Munich, 30.VII. 1722. Adresse et beau sceau plaqué sous papier sur la IVe page. (400.-) 250.-

Le jeune héritier de la principauté électorale de Bavière remercie un diplomate, son conseiller et ministre en Italie, pour l'envoi d'une composition musicale rédigée en son honneur ("... la Serenata che Lei mi ha trasmesso, quale di molto mi piace...") et lui confirme qu'il est prêt à lui être utile "... nelle congiunture di Suo vantaggio...", etc.

 

63. CHERIN Louis-Nic.-Hyacinthe (1762-1799) Général français, ancien généalogiste des ordres du roi Louis XVI. Mort des suites de blessures reçues lors de la défense du camp retranché de Zurich - L.S. (avec post-scriptum autographe d'une page !), 2 1/3 pp. in-folio ; Offenbourg, 1.XII.1797. En-tête à son nom, avec vignette emblématique gravée (non citée par B. & B.). Rare. (750.-) 500.-

Au général, et futur maréchal d'Empire, LEFEBVRE, auquel Chérin fait savoir que, selon l'ordre reçu du ministre de la Guerre, des troupes ont été dirigées "... sur les côtes de la Manche. Le général Hardy a reçu l'ordre d'envoyer la 99ème remplacer cette 1/2 Brigade...". Quant au général Richepanse, il va envoyer un régiment de Chasseurs sur les côtes de Brest, etc.

Dans un très long post-scriptun signé de son chiffre, Chérin explique combien il est difficile de correspondre par lettre : le service étant affreux, il a pris le parti "... d'envoyer un officier d'état major pour visiter et assurer cette partie si essentielle de communication... Quant aux divisions territoriales, le Général me chargeant de mettre à l'ordre... [celles qui] doivent correspondre directement avec lui... n'a eu d'autre intention qu e de centraliser et simplifier d'avantage leurs rapports...", etc.

64. CHEVALIER Maurice (1888-1972) Chanteur fantaisiste français - Dossier comprenant 16 pièces (4 L.A.S., 2 C.A.S., 1 Ph.S., 1 livre avec déd.A.S. et 8 photos de lui) datant des années 1950/1970. (500.-) 300.-

Correspondance amicale adressée à une personnalité politique de la Droite française, qui fut aussi un haut responsable de l'industrie du Champagne. Certaines photos d'amateur, non signées, nous montrent Maurice Chevalier lors de séjours en Suisse. Le livre dédicacé est intitulé "Par ci, par là - ma route et mes chansons" ; Paris, 1950.

65. [Minéralogie] CHEVREUIL Eugène (1786-1889) Illustre chimiste français - L.S., 1 1/2 pp. in-4 ; Paris, 9.XII.1863. En-tête du Museum d'Histoire Naturelle. (500.-) 350.-

Au nom du Museum, Eugène Chevreuil remercie un héritier du joallier Salomon HALPHEN pour son "... généreux don... qui consiste en cinq diamants cristallisés, de formes très nettes, dont quatre au moins appartiennent à des variétés très rares..." et manquaient encore à la collection de la galerie minéralogique. Deux surtout ont frappé l'attention du professeur Edmond Frémy, "... le diamant noir , en cubes croisés, et le diamant incolore, en lame triangulaire...", etc.

Intéressante missive contresignée par le minéralogiste Gabriel DELAFOSSE (1796-1878).

66. CINÉMA et MAGIE (Un célèbre précurseur) - L.A.S., 1 p. in-4, d'Et.-Gaspard ROBERTSON (1763-1837) ; Paris, 30.VII.1831. Adresse autographe sur la IVe page. (2600.-) 1800.-

Aéronaute et physicien belge, Etienne-Gaspard Robert, dit ROBERTSON, est surtout célèbre pour son record d'ascension en ballon à Hambourg en 1803 (plus de 8000 mètres !) et pour son invention du parachute. Le monde de la MAGIE lui doit aussi de nombreuses découvertes. Avec son Phantascope, vrai précurseur du cinéma, il terrorisa les foules parisiennes auxquelles il projetait des "images en mouvement" représentant des fantômes, ancêtres du film d'horreur !

Dans cette très rare lettre entièrement autographe et signée de sa main, "Le physicien E. G. Robertson père" adresse un article "... plus exacte (sic !)..." à un journaliste qui a eu la bienveillance de lui faire "... espérer quelques lignes dans le Constitutionnel pour mon fils...". Sur papier en-tête du "Tivoli... Pavillon Labouxière", lieu de spectacles que Robertson avait aménagé en 1826 entre la rue de Clichy et la rue Blanche. La dernière grande fête y fut donnée le 3 juin 1840, après la mort du magicien.

67. CITROËN André (1878-1935) Constructeur automobile français - Signature autographe au crayon sur feuille in-8 portant au centre un petit médaillon imprimé en bleu, surmonté d'une couronne, de la Reale Società Geografica de Rome. Au dos, liste des vins servis lors d'un repas : Soave, Castel Bracciano, Gancia 1919, etc. (Vers 1920/22). (350.-) 250.-

68. CLAUDEL Camille (1864-1943) Sculpteur, élève de Rodin auquel elle voua un amour passionné et partagé qui la lia à lui dix ans durant - L.A.S., 8° ; vers 1900/05. (3000.-) 2000.-

Bref message de vœux et de souhaits tracé d'une main rapide au centre de la feuille, suivi de sa belle signature complète "Camille Claudel". Autographe très rare !

Au tournant du XXe siècle, l'artiste commença à souffrir de persécution, maladie qui s'accentua à partir de 1906 et lui valut, dès 1913 et jusqu'à sa mort, d'être enfermée dans une maison de santé.

69. COBALET, Arthur Combalet, dit (1855- ) Ténor français, célèbre Escamillo dans Carmen - PHOTO-cabinet (cliché A. Liébert, Paris ; "Photographie faite la nuit - par un nouveau système de lumière artificielle - Breveté...", etc.) avec dédicace A.S. au dos en "... Souvenir du 1er Début de Son tout dévoué - A. Combalet - de l'Op. Comique - Le Châtelet, 23 8bre 81". Portrait en pie d, en costume. Quelques piqûres et défauts dans le coin inférieur droit du support cartonné (hors image). (250.-) 150.-

70. COCTEAU Jean (1889-1963) Ecrivain français doté de dons multiples, il fut toujours lié aux modes de son temps - L.A.S., 1 p. in-4 ; Paris, 29.I.1961. (450.-) 300.-

Il conseille à un collectionneur de s'adresser à la Galerie Pont des Arts, à Paris, "... qui possède beaucoup d'œuvres de moi en réserve et se ferait un plaisir de traiter avec vous...". Cocteau avoue la répugnance qu'il éprouve à parler de ces ennuyeuses questions d'argent "... auxquelles nous condamne notre "cote" - mais si vous voulez m'expliquer ce qui vous plairait et la somme que vous comptez y mettre, je pourrais peut-êtr e directement vous rendre service...", etc. Belle. [Voir aussi lot n° 271, Sartre]

 

71. COCTEAU Jean - Dédicace A.S., 8°, avec esquisse d'un profil d'homme. Collé sur carton et encadré. Salissures. (Paris), 1946. (2500.-) 1500.-

Jolie dédicace à l'encre sépia ("A Georges Prades, souvenir de l'enfant merveilleux...") entourant le profil d'une tête de jeune homme sur le front duquel est dessiné une étoile. Ensemble d'un bel effet malgré quelques salissures.

72. [Livre] COCTEAU Jean - "Le Mystère de Jean l'Oiseleur". Monologues, in-4, 35 ff. sous deux plats de carton. Jacomet, Paris 1926. (2000.-) 1200.-

Phototypie d'après le manuscrit original de l'auteur, par lui illustré. Edition originale, l'un des 12 exemplaires signés à la fin par Cocteau. Celui-ci fut offert en 1943 (dédicace A.S. à laquelle il a ajouté de sa main un de ses typiques profils d'homme), en "... souvenir très amical de Jean Cocteau...". Bon état. Etui manquant.

73. [Livre] COCTEAU Jean - "Le Grand Ecart", 4°, 150 pp. ; Stock, Paris 1926. (2000.-) 1200.-

Bel exemplaire de cette célèbre œuvre publiée pour la première fois en 1923. Edition "illustrée par l'auteur" tirée à 470 exemplaires. Ce volume porte sur la feuille de garde une dédicace A.S. "... en souvenir amical...", et est accompagné d'une très jolie esquisse (tête de face) tracée hâtivement.

74. COLBERT Jean-Baptiste (1619-1683) Economiste et homme d'Etat français, le grand financier de Louis XIV - P.S., 3 pp. in-folio, vélin ; "au camp devant Yprès", 20.III.1678. Petit manque dans la marge droite touchant deux mots. (750.-) 500.-

"Extraict" des registres du Conseil d'Etat où Colbert rend publique la décision de Louis XIV relativement à "... ce qui a esté représenté au Roy estant en son Conseil, par les Sr, D.e et D.lle de Brisacia...". La volonté du souverain est que "... les deniers procedans de la recompense de la charge de secrétaire des commandemens de la Reyne dont estoit pourveu le Sr de Brisacies..." soient payés à ses h&eac ute;ritiers sans qu'aucun créancier ne puisse les saisir.

Notons l'importante date de ce document : "Fait au Con.il..., sa Ma[jes]té y estant, tenu au camp devant Yprès...". Cette ville de Flandre était assiégée par Louis XIV qui, impatient de mettre fin à une guerre ruineuse, venait d'entreprendre une nouvelle campagne aux Pays-Bas. Yprès fut prise le 25 mars 1678 et, le 9 avril suivant, le roi de France faisait connaître ses conditions de paix qui aboutirent aux traités de Nimègue (1678/1679).

75. COLETTE, Sidonie Gabrielle Colette, dite (1873-1954) Célèbre romancière française - P.A.S., 1/2 p. in-8 ; vers 1930/1932. (400.-) 250.-

Curieux texte relatif à son compagnon préféré, le chat. "... "Elle" sait beaucoup, assurément ; mais moins qu'un chat...", écrit Colette, précisant qu'il s'agit-là d'un extrait de Kiki-la-Doucette et ajoutant, avant sa signature, les mots "pour copie conforme...".

L'écrivain avait publié en 1903 "Sept dialogues des Bêtes", conversations échangées entre deux de ses animaux préférés, un angora gris répondant au nom de Kiki-la-Doucette et un bulldog appelé Toby-chien...

76. COLETTE, Sidonie Gabrielle Colette, dite - L.A.S., 1 p. in-4 ; sans date. (600.-) 400.-

"Colette de Jouvenel" - c'est ainsi qu'elle signe ici - est de retour à Paris et demande à son correspondant s'il en a terminé avec Baudinière. Durant son séjour aux Avants (Suisse), elle a rencontré Level, qui lui a donné "... de si mauvaises nouvelles de ce jeune éditeur... je tremble...". Elle sollicite l'aide de son ami dont elle attend "... les derniers tuyaux...".

77. COLOGNE, Josef Klemens de Bavière- (1671-1723) Frère de l'Electeur Maximilien II, il succéda en 1688 au prince Maximilian Heinrich comme archevêque Electeur de Cologne - L.S., avec compliments autographes, 2 pp. in-folio ; Valenciennes (France), 7.X.1712. En italien. (450.-) 300.-

L'archevêque de Cologne prie le Nonce apostolique à Paris, Monseigneur Bentivoglio, de lui procurer le texte proposé par le Prieur Le Paige, dont il a besoin pour d'affronter un procès ecclésiastique, relatif aux "... resignazioni solite a farsi da i Curati dell'Ordine Premostratense e delle presentazioni de i loro Abbati a i Vescovi Diocesani...", etc.

Suite à l'affaire de la Bulle Unigenitus, le nonce Cornelio BENTIVOGLIO (1668-1732) avait été envoyé auprès de Louis XIV le 10 mai 1712 ; il y déploya un zèle qui lui valut la faveur du roi et, en 1719, le chapeau de cardinal.

78. [Gounod, Offenbach et... Dunant] COMMETTANT Oscar (1819-1898) Compositeur et musicologue français - L.A.S., 3 pp. in-8 ; Paris, 5.VIII.1873. En-tête de l'Institut Musical. (400.-) 250.-

Belle missive concernant GOUNOD, OFFENBACH et l'invention d'un nouvel instrument de musique, le Pyrophone ou "orgue aux flammes chantantes" construit pas le physicien Frédéric KASTNER (1852-1882) et commercialisé par... Henry DUNANT.

Commettant s'adresse ici à Léonie KASTNER (1820-1888), veuve d'un pianiste alsacien et mère du jeune inventeur : "... J'arrive de Londres où j'ai vu Gounod. Il m'a chanté toute sa Jeanne d'Arc qui sera... donnée cet hiver au théâtre de la Gaité avec un très grand luxe de décor, de chanteurs et d'orchestre. Offenbach, le nouveau directeur... compte sur un grand succès...". Il dit avoir parlé à Gounod du Pyrophone et juge très favorable l'occasion d'en "... faire apprécier les qualités expressives... Les voix de la sublime pucelle seraient rendues par les flammes chantantes... avec un effet surnaturel saisissant...". Gounod, qui l'a beaucoup questionné sur le Pyrophone, vient de lui écrire pour le prier de rencontrer Offenbach et lui présenter ce nouvel instrument, etc.

Madame Kastner était depuis 1872 l'amie, la protectrice et la compagne de DUNANT, le fondateur de la Croix-Rouge réfugié à Paris après avoir fait banqueroute en Suisse. Ensemble, ils vont parcourir l'Europe et tenter de... commercialiser le Pyrophone, cet instrument bizarre que l'on utilise encore parfois de nos jours dans certains concerts.

 

79. CUVIER Georges (1769-1832) Zoologiste et paléontologue français - L.A.S., 1 p. in-4 ; (Paris, vers 1813). (300.-) 200.-

Il voudrait absolument rencontrer son correspondant (J. M. de GÉRANDO, 1772-1842, Conseiller d'Etat et publiciste) si ce n'est au Jardin des Plantes, au moins chez lui. "... Je vous recommande beaucoup le fonds du projet, qui me paraît de jour en jour plus nécessaire à la France. Quant aux détails je n'y tiens pas du tout...", etc.

80. D'ANNUNZIO Gabriele (1863-1938) Ecrivain, poète et patriote italien - L.A.S. "Gabriel", 1 p. in-4 ; (Fiume, mars 1920). En-tête avec vignette et devise ("Ardisco non ordisco"), xylographie originale du peintre italien Adolfo DE CAROLIS. En italien, enveloppe autographe jointe. (500.-) 300.-

Rare lettre écrite durant sa "Régence" de la ville libre de Fiume, par lui conquise peu après le refus des signataires du Traité de Versailles de l'attribuer à l'Italie. Le Poète écrit ici à Mlle Gigante, son amie et sœur du Maire de Fiume, pour avancer l'heure de leur rencontre car "... Stassera alle 10 c'è una fiaccolata al campo di Marte... Vado a Drenova coi fanti...". Les "fanti" étaient les troupes d e volontaires à pied qui l'avaient épaulé en septembre 1919 lors de la célèbre marche pacifique sur Fiume.

81. DE HAVILLAND Olivia (n. 1916) Actrice de cinéma anglaise, l'inoubliable Melanie dans Gone with the Wind - PHOTO avec déd. A.S., folio (env. 27 x 33 cm). Vers 1938. (800.-) 400.-

Superbe portrait original (cachet à sec du photographe Emer FRYER, Hollywood), mi-buste de trois-quarts nous montrant la jeune actrice souriante et rêveuse. Photo exceptionnelle de par sa grandeur et sa qualité, dont la dédicace de trois lignes, parfaitement lisible, fut discrètement tracée par l'actrice sur la manche de sa robe, comme pour éviter de nuire à la beauté de l'image.

 

82. DE LA GRANGE Anna (1824-1905) Soprano français, première Violetta à New-York en 1856 - L.A.S., 1 p. in-8 ; (Milan, mars 1861 ?). (300.-) 200.-

"Madame, - écrit le soprano a Giovannina LUCCA, femme de l'éditeur milanais - sono dispiacentissima di non poter accettare il Suo grazioso invito dovendo cantare domani e dopo domani...", etc. Au printemps 1861, Anna de La Grange interpréta le rôle de Norma lors des cinq représentations données cette saison-là à La Scala de Milan.

83. DELAUNAY Rose (n. 1857) Soprano français, elle interpréta Delibes, Massé, Boïeldieu, Adam, etc. - PHOTO-cabinet avec dédicace A.S. en "... souvenir reconnaissant et affectueux - Rose Delaunay - 1896". Joli portrait mi-buste, de face (cliché G. Penabert, Le Havre), où la cantatrice vêtue d'une robe aux amples manches bouffantes, pose son menton sur ses mains, ses avant-bras étant appuyés à l'horizontale sur u ne balustrade de bois sculpté de style baroque. (300.-) 200.-

84. DENON, Dominique Vivant- (1747-1825) Graveur et administrateur fr. Durant l'expédition d'Egypte, il fit le relevé de nombreux monuments qu'il publia dans son monumental "Voyage" - L.S., 1 1/2 pp. in-folio ; Paris, 14.III.1812. Petite tache de couleur gris pâle dans la marge droite touchant quelques mots. Très bel en-tête à son nom orné d'une vignette gravée en médaillon. Adresse sur la IVe page. (750.-) 500.-

Au célèbre peintre-graveur italien Carlo LASINIO (1759-1838), conservateur du Campo-Santo de Pise, pour l'informer que le ministre français de l'Intérieur va lui "... écrire pour vous témoigner sa satisfaction sur l'ouvrage que vous venez de publier et sur le zèle que vous avez mis à réunir tant d'objets précieux dans le Campo-Santo...". Sur la proposition de Vivant-Denon, ce même ministre vient d'ordonner l'envoi &agra ve; Pise deplusieurs beaux plâtres moulés sur l'antique pour le Lycée de Lasinio "... afin de l'indemniser (!) des tableaux (originaux, ceux-là !) que j'ai demandés pour Paris. Ce présent équivaudra à la cession que cette ville fait, & sera pour elle d'un plus grand intérêt que ces tableaux auxquels elle attachait si peu de prix...".

Dans la marge, commentaire amer de Carlo Lasinio : "Bel compenso per Dio !" (Belle compensation, par Dieu !).

85. DERJAVINE Gavril Romanovitch (1743-1816) Poète russe, il se laissa emporter par son inspiration. Admirateur de Catherine II, il lui dédia une ode célèbre : Felitsa (1783) - Rarissime signature autographe "Gavriil Derzavin" (en russe) extraite d'une lettre et montée sur une feuille in-16 obl. (1000.-) 600.-

86. DESAIX L. Ch. Antoine (1768-1800) Général français, il suivit Bonaparte en Italie et tomba à la bataille de Marengo - L.A.S., 1 p. in-4 ; Hassloch (Bavière), 14.IV.1794. (800.-) 500.-

Desaix, qui est encore sur le Rhin et commande l'avant-garde de l'armée conduite par Michaud, répond favorablement à la lettre de son "cher Payen" dont il s'est fait un réel plaisir d'apostiller le Mémoire, saisissant ainsi une nouvelle occasion de "... prouver au brave régiment que tu commandes, l'estime que j'ai pour lui. Je rendrai toujours justice au courage...", etc. Le 23 mai suivant, Desaix repoussait près de Schifferstadt les Au trichiens venus l'attaquer, et sortait vainqueur au combat de Weistheim (19 juin).

 

87. DESVALLIÈRES Georges (1861-1950) Peintre français, ami de Maurice Denis - L.A.S., 2 pp. sur deux feuilles in-4 ; Seine-Port, juillet 1912. (500.-) 350.-

Très intéressante missive relative à Léon BAKST, aux Ballets russes et à leurs décors. "... La grande révolution (artistique) apportée par les Russes, c'est le fait d'avoir remis entre les mains du même artiste, l'exécution des décors, des costumes et de la mise en scène...". Selon Desvallières, les décorateurs français cherchent d'abord le trompe-l'œil alors que "... chez les russes en brossant leurs décors, c'est surtout de la peinture qu'ils cherchent à faire...". Tout au long de cette longue lettre, le peintre tente d'analyser ce qui fait le succès des Ballets russes ; il parle des décors de Bakst, "... qui nous a démontré cette vérité de la façon la plus brillante, j'allais dire la plus bruyante...", de ceux de Benoit dont la démonstration est plus discrète que son compatriote, "... mais.. . avec un goût plus sûr... il a su faire des décors qui n'absorbent pas toute l'attention des spectateurs venus aussi pour entendre et regarder jouer...", de l'admirable troupe des Karsawina et Nijinski dirigée par le "... dilettante très rare qu'est Mr de Diaghilew...".

Il en conclut que le moteur de tout cela est hélas l'argent : "... Quand donc comprendra-t-on que si l'argent peut servir l'Art, le jour où il en vient à servir l'argent l'art s'avilit d'abord, se boursoufle ensuite et meurt enfin...".

88. DICKENS Kate (1839-1929) Peintre anglais. Fille du célèbre écrivain, elle épousa en 1874 le peintre italien Carlo Perugini - L.A.S., 4 pp. in-8 ; (1929 ?). (400.-) 250.-

A une amie de jeunesse dont elle a pris un réel plaisir à lire la lettre : "... after this long time it was delightful... to know that one is not forgotten any more than you are forgotten my Amy. We were always friends and shall remain so until the end fo Time, that is my Belief...". Elle ne désire aucun cadeau, seulement "... a ribbon or a scarf or a pin from you, to look at and clasp, as coming from Amy...". Elle aimerait tant pouvoir accueillir chez elle sa cor respondante, "... but how could you get upstairs, or how I could get downstairs to help you I know not. We are both a little unlucky..." ; peut-être, ajoute-t-elle avec tristesse, se reverront-elles désormais "... in another world..." !

En tête de la missive une autre main a tracé au crayon "1929", année de la mort de Kate Dickens, maintes fois portraiturée dans sa jeunesse par d'illustres artistes. Elle signe sa lettre: "... Your old friend Kitty or Kate or Kitty Peru [Gini], or what you will...".

89. DJEMIL-Pacha, Méhémet (1823-1872) Diplomate ottoman, ambassadeur turc à Paris - L.S., 1 p.in-4 ; Paris, 17.VIII.1864. En-tête imprimé. (300.-) 200.-

Il se rendra volontiers à l'invitation que son correspondant, le comte Bacciochi, lui a adressée "... par ordre de l'Empereur, pour la Représentation Gala... au Théâtre Impérial de l'Opéra et qui sera honoré de la présence de Leurs Majestés Impériales et de Sa Majesté le Roi d'Espagne...", François d'Assise, l'époux d'Isabelle II.

90. DOS PASSOS John (1896-1970) Poète, romancier et auteur dramatique américain d'origine portugaise - L.A.S., 1/2 p. in-4 ; Westmoreland, Va., 2.II.1960. Intéressante pièce jointe (dactylographiée et signée en tête, avec ratures et corrections autographes, 1 1/2 pp. in-4). (800.-) 500.-

Lettre accompagnant l'envoi de son manuscrit intitulé "An Answer to Three Questions by the Editores of DIE CULTUR" relatif à l'inquiétante recrudescence du Nazisme en Allemagne : "... It seems to me important to point out that this curious epidemic of swastika painting is not limited to Germany. There was a case yesterday in Norfolk... The question to ask is who is likely to gain from them ? If there were serious Neo-Nazi groups sufficiently organized to stimulate that sort of nonsense in such widely separated areas, would it be to their advantage to come out into the open in such an unpopular way ?...". Dos Passos analyse le phénomène en Europe et se demande comment l'Agence TASS interprètera ces événements, etc.

91. DUKAS Paul (1865-1935) Compositeur français, l'une des personnalités musicales les plus fortes de son temps malgré une œuvre peu abondante - L.A.S., 3 pp. in-12 ; Londres, 20.VII.1885. (600.-) 400.-

Dukas a vingt ans et découvre l'Angleterre. "... Voilà deux jours que je suis à Londres... J'ai vu un peu la ville : l'impression qu'elle produit est celle d'une vaste ville de province. Rien du mouvement ni surtout de l'exubérance de la vie parisienne...". Il a visité une exposition "... où il y avait des instruments de musique très intéressants. On me propose d'écrire un concerto de piano. On met à ma disposition un or chestre de cent musiciens..." ; il craint pourtant de se lancer dans "... un genre qui m'est si antipathique...", etc. Intéressante missive, rare de cette époque !

92. DUKAS Paul - Deux L.A.S., 3 pp. in-8 ; (Paris), 8.XI.1904 et "Dimanche" [24.XI.1907]. (450.-) 300.-

La première missive concerne vraisemblablement certaines représentations au Châtelet des "Indes galantes" de RAMEAU, que Dukas avait révisées dès l'année 1901. Le musicien explique qu'il ne désire pas que son nom paraisse en sous-titre sur l'affiche, etc. La seconde lettre, écrite sur papier de deuil et signée de son chiffre, concerne une rencontre avec Lalo et son correspondant, dont l'invitation l'a profondément touch é : "... je sens déjà se resserrer les liens d'une amitié qui me semble à présent de toujours...".

93. DUKAS Paul - L.A.S., 3 pp. in-8 ; (Paris), 12.V.1907. (500.-) 350.-

A Catulle MENDÈS. "Mon cher Maître, Voulez-vous me permettre de vous remercier avec effusion de votre éloquent et généreux article sur Ariane et Barbe-Bleue ? J'éprouve une joie profonde à vous avoir conquis et... que mon ouvrage vous ait été un prétexte à vulgariser quelques vérités esthétiques...". Dukas manifeste son indépendance en tant que critique musical : "... Il est déj&a grave; assez difficile d'être... d'accord avec soi-même. Il suffit de se retrouver et de nous retrouver tous poètes et musiciens, dans cet amour de la Beauté unique et multiforme...", etc. Créé à l'Opéra-Comique deux jours plus tôt (10 mai 1907), Ariane et Barbe-Bleue, d'après un poème de Maetelinck, avait d'abord dérouté la plupart des critiques musicaux, ceux-ci n'y ayant rien compris et affirmant catégoriq uement n'y avoir vu qu'une copie du Pelléas de Debussy ; cependant, quelques compositeurs, comme d'Indy, Fauré et Lalo, reconnurent la valeur exceptionnelle de cet opéra, "la plus puissante manifestation de musique dramatique qui se soit produite depuis les drames wagnériens", selon Vincent d'Indy.

 

94. DUKAS Paul - L.A.S., 1 p. in-8 ; Paris, 6.X.1932. Adresse autographe au verso. (450.-) 300.-

"... Je vous ai dit déjà - écrit-il à Henry PRUNIÈRES - que le seul hommage musical, à mon avis digne de BACH, était un silence surmonté d'un point d'orgue... Quant à l'influence de BACH sur la musique, c'est une opinion toute conventionnelle de penser qu'elle s'exerce depuis avant hier ! Mozart, Beethoven, Mendelssohn, Schumann, Liszt et Wagner s'en sont pénétrés...". Il paraît donc évident que &qu ot;... ce ne sont pas quelques froids pastiches mécaniques de son style qui, actuellement, en feront mieux saisir l'esprit, hors de portée...". Belle !

 

95. DUKAS Paul (Au sujet de) - 17 L.A.S. de Maurice EMMANUEL, 38 pp. in-8 mais surtout in-4 ; Montaure, Dijon, Combrit, Chatel Guyon, Paris, etc., 1927/1936. (1200.-) 600.-

Extraordinaire correspondance autographe du compositeur et musicologue Maurice EMMANUEL (1862-1938) adressée à un destinataire inconnu (le violoniste Edouard NADAUD ?), entièrement consacrée à la défense de Paul DUKAS et de son œuvre, car il "... considère l'auteur d'Ariane comme le type accompli de l'artiste et de l'homme...".

Dès 1927, Maurice Emmanuel s'efforce d'obtenir pour Dukas le poste qu'il mérite au Conservatoire, où hélas "... le pompiérisme sévit... Il y a 8 jours, au Concours de Composition, Rabaud annonça la retraite de Widor... J'étais à côté de Dukas. Je lui ai marché sur le pied... Dukas n'ose pas se prononcer, car il y a d'Ollone...". En septembre 1927, Emmanuel écrit : "... Aux dernières nouvelles, Pierné se présenterait. Je suis convaincu que c'est à l'instigation de Rabaud..." (comme celle de novembre, cette lettre porte l'annotation "à détruire").

De 1932 à 1936, il est question de L'Apprenti Sorcier de Schönberg dirigé par Toscanini, de Paul Dukas qui arrive enfin à l'Institut, de la reprise et des répétitions d'Ariane à l'Opéra, de Rabaud, des opinions politiques de Dukas, lequel déteste les agissements de son parent Léon Blum, du maréchal Pétain, des Allemands, etc.

Documentation (inédite ?) indispensable à une meilleure connaissance de la personnalité de Dukas en tant qu'homme et artiste, vu par l'un de ses confrères les plus proches.

 

96. ECRIVAINS, ARTISTES, SPORTIFS, Etc. - Correspondance adressée à un homme d'affaires, mécène et politicien parisien dans les années soixante. Environ une soixantaine de pièces (L.A.S., L.S., cartes de vœux, cartes de visite, etc.). (800.-) 400.-

Correspondance amicale, une ou plusieurs pièces émanant des personnages suivants : Cartelot, Deval, Dorgelès, Benoist-Méchin, Armand Lanoux, Roger Peyrefitte, Tino et Lili Rossi, Yves Saint-Martin, Touchagues, Chapelain-Midy, André Salmon, J. Faizant, J. d'Ormesson, Abel Bonnard, Carzou (jolies cartes de vœux signées), Jean Borotra, Trémois, Régine, Michel Simon, Marcel L'Herbier (billet, initiales), P. Le Tellier, Aizpiri, etc.

Intéressant dossier pour la variété des auteurs plus que pour le contenu de leurs messages.

97. EEKHOUD Georges (1854-1927) Ecrivain belge, poète et romancier réaliste - P.A.S., 1 p. in-8 ; [Bruxelles], 22.X.1923. (300.-) 200.-

Jolie feuille d'album dédiée à la "... jeune et vibrante amie de nos poètes, leur lectrice et interprète passionnée, la digne fille de mon vieil et excellent ami...", un éminent pianiste belge.

98. EGYPTE, Campagne d' : Saint-Jean d'Acre, 1799 - "Bonaparte... Au Directoire Exécutif", imprimé de 12 pp. in-8 gr. ; "Au camp devant Acre, le 21 florial an 7", 10.V.1799. (600.-) 350.-

Exemplaire original du texte, tiré au Caire par l'Imprimerie Nationale, de la lettre-rapport adressée par le général Bonaparte au gouvernement français pour l'informer - à sa manière ! - de la situation militaire de son armée en Syrie. C'est une suite de victoires espérées et hélas de massacres bien réels qui sont ici décrits. Avant d'abandonner le siège, Bonaparte dit vouloir "... raser le palais de Dj ezzar et les principaux monumens de la ville ; je fais jeter un millier de bombes qui dans un endroit aussi resserré doivent faire un mal considérable. Ayant réduit Acre en un monceau de pierres, je repasserai le désert... J'ai eu... cinq cens hommes tués... L'ennemi a perdu plus de quinze mille hommes. Je vous demande le grade de général de division pour le général Lasnes [LANNES]...", etc. Suivent trois pages, datées de Jaffa, rela tant le bombardement d'Acre, les "horribles ravages", et le... prétexte de la peste qui sévit dans la ville et oblige les Français à renoncer à l'occuper... Document impressionnant !

99. ELIOT Thomas S. (1888-1965) Poète anglais d'origine am. Prix Nobel en 1948 - L.S. avec deux corrections autographes, 1 p. 4° ; Londres. 25.II.1952. En-tête des Ed. Faber and Faber. Rare. (900.-) 600.-

Il approuve Murial ST CLARE BIRNE (1895-1983) qui persiste à vouloir publier la correspondance de John Dudley, Vicomte LISLE, Régent d'Angleterre et supporter de Lady Jane Grey. "... I knew that you had great difficulty in getting on with this work during the War, and I hoped that you had not abandoned it alltogether...". Le poète accepte volontiers que son nom figure sur la liste des membres du Comité de patronage. Cette monumentale édition paraîtra en 1981, longtemps après la mort de T. S. Eliot.

 

100. ELSSLER Fanny (1810-1884) Danseuse autrichienne, rivale de Maria Taglioni. Artiste de caractère, elle se rendit célèbre dans le monde entier - L.A.S., 2/3 p. in-8 ; Bruxelles, 21.X.1844. (500.-) 350.-

A un critique musical, pour exprimer sa satisfaction et lui envoyer ses remerciements "... pour les jolis articles que vous avez publiés dans votre journal...". En 1840/42, Fanny Elssler avait dansé aux Etats-Unis où elle avait reçu partout un accueil enthousiaste ; le Président van Buren lui-même eut l'occasion de la recevoir.

 

101. ERARD Sébastien (1751-1832) Constructeur français de pianos et de harpes - P.A.S., 1 p. in-8 obl. ; Paris, 8.VI.1824. Petits défauts dus à la corrosion de l'encre. (500.-) 350.-

"Bon pour un piano de treize cent vingt francs qu'on fournira à Monsieur Aynard...", etc. Une note d'une autre main précise que sous le n° 54 du journal des ventes, l'instrument en question fut livré "à Mr Marchand".

102. ESCLAVAGE, 1755-1763 - Quatre documents, environ 36 pages in-4 ou in-folio ; Saint-Domingue, 14.VII.1755/2.VII.1763. (5000.-) 3000.-

Important dossier relatif à la Traite des Nègres dans l'île de Saint-Domingue.

Le premier document, daté du Cap le 14 juillet 1755 et intitulé "Etat de l'habitation de Monsieur Faure, habitans au Dondon, size au Haut-du-Trou... Telle qu'elle est à son départ pour France qu'il a remise à Mr Raymond son Procureur...", dresse la liste des biens, meubles et immeubles de cette importante plantation de café et précise les noms, âges et, pour certains, l'origine des esclaves liés à l'entreprise, 64 nègre s, dont 20 négresses, 3 négrillons, 7 négrittes, 3 nègres marrons et 31 nègres logeant dans "... Sept cazes à nègre de trente pieds de long sur quinze de large, fourché en terre, palissadées de travers et couvertes en paille...". Dans une seconde propriété, "... size à la Guille quartier du Dondon..." on compte 26 nègres et négresses, tous travaillant à la plantation, sauf un qui est malade. Une troisième propriété, "... size à la Rivière dorée, quartier du Dondon..." possède "... mille pieds de Caffé raportants... Batiments...", etc, ainsi que 13 nègres et 10 négresses, travaillant également tous à l'exploitation.

Un "Etat" simplifié (4 pp. in-4) précise le nombre de "... Mulles et Mulets... Chevaux et Cavalles... Bêtes à Cornes...", etc., ainsi que les noms et prénoms des 90 nègres, négresses et négrillons encore vivants dans lesdites plantations. Une petite feuille in-8 jointe, nous révèle l'identité des "... nègres morts depuis le départ de monsieur Faure..." entre 1755 et 1761, 27 esclaves at tachés aux propriétés de La Guille et de La Grande Place, esclaves dont, par comparaison avec la première liste, on pourrait établir l'âge au moment de la disparition.

Un dernier "Inventaire", comme le premier signé à la fin par l'un des responsables de l'exploitation agricole, fut établi le 2 juillet 1763, date à laquelle les propriétés ont été remises à Pierre Faure, neveu de l'ancien propriétaire (originaire de Bordeaux ?). A cette époque, le nombre total des "... nègres, négresses, négrillons, négrittes, nègres marrons et infirmes... [s'&ea cute;levait à] 63 têtes...", y compris les trois "... négrillons nés depuis le départ de M. Faure...". Ainsi, en huit ans, plus d'un tiers de la population nègre était décédée et il revient au procureur Reynaud de certifier "... que les nègres et animaux mentionnés cy-dessus sont morts pendant ma régie au Haut-du-Trou...", etc.

Extraordinaire ensemble au contenu précis et poignant.

103. ESTRADES, Godefroi d' (1607-1686) Maréchal de France, diplomate et vice-roi d'Amérique en 1663. Le traité de Nimègue couronna glorieusement sa carrière politique en 1678 - L.S., 1 p. in-4 ; Paris, 26.VII.1662. (500.-) 300.-

De retour d'Angleterre où il avait obtenu de Charles II la restitution de Dunkerque, le comte d'Estrades évoque les problèmes que rencontrerait la nomination d'un gouverneur catholique à Orange, et à ce sujet il dit avoir "... respondu que j'estois asseuré que le Conseil du Prince d'Orange n'y consentiroit pas, et que j'aprehendois que vous n'eussiez ordre de vous retirer, ce qui feroit un mechant effect parmy les esprits de Hollande dans cette conioncture d e renouvellement d'Alliance...", etc.

Intéressante missive, très probablement adressée à un proche de la Maison d'Orange.

Prince d'Orange depuis 1650, Guillaume de Nassau allait devenir roi d'Angleterre sous le nom de Guillaume III. En 1673, Louis XIV lui confisqua cette principauté et l'adjugea aux domaines utiles du prince de Conti, se réservant pour lui le haut domaine.

104. EUROPE, 1855 : MAZZINI Giuseppe (1805-1872), Lajos KOSSUTH (1802-1894) et Auguste LEDRU-ROLLIN (1807-1874) Révolutionnaires républicains - P.S. par les trois, 2 pp. pleines in-4 gr. ; [Londres], décembre 1855. En-tête : Comité Central Européen. (2800.-) 2000.-

Long texte manuscrit d'un très important MEMORANDUM sur la situation politique française et européenne, visant à créer un vrai Comité central capable de coordonner les actions des éventuels mouvements révolutionnaires. Grâce à leur appel, les trois fondateurs de cette initiative espèrent recueillir "... quelques souscriptions patriotiques qui nous mettent à même de réaliser nos plans... rattacher les patr iotes à une direction commune... jeter les bases d'une organisation d'ensemble qui inspire confiance Démocratie... fonder en un mot, sur toute l'étendue du territoire, le Parti d'Action... Il est impossible que les républicains français ne sentent pas ce que l'Europe attend d'eux... Le sort de l'humanité en dépend...".

Suivent les directives qui permettront de mettre sur pied (en France tout d'abord) cette organisation centrale, à la base d'une Sainte Alliance des Peuples dont les trois révolutionnaires sont les cofondateurs.

Pièce du plus haut intérêt historique !

105. FACCIO Franco (1840-1891) Chef d'orchestre et compositeur italien, il dirigea la première d'Otello à La Scala de Milan - L.A.S., 1 p. in-8 ; Trieste, 9.XII.1875. En-tête à son chiffre. (350.-) 200.-

Il serait ravi de pouvoir diriger un opéra de Rossi à La Scala : "... Domani parto per Milano, e alla Commissione della Scala, tuttavia esitante nel definire il repertorio della prossima stagione, proporrò e appoggerò vivamente l'Opera del mio ottimo e venerato Direttore...", un ami de vingt ans. Il ajoute ses amitiés pour le compositeur Carlo Pedrotti, comme lui originaire de Vérone.

Le 9 janvier 1877, on donna effectivement à La Scala "La Contessa di Mons" de Lauro Rossi, dirigée vraisemblablement par F. Faccio qui, en 1886, allait fêter sa millième "direction" au célèbre théâtre milanais.

 

106. FAURÉ Gabriel (1845-1924) Compositeur français - L.A.S., 1 1/2 pp. in-8 ; [Paris], 25.IV.1914. En-tête : Conservatoire de Musique... Le Directeur. (400.-) 250.-

Le compositeur exprime le désir de rencontrer ses amis dans quelques jours : "... Puissions-nous alors fêter l'écrabouillement de Caillaux ! Mais comment oser l'espérer ! C'est ignoble tout cela ! Et je dois dire que de ma vie je ne m'étais senti à ce point sensible à ce genre de maux...".

Trois semaines plus tôt, Henriette CAILLAUX, épouse du ministre français des Finances, avait tué le journaliste Gaston Calmette ; ce dernier, après avoir mené une violente campagne contre l'homme d'Etat, avait en effet annoncé la publication dans le Figaro de lettres dévoilant la vie intime de Madame Caillaux. Ce fut là le dernier grand scandale de l'avant-guerre.

107. FOUJITA Léonard (1886-1968) Peintre et illustrateur japonais - Ensemble d'environ 70 pièces (lettres, cartes, notes, photos de lui ou le concernant, etc.) ; années 1957/1967. Formats divers. (4000.-) 2500.-

Documents pour la plupart signés "Léonard" ou "Foufou", adressés et conservés par l'un de ses derniers amis dans lesquels le peintre évoque sa vie, ses voyages, la maladie qui allait l'emporter, etc. Quelques documents émanent de médecins ou encore d'un hôpital suisse.

En 1964, Foujita prépare une carte d'invitation (l'une d'elle est ici conservée avec un message donnant un exemple de la calligraphie à utiliser) à l'occasion des 60 ans de son correspondant, alors responsable d'une Maison de Champagne. Sa participation à certaines manifestations vinicoles lui ayant permis de découvrir la région champenoise, il décide vers la fin de sa vie de faire construire à Reims la chapelle Notre Dame de la Paix, d&eacut e;sirant y peindre des fresques.

Cet intéressant dossier, contient des cartes de vœux (dont l'une porte la reproduction signée d'un tableau peint pour une Maison champenoise), des messages amicaux ou des lettres. Environ 35 pièces sont autographes ou signées, ou encore simplement annotées par Foujita, quelques unes avec esquisses ou amusants dessins représentant un poulet rôti, des figurines, un banc, une église, un plan, etc. L'artiste y évoque les problèmes qu'il ren contre pour mener à bien le projet de la chapelle, aidé en cela par son correspondant qui règle certains problèmes avec l'administration française ou avec les différents corps de métier chargés de bâtir l'ouvrage dont l'inauguration eut lieu en octobre 1966, etc. Quelques photos originales, reproduisant ses œuvres ou encore des manifestations auxquelles Foujita a participé (coctails, inaugurations de Reims, etc.), portent parfois des remar ques de la main de l'artiste ou sa signature. Les dernières lettres évoquent surtout les problèmes que lui cause sa maladie, le paiement de factures d'hôpitaux, etc.

108. FRANCE, Louis XV de (1710-1774) Roi dès 1715. Sa politique fut soumise à l'influence de ses favoris ou de ses nombreuses maîtresses, dont Madame de Pompadour et Madame du Barry. Dit le Bien-Aimé - L.S., 1 p. in-4 ; Fontainebleau, 8.XI.1732. Papier uniformément bruni. Deux beaux sceaux de cire rouge avec fils de soie bleu pâle sur la IVe page. (1200.-) 800.-

A son "... Frère et Cousin l'Infant d'Espagne..." Charles de BOURBON (1716-1788), alors duc de Parme. "... La disposition où je suis toujours de marquer ma tendre affection pour vous, et l'intérêt que je porte à ce qui vous touche, me porte à envoyer auprès de vous un Ministre... qui vous témoigne la joye avec laquelle j'ay appris votre heureuse arrivée dans vos Etats...".

Le jeune roi de France, qui formait encore un couple heureux avec Marie Lesczynska - il n'avait que 15 ans lorsqu'il épousa Marie, de sept ans son aînée ! -, a choisi d'envoyer, pour ambassadeur, auprès de son très jeune correspondant de 16 ans, un... général : le marquis Anne-Claude Thiard de BISSY (1682-1765). Belle signature royale autographe.

109. FRANDIN Elisabeth (1859-1911) Soprano finlandais, elle créa les rôles de Mimì (La Bohème de Leoncavallo) et Mallika (Lakmé de Delibes) - Superbe PHOTO-cabinet, avec dédicace A.S. au dos "A mon ami... souvenir de bonne amitié - E. Frandin - Ce 25 Juin 1883". Cliché Chalot & Cie, Paris. Buste de face, en costume (dans Lakmé, dont la première avait été donnée le 14 avril précé dent à l'Opéra Comique de Paris). Parfait état de conservation. Rare ! (500.-) 350.-

110. FRICCI Antonietta (1840-1912) Soprano autrichien, en 1867 elle participa à la première du Don Carlos au Covent Garden avec Pauline Lucca dans le rôle de la reine Elisabeth - L.A.S., 1 1/2 pp. in-8 ; Moscou, 4.II.1863. (300.-) 200.-

Peu satisfaite des propositions que lui a faites son correspondant, l'impresario Giuseppe LAMPERTI (1834-1898), pour aller chanter à Madrid, "... ho creduto bene di segnare la mia riconferma per questo I[mperi]al Teatro di Mosca assieme al tenore Neri-Baraldi...", etc. Alors fort célèbre, Pietro NERI-BARALDI (1828-1902), se produisit en Europe comme aux Etats-Unis ; il était l'époux d'Antonietta Fricci.

111. GADE Niels W. (1817-1890) Le premier important compositeur danois après Buxtehude - MUSIQUE A.S., 1 p. in-4 obl. ; Leipzig, janvier 1847. (750.-) 500.-

Magnifique feuille d'album avec deux grandes portées musicales, 16 mesures d'un "Moderato" pour alto et violons.

Autographe datant de l'époque où Gade s'était lié d'amitié avec Spohr et Mendelssohn et secondait ce dernier au Gewandhaus de Leipzig. Pendant la saison 1845/46, il avait créé le Concerto de Violon de son ami.

112. GADE Niels W. - L.A.S., 3 pp. in-8 ; Copenhague, 23.V.1871. En-tête imprimé à sec à son chiffre.

En allemand (traduction française jointe). (300.-) 200.-

Il remercie son correspondant qui l'invite à venir le rejoindre pour partager avec des amis mélomanes quelques journées musicales ("... einige Tage musikalisch mit Musikfreunden zusammenlebend..."). Il se voit obligé de refuser, car ne se sentant pas en forme et se fait soigner à Marienbad. D'autre part, "... chaque Pentecôte est, chez moi, une fête de famille...", etc.

Probablement à une vieille connaissance de l'époque de son séjour à Leipzig.

113. GADE Niels W. - PHOTO avec dédicace A.S., 12° ; (Copenhague), septembre 1878. (450.-) 300.-

Beau portrait mi-buste, de trois-quarts (format carte de visite, image ovale), exécuté par les photographes danois Hansen et Weller. Le musicien, alors une célébrité dans son pays, offre amicalement son image au chef d'orchestre Julius von BERNUTH (n. 1830), qui enseigna au conservatoire de musique de Hambourg.

114. GADE Niels W. - Deux L.A.S., 8 pp. in-8 ; Copenhague, 23.IX. et 2.XI.1880. Enveloppes. En allemand (traductions françaises jointes). (600.-) 400.-

Intéressante correspondance.

Gade accepte avec enthousiasme l'idée d'organiser un concert à la Philharmonie de Hambourg dirigée par Julius von BERNUTH. Il souhaiterait cependant que l'on puisse s'adapter à son emploi du temps car il est déjà engagé ailleurs dans la capitale danoise, ainsi qu'à Cologne où l'on doit donner sa Cantate op. 50, "Die Kreuzfahrer", et où les répétitions des chœurs et des solistes vont se succéder, etc.

Dans sa deuxième lettre, il se dit parfaitement satisfait du choix de la date du 3 décembre "... pour faire de la musique avec vous au concert philharmonique... Pour ce qui me concerne, je pense vous proposer la Symphonie en Si majeur ou en La mineur [op. 20 et op. 15] et la nouvelle pièce pour orchestre Ein Sommertag auf dem Lande [op. 55]. Mais ne dirigez pas auparavant des compositions pastorales...", etc.

115. GARIBALDI Giuseppe (1807-1882) Général italien - L.S., 1/2 p. in-4 ; Frascati (Rome), 5.VII.1875. Texte de Basso, son secrétaire. (450.-) 300.-

Au lendemain de son 68ème anniversaire, il adresse ses remerciements "Alla Cara Popolazione di Velletri".

Garibaldi avait sans doute encore à l'esprit ce 19 mai 1849 où il avait remporté dans cette même ville de Frascati, au Sud de Rome, une grande bataille sur l'armée napolitaine.

116. GARNIER Charles (1825-1898) Architecte fr., il réalisa le nouvel Opéra de Paris, symbole du style Napoléon III - Deux L.A.S., 4 pp. 8° ; Paris, 1862 et v. 1880. En-tête : Travaux du Nouvel Opéra. (350.-) 200.-

A un confrère qui entend préparer un ouvrage sur l'Opéra qui vient peut-être "... un peu tard à présent que la fièvre du moment est passée et que le public revient chaque jour au monument... pas terminé...". Il lui est difficile de disposer de tous les renseignements demandés : "... Les articles... critiques ou louanges n'ont pas été conservés par moi... Quant aux noms et aux œuvres des artistes... il y a encore la moitié des travaux à distribuer et... j'ignore encore les noms qui se trouveront choisis...", etc.

La deuxième lettre, écrite une fois les travaux finis, fut expédiée à un journaliste dont l'article "... sur la fête de l'Opéra est parfait...". Garnier le remercie surtout "... de nous avoir presque forcé à faire le genre baroque... Je vous aurais bien maudit si nous avions échoué ; ayant réussi, c'est le moins que je vous soit tout reconnaissant...", etc.

117. GASTRONOMIE, 1974 - MENU d'un dîner offert le 24 mars 1974 par Paul, Henri et Rémi KRUG, producteurs de champagne. Une cinquantaine de convives ont apposé leur signature, parfois accompagnée de quelques mots : les trois Krug, nombreux "Chefs" comme Bocuse, Troisgros et Guérard, des "gastronomes" dont Raymond Olivier (qui a ajouté un dessin), Henri Gault, deux Japonais, des Américains, etc., etc. Reliure de soie cartonn&eac ute;e aux armes des Krug. (500.-) 300.-

118. [Livre] GASTRONOMIE - "Les 5 Sens" par Raymond OLIVIER. Cinq recettes et propos gastronomiques de R. O., illustrées par R. Gauthier-Constant. Edition originale, 4°, tirée à 125 exemplaires. Un des exemplaires hors commerce dédicacé en 1960 par R. Olivier à l'un de ses amis gourmets. Joint : une douzaine de lettres et cartes autographes de R. O. au même, 1960/1980. Raymond OLIVIER (1909-1990) fut une personnalité marqua nte du monde de la Restauration en France au XXe siècle. (500.-) 300.-

119. [Livre] GAUTHIER Maximilien - "Utrillo", 4°, 22 pp. + 30 planches en noir et blanc et 5 en couleurs. Pétridès, Paris 1944. Pièces jointes. Dos défectueux. (1000.-) 600.-

Bon exemplaire broché de cette intéressante monographie éditée par la Galerie Pétridès, avec reproductions de tableaux en photolithographie. Exemplaire offert par Lucie VALORE-UTRILLO à un mécène et collectionneur d'art pour lequel elle a ajouté un de ses dessins enfantins (crayons de couleur) au format de l'ouvrage, ainsi qu'une épreuve de l'Invitation au profit de l'Union des Arts (Paris, 1952), signée par elle et par M aurice Utrillo.

Il est joint une photo in-4 de Lucie Valore en pied, vêtue d'une large robe de soirée, pièce portant la dédicace A.S. suivante : "A Georges, à Jip, un couple merveilleux de sentiments si hauts placés - Lucie Utrillo Valore - 21.6.52". Bel ensemble.

120. GERAMB, Léopold, Baron de (1775-1845) Général de cavalerie autrichien - L.S., 1 1/2 pp. in-folio ; Milan, 16.V.1831. En allemand. (250.-) 150.-

Au "Nieder Oesterrichische Militair General Commando zu Wien", à propos d'un paiement effectué à l'ingénieur Tagliasachi pour le compte d'Alessandro Parigati et dont on a semble-t-il égaré "... die Original Verlagsquittung...".

Le général Geramb était le frère du baron Ferdinand de G. (1772-1848). Ancien général dans les guerres contre Napoléon, ce dernier entra en religion en 1817 sous le nom de Frère Marie-Joseph. Devenu abbé, le pape Grégoire XVI le nomma procureur général de la Trappe en 1833.

121. GIGLI Beniamino (1890-1957) Ténor italien - PHOTO in-4 signée dans la marge inférieure blanche. Portrait mi-buste de trois quarts, imprimé sur la couverture du programme d'un concert qu'il donna à Genève en 1946 avec le concours du mezzo-soprano Tita Corelli, où il chanta sur la musique de Meyerbeer Pergolesi, Caccini, Gluck, Massenet, Bizet, Haendel, Puccini, etc. Cliché Villani, Bologne. (300.-) 200.-

122. GIRALDONI Leone (1824-1897) Baryton italien, il chanta dans les premières de Simon Boccanegra, du Ballo in maschera, et excella dans tout le répertoire verdien, laissant un souvenir extraordinaire du rôle du comte Luna dans le Trovatore - L.A.S., 1 1/2 pp. in-8 ; Milan, 7.VI.1852. (300.-) 200.-

A Giovannina LUCCA, pour l'informer qu'il ne peut s'engager à chanter le second acte de Saffo de G. Pacini : "... La parte è così spezzata ed è tanto tempo che io non l'ho più fatta, che non mi credo in grado di poterla eseguire in così breve spazio di tempo...", etc.

123. GOLL Yvan (1891-1950) Poète surréaliste français, ami de Breton, Eluard et Chagall – Poème A.S., 1 p. in-4 ; (Paris, vers 1924 ?). Autographe rare ! (750.-) 500.-

Très beau poème d'amour composé de quatre quatrains titrés "Apparition", dont voici le premier vers : "Dans le sombre couloir d'un grave Ministère...", et les quatre derniers : "... Une femme suffit - ô curieux prestige ! / Pour d'un Ministère affreux faire un bel écrin, / Et semer au cœur imprudent, qui lors s'afflige, / De l'éternel Amour le sol et charmant grain".

En 1925, paraissait son recueil "Poèmes d'amour".

124. GOMES Carlos Antonio (1836-1896) Le plus célèbre compositeur brésilien d'opéras : Guarany, Salvator Rosa, L'Esclave, Condor, etc. - L.A.S., 2 pp. in-8 ; Rio de Janeiro, 9.IX.1889. Fentes réparées. Autographe peu commun ! (600.-) 400.-

Dans un italien approximatif, le compositeur annonce à ses impresari milanais, Lombardo et Crisafulli, l'envoi d'une somme d'argent servant à règler certaines affaires avant son arrivée en Europe, car il répugne à rencontrer des personnes lui inspirant peu de sympathie ! "... Fatte la cosa per bene e amichevolmente. Paranhos ebbe già lire 200 per la pensione di Carletto (son fils ?) e l'amico Mazzoni pure ha qualche centinaio di lire a vostra disposiz ione...". La première de son nouvel opéra, L'Esclave, l'occupe beaucoup et, à ce sujet, il écrit : "... La Schiava andrà in scena il 28 corrente in luogo del 7. Spero che tutto andrà bene...", etc.

125. GOUNOD Charles (1818-1893) Compositeur fr. - L.A.S., 1 1/2 pp. 8° ; [Auteuil, 15.X.1854]. (750.-) 500.-

En 1851, le premier opéra de Gounod, Sapho, n'avait obtenu qu'un succès d'estime. Son Ave Maria avait été mieux accueillie en 1853. Le compositeur revenait maintenant sur scène avec un opéra en cinq actes, La Nonne sanglante, dont la première (18 octobre 1854) allait êtreun vrai fiasco !

A trois jours de cet événement, Gounod, apprenant par son "... bon ami Halévy..." que le librettiste Jules-Henri VERNOY DE SAINT-GEORGES (1799-1875), destinataire de cette missive, est de retour à Paris, lui fait savoir qu'il ne veut en aucun cas "... que la dernière répétition générale de la Nonne..." ait lieu sans lui ; il lui envoie donc "... un Laissez-passer que vous montrerez à Mme Crosnis..." et lui promet une stalle pour la première représentation s'il est libre ce jour-là aussi, etc.

Gounod devra attendre le succès jusqu'en 1859, date à laquelle il donnera son Faust. [Voir aussi le n° 78, Commettant]

126. GROSZ George (1893-1959) Peintre allemand naturalisé américain - L.A.S., 3/4 p. in-4, datée "March 15, 1933" (New York). (750.-) 500.-

Grosz remercie sa correspondante pour le dîner auquel il a été convié en compagnie de son épouse et précise son adresse new-yorkaise : "... Hotel Cambridge - 60 West 68th Street...". Par ce même courrier, il lui fait parvenir "... an invitation for an exhibition of some watercolors of mine ; perhaps it will interest you !".

Son pays d'origine ayant basculé vers le nazisme, le peintre s'était depuis peu réfugié aux Etats-Unis.

127. GUILLAUME Ier Hohenzollern (1797-1888) Roi de Prusse, empereur d'Allemagne dès 1871 - L.S., 1/2 p. in-4 ; Berlin, 18.IX.1880. Bavure d'encre à certains endroits du texte (due à une fermeture précipitée de la lettre ?). Très belle signature. (250.-) 150.-

Au Landgrave Frédéric de HESSE (1820-1884), pour l'informer qu'il vient de nommer son aide de camp Paul-Otto von STRAHL (1847-1921) au rang de capitaine de Cavalerie.

128. [Franc-maçonnerie] GUILLOTIN Joseph Ignace (1738-1814) Médecin et homme politique français.

En dépit de ses protestations, son nom fut donné à la machine dont il avait suggéré la création afin d'atténuer les souffrances des condamnés à mort lors de leur exécution - L.S. "Guillotin orat[eu]r" se terminant par les trois typiques points francs-maçons, 3/4 p. in-4 ; [Paris], 30.XII.1774. (3000.-) 2000.-

Document maçonnique datant de l'année "5774", reprenant le texte de la lettre "... adressée à L. R. L. de la Triple essence à l'o. de S. Malo...", missive émanant de Guillotin en sa qualité d'Orateur de la "Chambre des Provinces" auprès du Grand Orient de France où le médecin occupe depuis 1772 le poste de député de la Loge "La Parfaite Union" d'Angoulême.

"... Nous avons apris avec douleur l'enlèvement et la perte des effets précieux appartenans à votre R. L. ... et nous avons remis au v. f. De la Chaussée les différens morceaux d'architecture que vous nous avez demandés...", écrit Guillotin. Le Grand Orient est heureux d'apprendre qu'on a pu, à Saint-Malo, se "... procurer un Temple à l'abri des prophanes...", se réunir et ainsi reprendre activement les travaux. Il termine sa lettre en invitant les membres fondateurs de la Triple Essence à se "... réunir au centre de la maçonnerie française en prenant des constitutions du G. O. ...".

La Loge de Saint-Malo venait en effet d'abandonner la première constitution de 1772 pour s'en donner une nouvelle en 1775, sous le Vénérable Deslandes fils, Capitaine de navires. Quant au Docteur Guillotin, qui avait joué un rôle prépondérant dans la formation du Grand Orient de France, il se montre en 1774 totalement hostile à MESMER, à ses théories et aux "Directoires Ecossais". Pièce très intéressante e t fort rare !

129. GUITRY Sacha (1885-1957) Acteur et cinéaste fr. - L.A.S., 4 pp. in-8 ; Hendaye, s.d. (400.-) 250.-

Selon Guitry, s