1. ALEXANDRE II de Russie (1818-1881) Empereur dès 1855, il entreprit une série de réformes importantes, dont l'abolition du servage. Assassiné par les révolutionnaires populistes - L.S., avec compliments autogr., 1 1/2 pp. in-4 ; Peterhof, 3.II.1859. Papier de deuil. Enveloppe avec cachet. (500.-) 300.-
Il vient d'apprendre le décès du roi Ferdinand des Deux-Siciles et adresse ses condoléances à son fils, François II, faisant allusion "... aux immuables arrêts de la Divine Providence...", à la "... prospérité du règne..." auquel son illustre correspondant vient d'être appelé, à son désir de "... cimenter les liens qui ont si heureusement existé jusqu'à présent..." entre leurs deux Etats, etc.
2. ALLEMAGNE : Hommes politiques, diplomates, ministres, etc. - 10 L.A.S. ou L.S., XVIIIe et
XIXe siècles. (300.-) 150.-
Petite collection réunissant des pièces du socialiste August BEBEL (pensée A.S. sur cp), du chancelier B. von BÜLOW, des diplomates ou ministres H. v. ARNIM, K. F. v. STUMM, J. v. Reitzenstein, Joh. Halbig, Ulrich Tadler (Wetzlar, 1792), etc.
3. ALLEMAGNE, Souverains d' - 4 autographes (L.A.S., 2 L.S. et P.S.) XVIIIe et XIXe siècles.
Pièce jointe. (400.-) 250.-
Lettres de l'empereur GUILLAUME Ier (1858, contresignée par O. von Manteuffel), le Grand-duc GEORGES de Mecklembourg-Strelitz, les Electeurs de Trèves (Clément de Saxe, L.A.S., 1747) et le Palatin (Charles Théodore de Bavière, 1744. Fentes aux plis). Joint : pièce de 1698 au nom du Duc Georges Guill. de BRUNSWICK.
4. "ALPINE CLIMBERS" - Petite collection de HUIT autographes de personnalités anglaises du
monde de la montagne, deuxième moitié du XIXe siècle. Pièce jointe. (600.-) 400.-
Feuille d'album cartonnée réunissant les signatures (avec compliments autographes, elles sont découpées de lettres et montées ici avec une ligne d'explication) des alpinistes suivants : F. F. TUCKETT (1834-1913, l'un des premiers à avoir exploré méthodiquement les Alpes dès les années 1860), Edward WHYMPER (1840-1911), Arthur J. BUTLER (1844-1910, éditeur de l'Alpine Journal), le juge George STALLARD (né en 1856, il gravit le Doldenhorn), M. CAREIGKE (qui escalada le Dom en Valais), Horace WALKER (Président de l'Alpine Club), Hermann WOOLLEY (explorateur au Caucase), et Sir Everard Im THURN (1852-1932, Gouverneur entre autres des Iles Fiji, qui escalada le Mont Roraima, dans la British Guiana).
Joint : enveloppe premier jour (FDC) de 1965, affranchie avec des timbres-poste suisses émis pour le centenaire de la première ascension du Mont Cervin (Matterhorn), signée par John WHYMPER, "Great-nephew of Edward Whymper".
5. ALPINISME - L.A.S. de Sir Henri S. KING (né en 1852), banquier et député anglais, passion-
né de montagne, 1 1/2 pp. in-8 ; Grindelwald, 14.I.1892. En-tête illustré. (250.-) 150.-
Courtoise et amicale réponse à une admiratrice qui désirait son autographe. Le très bel en-tête couvrant le tiers supérieur de la première page - vue de l'"Hôtel et Pension de l'Ours" derrière lequel se détachent les montagnes surplombant le Alpenkurort Grindelwald - nous rappelle la passion pour la montagne de cet "Alpine Climber" qui exerçait dans son pays le métier de la finance ; il fut aussi maire de Kensington et président de la banque londonienne Henry S. King and Co.
6. AMEDÉE V de Savoie (1249-1323) Comte dès 1285, il fut surnommé "Le Grand" - Pièce en son nom, 1 p. in-fol. obl. ; "Actum in Castro Petrecastello", 14.VII.1275. Avec sceau de cire verte en partie brisé mais assez complet pour laisser voir la croix de Savoie et le mot "Sigillum". D'une grande rareté ! (2000.-) 1000.-
Par ce document original d'époque (notons que l'on ne trouve généralement que des copies tardives), les frères AMÉDÉE V et THOMAS III de Savoie font donation d'une partie du château et lieu de Virlé (Piémont) à Conrad Asinari, Noble d'Asti, ainsi qu'à ses descendants des deux sexes. La pièce porte une souscription du notaire Petrum de Judicato au nom de "Thomas et Amedeus de Sabaudia fratres predicti confitentes et asserentes predicta omnia, in instrumento suprascripto contenta... nova sigilla nostra duximus apponenda...", etc. Parchemin parfaitement conservé et fort jolie écriture, très lisible.
7. ANKER Albert (1831-1910) L'illustre peintre de la vie rustique bernoise - L.A.S., 1 p. in-8 ; Anet, 18.X.1877. Petite restauration à un coin. (900.-) 600.-
Lettre nous révélant la personnalité attachante et sensible de ce peintre bernois qui offre ici une de ses uvres à un vieil ami et confrère dans le besoin, Georges GRISEL (1811-1877) : "... Voici une nouvelle tête d'étude... en remplacement de celle dont vous avez disposé, à ce qu'on m'a dit. Vous n'y perdez pas au change. Et si, quand vous l'aurez vue, vous aviez l'occasion d'en disposer également (c'est-à-dire la vendre...), faites-le hardiment. Je suis content si cela peut vous être utile dans un moment difficile à passer...". Magnifique preuve d'amitié envers un artiste dont l'uvre ne remportait visiblement pas le succès de celle d'Anker ! Notons que Grisel était peut-être déjà malade, car il mourut à Neuchâtel un mois et demi plus tard...
8. APOLLINAIRE Guillaume (1880-1918) Poète français d'origine italienne - Manuscrit autographe, crayon, 1 p. et deux lignes au verso, 8° ; (Paris, vers 1900). Manque à un coin, dès l'origine. (2500.-) 1500.-
Amusant POÈME inédit, de jeunesse, 14 vers improvisés sur le thème du... vendeur de billets de tramway ! "Homme, mets bas ton corps et dresse-toi tout nu / Désespéré pensif, de toi-même inconnu / Cet homme, ce Durand qui donne les billets / Dans le tramway que je prends tous les jours / M'étudie, se demande pourquoi je regarde la Seine / Et pourquoi j'emporte toujours un livre que je ne lis jamais...", etc. Au dos d'une feuille provenant des bureaux où Apollinaire travailla l'espace de quelques mois : la Bourse Parisienne, une officine financière. On peut en effet y lire un texte dactylographié : "... La cote de ces obligations sera demandée dès que le placement sera terminé". Curieux document littéraire et biographique.
9. ARAFAT Yasser (n. 1929) Homme politique et militant palestinien, Prix Nobel de la Paix en 1994 - PHOTO signée, 8° gr. ; (Beyrouth, 30.X.1979). Lettre jointe. (400.-) 250.-
Portrait mi-buste du révolutionnaire encore jeune, barbu et coiffant son habituel foulard. La lettre jointe, signée par le Dr Sami Musallam, est fort significative : "... We hope that your interest in the Palestinian cause will further develop that cause for which our people is fighting Zionism and Zionist Israeli occupation of Palestine. We are fighting to achieve our inalienable national rights - rights to return, to selfdetermination and to establish our indipendent State on the territory of our homeland...".
10. ASTRONOMIE - 6 L.A.S., en tout 11 pp. in-12, in-8 et in-4 ; 1855/1905. (400.-) 200.-
Petite collection comprenant des lettres de l'Allemand Heinrich Louis ARREST (1823-1875 ; très belle page, notamment sur la mort de GAUSS et sur le passage d'une comète en 1855), du Hollandais H. G. BAKHUIJZEN (1838-1923 ; sur la réfraction de la lumière des étoiles, 1864), du Français C. FLAMMARION (1842-1925 ; deux pièces sur la traduction de ses ouvrages, 1905), de l'Autrichien K. L. LITTROW (1811-1877 ; sur une société météorologique, 1871), et de l'Allemand Chr. A. PETERS (1806-1880 ; au sujet d'une grande comète, etc. Altona, 1860). Textes parfois longs et intéressants.
11. AUDUBON John J. (1785-1851) Naturaliste et dessinateur américain - L.A.S. "J. J. A.", 1 p. in-8 obl. montée sur feuille d'album. Rare ! (1600.-) 1000.-
L'artiste - auteur entre autres d'une célèbre description des "Oiseaux d'Amérique" dont on a vendu, ces dernières années, un exemplaire pour la somme de 4 milions de dollars ! - répond "... in a great hury..." à la dernière, aimable lettre de M. Rathborne (William R., le philanthrope, 1787-1868 ?) : "... I am glad you are pleased with the roses. I will not forgot Dr Fraith pray as the excellent pamphlet sent him and have my letters sent also...", etc.
12. AUTRICHE, Rodolphe d' (1858-1889) Archiduc, fils unique de François-Joseph et de "Sissi". Il se suicida avec sa maîtresse à Mayerling - Signature autographe "Rudolf - Wien 28. Novembr. '67" sur feuillet in-12. Joli exemple de son autographe à l'âge de 9 ans ! Rare. (300.-) 200.-
13. AUTRICHE, Rodolphe d' - L.A.S., 2 pp. in-8 ; Albona (Istrie), 7.VI.1885. (1200.-) 800.-
En allemand, au capitaine Wladimir R. GIESL (1860-1934 ?), son aide de camp, pour envoyer, après examen, le "Rapport" du jour. "Puisque demain je ne sais encore si je serai là - écrit-il - faites-moi parvenir les documents de la même manière. En effet, j'attends une lettre de l'Empereur qui pourrait me faire partir... lettre qui m'est annoncée par télégramme...", etc. ("... ein Brief S. Majest-t an mich unter wegs ist..."). En 1885, l'archiduc Rodolphe - peut-être pour fuir les lourdeurs de la Cour de Vienne - vécut plus de 200 jours dans ses pavillons de chasse et il n'est pas impossible que de temps à autre François-Joseph eût à le rappeler à ses devoirs d'hériter présomptif de la couronne impériale!
14. AUTRICHE, ANGLETERRE, RUSSIE (Hommes politiques, etc.) - 6 documents (L.A.S., L.S.
et un manuscrit). (200.-) 120.-
Lettres d'Anton RINTLEN (conjuré dans l'assassinat du Chancelier Dollfüss), C.F. Northumberland, A. Davidow, L. Islawin, etc. Le manuscrit, 7 pp. in-folio, est un "rapport" du XVIIIe "... über die Verfassung des Warasdiner - Generalats und die in selbigem Anno 1755 entstandene Rebellion".
15. BALAKIREV Milij (1837-1910) Compositeur russe, il réunit autour de lui des dilettantes tels que Moussorgski, Cui, Rimski-Korsakov et Borodine : ce fut le fameux "Goupe des Cinq" - L.A.S., 4 pp. in-8 ; Peterhof, 17.VIII.1886. En russe. (2500.-) 1600.-
Intéressante et longue missive à un chef d'orchestre auquel il fait parvenir la partition de ses Chansons géorgiennes. Il envoie aussi des manuscrits de GLINKA, avec prière de les transmettre à une tierce personne et par la même occasion sollicite l'aide de son correspondant en faveur d'une pauvre musicienne de Tiflis, etc. Plus de cinquante lignes de texte qui restent à traduire dans leur intégralité ! Le folklore fut une source importante d'inspiration pour Balakirev ; sans lui, il n'y aurait pas eu de continuateur de Glinka et, peut-être, pas de musique nationale russe...
16. BALZAC, Honoré de (1799-1850) Romancier français - L.A.S., 1 p. in-8 ; "Samedi Saint" (Paris, 6.IV.1844). (3000.-) 2000.-
Au célèbre sculpteur français, David d'Angers, qui venait d'être chargé de l'exécution d'un monument à la mémoire du médecin de Napoléon Ier, le docteur Larrey. "... Jamais un plus noble caractère, une plus belle âme, la vertu sous sa plus belle forme n'aura rencontré de main plus digne de le représenter. Le sculpteur et le modèle sont de la même pâte...". Le romancier dit aussi travailler "... nuit et jour en ce moment..." (aux Petits Bourgeois), ce qui l'empêche d'écrire plus longuement pour rappeler à son ami qu'il se sent l'associé de ses succès... Balzac dédia à David d'Angers - qui fit deux médaillons et un buste de l'écrivain - son Curé de Tours. Quant au monument en bronze de Larrey, il fut terminé en 1846.
17. BARBEY D'AUREVILLY Jules (1808-1889) Ecrivain français - L.A.S., 2 pp. in-8, encre rouge ;
Paris, 31.VIII.(1883). Enveloppe autographe jointe. En-tête : "Never More". (750.-) 500.-
A son confrère Théodore de BANVILLE. "Mon cher Poëte, Le jour que j'ai lu au Gil Blas cette lettre qui m'est arrivée... comme un coup de couteau dans le dos, et qui était un coup de bonheur, lancé en plein cur...". N'ayant pu aller le remercier personnellement, il lui écrit ce qu'il aurait mieux aimé lui dire la main dans la main : "... Vous m'avez rendu heureux de deux manières. D'abord parce que vous pensez à moi [ce] qui fait mon orgueil et ma joie ; et ensuite parce que vous... l'avez dit à la Banville dans une de ces lettres qui n'a de chimérique que son titre...". Suivent quelques explications et des compliments pour le fils du Poète, "... Jeune Delacroix des temps futurs et même prochains ! Vous devez être bien fier de lui..."
18. BARNAVE Antoine (1761-1793) Homme politique français,guillotiné sous la Terreur - L.S., 2 pp. in-4 petit ; Paris, 27.VII.1791. Deux cachets de la célèbre collection américaine Max Thorek. (900.-) 600.-
Il réitère sa demande auprès du ministre des Contributions publiques qui lui avait promis une place de conservateur dans le département du Calvados pour Mr Brunet, dont la conduite et le zèle lui font mériter ce poste. A l'époque où Barnave écrivit cette missive, la Terreur régnait plus que jamais à Paris : Louis XVI avait été arrêté à Varennes et suspendu de ses fonctions, au Champ de Mars on signait la pétition demandant sa déchéance, on massacrait les pétitionnaires, etc. S'étant rallié à Lafayette et aux monarchistes constitutionnels du Club des Feuillants, Barnave fut condamné et guillotiné. Il n'avait que 32 ans...
19. BARRAS Paul (1755-1829) Général et homme d'Etat français - P.A.S., 24°. Quatre lignes de recommandation adressées au ministre de la Guerre. Paris, 16.VI.1798. Extrait d'une pétition, renvoyée "... pour être prise en prompte considération..." ! (150.-) 100.-
20. [Guerre d'Amérique] BARRAS de St Laurent, Louis-Jacques de (1720-v. 1800) Marin français, il fit campagne avec d'Estaing en 1778 et participa à la prise de Grenade. En 1782, il contribua à la victoire de Chesapeake, puis aux combats de Saint-Christophe contre l'amiral Hood - P.A.S., 1/3 p. in-4 ; (Merdes Antilles, 1782). (300.-) 200.-
Le lieutenant général Barras, commandant une division de huit navires de guerre, charge un de ses officiers d'obtenir du magasin général de la marine les fournitures dont il a besoin. Nommé vice-amiral en 1792, Barras refusa ce grade.
21. BAUDELAIRE Charles (1821-1867) Poète français - L.A.S., 1 p. in-8 ; (Paris), 15.IV.1864. (2500.-) 1600.-
A Albert COLLIGNON. "... Je vous serais infiniment obligé de vouloir bien m'envoyer le prix des vers de moi que vous insérés dans votre numéro du 1er mars. J'ignore ce que cela vaut pour... vous ; le prix que vous adopterez sera le prix convenable...". Il veut aussi savoir s'il entend toujours "... imprimer des Poèmes en prose. Je finirai l'ouvrage à Bruxelles et de là j'en enverrai des fragments aux personnes qui m'ont fait l'honneur de m'en demander... je quitte Paris le 19...".
En réalité, Baudelaire ne partit pour Bruxelles que le 24 avril 1864. Installé à l'hôtel du Grand Miroir, il donna là-bas des conférences littéraires. Une mauvaise expérience, car mal payé ; il se défoulera d'ailleurs en écrivant un pamphlet contre cette Belgique dont il espérait tant... Très intéressante missive concernant son uvre poétique.
22. BEAUHARNAIS Stéphanie (1789-1860) Grande duchesse de Bade, nièce de Joséphine, fille adoptive de Napoléon Ier - L.A.S., 2 pp. pet. in-4 ; Bade, 13.VIII.(v. 1818). Papier aux bords gaufrés. (500.-) 350.-
Belle lettre à son cousin (et frère adoptif !), le Prince Eugène de Beauharnais, qui venait de quitter le grand duché après un séjour très mouvementé auprès d'elle. "... J'étais bien empressée... de savoir des nouvelles de votre arrivée... le séjour que vous avez fait ici a été troublé par bien des choses et je crains que vous n'en conserviez pas un souvenir aussi agréable que je l'aurais désiré ! Depuis votre départ, Bade me semble désert, malgré la quantité d'étrangers... et je serais bien plus triste si je ne pensais souvent à Eichst-tt...". Il est ensuite question d'un général s'apprêtant à se rendre à Paris et à Londres, de la Duchesse de Raguse, de Mme Walter et de Mr de Roggenbach. Enfin, "... je vous prie de dire mille choses tendres à Augusta (femme d'Eugène)... mes sentiments pour elle sont ceux d'une amie qui lui est attachée à jamais...", etc. [Voir aussi le numéro 311]
23. BEAUMARCHAIS, Pierre Aug. Caron de (1732-1799) Auteur dramatique fr. : Le Barbier de Séville, Le Mariage de Figaro, etc - L.A.S., 1 1/2 pp. in-12 ; (Paris, ca. 1797). Adresse autographe. (1500.-) 1000.-
Aventurier sans scrupules, libertin, ancien marchand d'armes au bénéfice des insurgés d'Amérique, Beaumarchais fut poursuivi sans relâche par ses créanciers, notamment dans ses dernières années, ce qui n'affecta nullement son esprit vif et intelligent, comme en témoigne la réponse qu'il donne ici à son correspondant : "... Je vous entends, ombre plaintive ! Mais, aussi malheureux que vous, je cours après mes tristes ressources... sans pouvoir en rejoindre aucune... Le payement forcé de mes contributions m'écraze ; quoique je ne les doive pas. Mais on me dit : Paye toujours, et réclâme après, si tu veux..." !
Il espère bientôt rencontrer son correspondant, le malheureux REVEILLON (fabricant de papiers peints au Faubourg Saint-Antoine ; la mise à sac de son atelier, le 23 avril 1789, fut l'un des signes prémonitoires de la Révolution française) et précise : "... si j'ai pu recueillir quelque chose, je vous porterai ma misérable offrande...". Il signe "Le Rentier Beaumarchais"...
24. BERLAU Ruth (1904-1974) Ecrivain allemand, l'une des égéries de Bertold Brecht avec qui elle collabora dès 1935. Co-auteur des pièces La Bonne Ame de Se-Tchouan, Galileo Galilei, Monsieur Puntila et son valet Matti, etc. - P.A.S. "Ruth", 1 p. in-8 ; Berlin, 16.V.1967. Autographe peu commun. (300.-) 200.-
Page de garde extraite du livre Rosa Luxembourg - Briefe aus Gef-ngnis, avec une "dédicace" sans nom : "Danke für ALLES. Hoffe immernoch dass ich dir wieder helfen kannst so sehr hast du dich einverlobt MENSCH...".
25. BERLIOZ Hector (1803-1869) Compositeur français, créateur d'un univers sonore inouï - L.A.S., 1 p. in-8 ; (Paris, hiver 1842/1843 ?). Petits défauts dans la marge gauche, loin du texte. (1200.-) 800.-
A son ami Joseph d'ORTIGUE (1802-1866), critique musical qui avait remplacé Berlioz au Journal des Débats. Le compositeur l'invite à venir "... manger quelques truffes dont on m'a fait cadeau, avec Morel et Osborne. Je compte sur toi...".
Le Marseillais Auguste MOREL (1809-1881), lui aussi compositeur, vécut à Paris de 1836 à 1850 et fut un intime de Berlioz avec lequel il échangea une intéressante correspondance. Quant à l'Anglais George OSBORNE (1806-1893), il était pianiste et ami de Chopin et résida à Paris de 1826 à 1843 ; il employa cette dernière année à traduire en anglais le "Grand Traité d'instrumentation et d'orchestration modernes" de son ami Berlioz.
26. BERTHIER Alexandre (1753-1815) Maréchal d'Empire, l'un des officiers les plus proches de Napoléon Ier - L.A.S., 2/3 p. in-folio ; Paris, 19.IV.1798. Léger manque (réparé) à la marge gauche, loin du texte. En-tête gravé : Bonaparte Général en Chef (mots rayés par Berthier qui les a remplacés par son nom...), avec la superbe grande vignette dessinée par Appiani (B.&B. n° 119). (1200.-) 800.-
Préparatifs pour l'expédition en Egypte. Berthier revient d'Italie et en informe son ami, le général BRUNE. "... Je suis arrivé icy bien portant... et je me dispose à suivre le général Bonaparte. J'espère que bientôt nous nous verrons avec vous...". Il en profite pour le prier de faire partir pour Gênes, "... pour y être embarqué...", l'adjoint aux adjudants généraux. Intéressante pièce pour le moment historique auquel elle se réfère ainsi que pour l'utilisation par Berthier du papier appartenant au général Bonaparte.
27. BITAUBÉ Paul-Jérémie (1732-1808) Littérateur allemand, traducteur de l'Iliade et de l'Odyssée - L.A.S., 1 p. in-4 ; Paris, 13.IX.1800. Deux petites fentes restaurées. Portrait gravé joint. (500.-) 350.-
Lettre accompagnant l'envoi d'un "... opuscule... faible marque des sentiments que je vous ai voués et qui durerons autant que ma vie. Ils sont aussi invariables que mes principes républicains,... nés avec moi, et dont je n'ai jamais dévié, ni sous l'empire d'un roi, ni dans les fers, ni dans ce temps de tiédeur...". A cet envoi, Bitaubé joint un poème intitulé Les Bataves, "... que je ne vous envoyai point lorsqu'il parut [1797], parce que vous étiez trop profondément occupé. Veuillez y jeter les yeux...", ainsi que sur trois autres Mémoires sur la Politique d'Aristote : "... Vous y trouverez quelques preuves de ce que je vous dis ici sur mes principes...". Très beau texte (destiné au Premier Consul Bonaparte ?) de ce littérateur né à Koenigsberg et mort à Paris.
28. BÖCKLIN Arnold (1827-1901) Peintre, dessinateur et sculpteur suisse - L.A.S., 1 2/3 pp. in-8 ;
Kreuzplatz, Zürich, 26.I.1887. (2000.-) 1200.-
Importante et curieuse missive au sujet d'un article proposant la construction d'une... machine aérienne ! Böcklin fait remarquer à son correspondant, un savant allemand, qu'il a omis de mentionner, dans son texte, son choix sur "... der Flugapparat... Wenn -hnlich meine Beobachtungen des Vogelsfluges richtig sind, so ist die Behauptung nicht zu gewagt, dass ein Apparat mit verstellbaren Fl-chen und der F-higkeit, den Flug zu beschleunigen, dasjenige ebenfalls zu leisten im Stande sein müsste, was wie einen Flieger ersten Ranges leisten sehen...". Il ne reste maintenant qu'à décider de la construction, d'en définir les dimensions, etc. Si nécessaire, Böcklin enverra quelques dessins "... welche die Idee besten danlegen werden..." ; il est aussi prêt à se rendre à Berlin si le projet devait se réaliser. On connaît l'intérêt de Böcklin pour le fantastique, et l'aviation était encore alors de ce domaine !
29. BRAHMS Johannes (1833-1897) L'illustre compositeur allemand - L.A.S. "J. Brahms", 1 p. in-8 ; (Vienne, vers 1885). (2600.-) 1800.-
Missive vraisemblablement inédite, adressée à un poète de langue allemande qui aurait aimé voir ses vers transformés en Lieder de Brahms ! Le compositeur est de retour d'un voyage et ne compte rester chez lui que quelques jours ; il s'empresse donc de renvoyer le poème en donnant brièvement son opinion ; en effet, si "... Ihr Gedicht... mich zwar recht sehr interessiert hat, für eine musikalische Behandlung jedoch recht schwierig erscheint..." ("... Le poème l'a intéressé mais, musicalement parlant, il considère son utilisation très difficile..."). Qui peut bien être ce poète dont Brahms refuse de mettre en musique les vers ?
30. BUFFON Georges (1707-1788) Naturaliste français - L.S., 2 pp. 4° ; Montbard, 15.VII.1781. (800.-) 500.-
Le comte de Buffon rédigea sa célèbre Histoire naturelle en partageant son temps entre le Jardin du roi à Paris et son domaine de Montbard où rien n'était épargné en vue du progrès des Sciences. Dans cette lettre, il prend en compte les observations de son correspondant "... sur le chauffage de nos serres avec le charbon épuré. Je pense... qu'avant de les rendre publiques, il faut les répéter dans une autre saison, c'est-à-dire en hiver, surtout pendant la gelée, et lorsque les serres sont remplies de plantes autant qu'elles peuvent l'être...". Le naturaliste envisage donc de poursuivre ses essais avant de publier un quelconque texte sur le sujet, etc. Puis, ayant quelques problèmes avec son banquier, il ajoute : "... Je voudrais que Vous fussiez aussi content de votre banquier que vous l'êtes du succès des autres affaires, mais en vérité ce banquier se comporte très mal...", et Buffon d'expliquer les raisons de son mécontentement, etc.
31. BUONARROTI Filippo-Michele (1761-1837) Révolutionnaire italien. Orateur jacobin et conventionnel - L.A.S., 1/2 p. in-4 ; Paris, 4.V.1831. Adresse autographe au dos. (800.-) 500.-
De retour en France après la révolution de 1830, il adresse cette lettre à un fonctionnaire du ministère de l'Intérieur à Bruxelles, ville où il avait vécu quelques années. "Mon cher ami, Ne croyez pas que je vous aie oublié... je vous donne une preuve de mon souvenir et de mon estime en vous adressant le Citoyen Porro (le patrioto italien, Luigi PORRO, 1780-1860) mon ami, qui se rend en Belgique avec une mission d'un grand intérêt pour l'Italie qui s'efforce de conquérir sa liberté...". Puis, plus loin : "... Ici nous gémissons mais nous ne désespérons pas. La fausse philosophie ne vous fait pas moins de mal qu'à nous ; il y a bien des vices à déraciner et ce n'est pas l'ouvrage de la faiblesse et de la corruption...". Il donne son adresse, qui est "... tout simplement : à J. J. Raimond, Rue S. Lazare N. 124".
Resté révolutionnaire impénitent, Buonarroti vivait modestement à Paris du médiocre produit de leçons de musique, sous le nom de J. J. Raimond. Autographe rare et très intéressant.
32. BYRD Richard E. (1888-1957) Explorateur polaire américain - L.S., 1 p. in-4 ; Chicago, 16.XI.
1926. Joli en-tête illustré du New Hotel Sherman. (300.-) 200.-
Il transmet la copie d'une lettre de la "... Harvard Engineering Society which speaks for itself...", ainsi que le message reçu d'un membre de l'Expédition réclamant la présence de Byrd au meeting des aviateurs de New Haven.
Six mois plus tôt, le 6 mai, Byrd et Bennett avaient effectué le premier survol du Pôle Nord à bord d'un trimoteur Fokker.
33. [Goethe] BYRON, George Gordon Noel, Lord (1788-1824) Le grand poète anglais - COPIE
d'une de ses lettres, transcrite ici par Ottilie von GOETHE (1796-1872), 1 p. et deux lignes, in-folio ;
Livourne (Toscane), 24.VII.1823. (1500.-) 800.-
Texte complet de la fameuse lettre adressée par Lord Byron au poète allemand J. W. von GOETHE. "Illustrious Sir... it would but ill become one to pretend to exchange verses with him who for fifty years has been the undisputed Sovereign of European literature. You must therefore accept my most sincere acknowledgment in prose, and in hasty prose too. For I am at present on my voyage to Greece... I sailed from Genoa... and arrived here... this morning to receive on board some Greek passengers for their struggling country...". Byron s'en retourne en Grèce pour voir, dit-il, s'il peut être de quelque utilité et "... if ever I come back I will pay a visit to Weimar, to offer the sincere hommage of one of the many millions of your admirers...". Ce voyage en Grèce sera hélas sans retour. Témoignage extraordinaire de la popularité dont jouissait Goethe de son vivant et de l'extrême modestie dont faisait preuve Lord Byron face à l'illustre poète allemand, ce document exceptionnel porte en tête, également de la main d'Ottilie, les mots suivants : "Brief von Lord Byron an meinen Schwiegervater".
34. CALVÉ Emma (1858-1942) Soprano français - PHOTO signée et datée, 8°. 1896. (350.-) 200.-
La chanteuse pose de face, assise sur une grande chaise de style baroque ; elle revêt une robe sombre brodée, aux courtes manches bouffantes, et un bouquet de fleurs posé sur la poitrine fait l'effet d'une énorme broche. Cliché Reutlinger du XIXe siècle. Les photos de cette époque d'Emma Calvé - restée célèbre pour avoir chanté dans les premières de Sapho et La Navarraise de Massenet, ainsi que dans L'Amico Fritz et la Cavalleria Rusticana (en France) de Mascagni - sont peu communes !
35. CANOVA Antonio (1757-1822) Sculpteur italien, l'un des maîtres du Néo-classicisme - L.A.S., 1 p. in-4 ; "Dallo Studio" (Rome), 12.VI.1813. En italien. (500.-) 350.-
A un personnage de la noblesse romaine - peut-être le Prince BORGHESE, époux de Pauline Bonaparte que l'artiste avait représenté en Vénus dans son célèbre portrait de 1804 - en réponse à l'envoi de trois vases fleuris : "... Il motivo che mi fa godere tal dono, gli augurj faustissimi..., sono una testimonianza del Loro bell'animo impareggiabile. Questi fiori periranno..., ma nel mio cuore e nella mia mente non perirà mai la rimembranza di quella benevolenza di cui Loro adornano la mia vita. La prego di farsi interprete di questi miei candidi sentimenti presso l'adorabile Principessa e Mad.ma la Contessa...", etc.
Au printemps 1813, le sculpteur avait été invité à Naples pour y exécuter les portraits de Murat et de Caroline Bonaparte.
36. CARNOT Hippolyte (1801-1888) Fils du grand Carnot. St-Simonien, révolutionnaire en 1830, député, puis min. républ. en 1848. Père de Sadi-Carnot - L.A.S., 2 1/3 pp. in-8 ; "1er mai" (Paris 1848 ?). (200.-) 120.-
A un "Cher Collègue" (vraisemblablement le poète Alphonse de LAMARTINE, ministre des Aff. étrangères en févr./mai 1848) pour lui faire savoir que son "... jeune parent Mr Sautereau... se décide à partir pour l'Angleterre sans repasser par Paris. Il sera à Londres aujourd'hui ou demain et pourra par conséquent y voir encore Mr de Jarnac...", etc. Carnot, qui est lui-même ministre (de l'Instruction publ., févr./juillet 1848) demande de pouvoir utiliser la voie diplomatique pour transmettre un message urgent, etc. C'est précisément en juillet 1848 que le comte Philippe de Rohan-Chabot-Jarnac (1815-1875) laissa son poste à l'ambassade de Londres après avoir servi durant une dizaine d'années au nom du roi Louis-Philippe. D'autre part, "le jeune parent Sautereau" devrait être le baron Félix SAUTEREAU du Part, futur directeur des haras et époux de Clémence OSPINEL-CARNOT.
37. CARNOT Lazare (1753-1823) et COLLOT D'HERBOIS Jean-Marie (1750-96, déporté en Guyanne) Conventionnels - P.S. par les deux, 2 pp. in-fol. ; Paris, 7.I.1794. En-tête impr. avec vignette. (400.-) 250.-
Les deux conventionnels, membres du Comité de Salut Public, authentifient la copie d'un arrêt du 18 Nivose relatif aux "... ressources que présentent les forêts et les mines de fer des environs de la commune de Chambéria [Jura] ... utiles à la deffense de la République...". Le Comité décide l'envoi d'un spécialiste afin d'en évaluer les avantages pour l'établissement d'une fonderie de canons en fonte de fer pour la Marine, "... sans cependant employer pour moteur la machine à vapeur... qui ne convient que dans un lieu comme Le Creuzot, où le charbon de terre est abondant...", etc.
La machine à vapeur, perfectionnée par James Watt, n'avait fait son entrée dans l'industrie qu'au début des années 1780.
38. CAVOUR Camillo, Comte de (1810-1861) Homme d'Etat piémontais, l'un des fondateurs du royaume d'Italie, lequel fut proclamé l'année de sa mort - L.A.S., 1/2 p. in-4 ; (Turin), 2.VI.1847. Adresse et marques postales sur la IVe page. (750.-) 500.-
Cavour n'est encore qu'un homme d'affaires commercialisant les produits de ses terres agricoles, expérience qui, jointe à son bagage intellectuel d'économiste libéro-scambiste, à l'image de l'anglais Sir Robert Peel, le portera bientôt au pouvoir. Au moment où il écrit cette lettre, en Angleterre on abrogeait les Corn Laws, lesquels avaient longtemps protégé le marché intérieur britannique des blés. Cavour s'adresse à des marchands de produits agricoles, les Warrain et Cie, marseillais d'origine anglaise, pour les prier de vendre "... dans le courant du mois actuel, au moment que vous jugerez le plus opportun, mes 100 sacs de riz...", sa décision ayant été prise en fonction de "... ce que vous me dites sur les frais de transport de Marseille à Lyon...", etc.
39. CÉLINE Louis-Ferdinand (1894-1961) Ecrivain français - L.A.S., 3/4 p. 4° datée "Le 16 décembre" [Paris, 1936]. Papier à son adresse. (800.-) 500.-
Deux semaines après le fiasco, au théâtre des Célestins à Lyon, de sa pièce L'Eglise, Céline prie instamment Mr Boroy, de Prague, de donner son accord à Mr Cink qui veut faire représenter l'uvre dans la capitale tchèque : "... Je comprends les très bonnes raisons que vous m'opposez... Cependant il m'amuserait assez qu'elle remporte un échec à Prague et Mr Cink aussi puisqu'il veut tenter sa chance et qu'aucun théâtre en définitive ne veut la tenter..." ! Il faudra attendre l'adaptation italienne de 1967 et, sous la direction de François Joxe, la première reprise française de 1973 pour revoir "L'Eglise" sur une scène de théâtre... Inédite.
40. CHARLES IX de Valois (1550-1574) Roi de France dès 1559, fils d'Henri II et de Catherine de
Médicis. Il ordonna a contre-cur le massacre de la Saint-Barthélemy - P.S. "Charles", 1 p. in-folio obl., vélin ; "Donné à Boullougne", le 1er juillet 1568. (1500.-) 1000.-
"Charles par la grace de Dieu Roy de France" ordonne à son "... feal conseiller et tresorier de n.re espargne, Ms Raoul Moreau..." de payer comptant à "... N.re cher et bien aimé le Sr de Myrabel, François de Lodun... la somme de douze cens Livres... pour luy ayder a supporter les frais et despences qu'il a esté contrainct faire à ceste occasion...", etc. Contresignée par son ministre DUBOIS.
41. CHARLES X de Bourbon (1757-1836) Roi de France de 1824 à 1830 - L.S. "Charles-Philippe", et compliments autogr., 1 p. 4° ; Versailles, 6.I.1783. En IVe page, adr. et cachet de cire sur fils de soie. (500.-) 300.-
Le futur roi de France, alors Comte d'Artois, s'empresse d'annoncer au roi de Naples, Ferdinand IV de Bourbon-Espagne, "... la naissance de la Princesse dont... mon Epouse et Compagne est accouchée heureusement ce matin...". Il s'agit de la petite Sophie, dernière née du couple princier.
42. CHATEAUBRIAND, François-René de (1768-1848) Ecrivain et homme politique français - L.A.S., 3 pp. in-8 ; Paris, 22.I.1831. Pli central renforcé. (600.-) 400.-
Son abdication politique prononcée, après la révolution de juillet 1830, l'ancien Pair de France, désormais dépouillé de toutes ses charges et pensions, prépare son exil à Genève. Il écrit en effet : "... ma position m'oblige à ressesir plus que jamais ma vie dans le cercle étroit de ma fortune...". Il nous livre ensuite quelques précisions historiques, notamment sur ses rapports avec M. de Courchaud, connu "... en 1815 à Bruxelles, lorsque je suivis le Roi à Gand ; ainsi je n'ai pu lui écrire trois mois avant la mort de M. de Duc d'Enghien...", en 1804 ! La Gazette de France, journal d'opposition modéré sous le gouvernement de Juillet, lui inspire peu de considération ; selon lui, elle "... use de la liberté de la presse ; je ne la lis jamais et ne m'en enbarrasse point du tout..." !
Avant son départ pour la Suisse, durant l'hiver 1830/1831, Chateaubriand acheva de mettre au point les trois volumes de ses Discours politiques, et "magnifiquement il se rua dans la pauvreté", comme il l'écrivit à Madame de Récamier...
43. CHATEAUBRIAND, Mort de - TISSOT Pierre François (1768-1854) Littérateur français -
L.A.S., 1 p. in-8 montée sur feuille d'album ; (Paris, juillet 1848). Traces de colle. (200.-) 120.-
Chateaubriand était mort le 4 juillet. Tissot prie le rédacteur d'un journal de publier "... la triste nouvelle contenue dans la note ci-jointe. Je vous prie également de me réserver une place pour deux articles que je me propose de faire sur l'illustre écrivain...". Il transmet aussi une note concernant "... un jeune avocat qui a combattu en brave dans les journées de février [1848]...", etc.
44. CHAUSSON Ernest (1855-1899) Compositeur fr. Disciple de César Franck, il en a subi l'influence autant que celle de Wagner - L.A.S., 2 pp. in-8 ; "vendredi" [Paris, 31.XII.1886]. Enveloppe. (200.-) 120.-
Il n'a pu voir la veille M. Fouché, et se demande ce qu'il pouvait bien avoir à lui dire : "... D'Indy et Fauré m'ont parlé il y a quelques temps d'un projet de concerts. Etait-ce pour cela ?...". Le nom de Fouché ne lui est pas inconnu ; il croit se rappeler avoir été en contact avec lui, une année auparavant, au sujet de la continuation des concerts Godard, etc. Au compositeur et musicologue français Charles-Théodore MALHERBE (1853-1911).
45. CIORAN Emil (1911-1995) Ecrivain roumain - L.A.S., 1 p. in-8 pleine ; Paris, 23.I.1985. Enve-
loppe autographe jointe. Autographe peu commun. (350.-) 200.-
Réponse à un journaliste hollandais désirant obtenir une interview : "... I am unable to give you either a positive or a negative answer... it is not in my nature to take decision in advance. I would suggest you should ring me up... before you start on your journey...". L'écrivain lui rappelle d'autres interviews allemandes, qui furent publiées dans le journal Handelsblad, etc.
46. CLÉMENCEAU Georges (1841-1929) Homme d'Etat français, surnommé "Le Tigre" - Manuscrit autographe complet, 4 pp. in-4 ; [Paris,août 1914]. Papier défraîchi par endroits (traces d'utilisation laissées par le typographe). Au dos de feuillets à en-tête du Sénat. (500.-) 350.-
Texte particulièrement intéressant, intitulé "Le bloc français", paru dans le quotidien radical L'Homme libre, fondé en 1913 par Clémenceau ; durant la Première Guerre mondiale, celui-ci changea le titre du journal qui devint L'Homme enchaîné et... une arme redoutable dirigée contre les généraux médiocres. Le "Tigre" fait état de la situation politico-militaire en Europe au tout début de la Grande Guerre, tentant de minimiser les défaites françaises et ridiculisant les Allemands qui, aux Dardanelles par exemple, semblent fuir les combats, etc. "... Chez nous... je ne découvre que des bons signes. Aucun mécompte dans la mobilisation... Si le moral de la troupe est admirable, que dire du pays lui-même qui, sans un seul propos de discordance, s'ordonne, se discipline... un phénomène de psychologie publique que nos grands observateurs allemands n'avaient pas prévu...". L'optimisme de Clémenceau allait être stoppé net quelques jours plus tard par les événements des Ardennes, de Charleroy, de la Marne, de la Moselle, etc.
47. CLÉMENT XI - Albani - Bulle en son nom sur parchemin, 1 p. in-4 obl. ; Rome, 1716. Avec
sceau de plomb pendant sur cordelette. (300.-) 200.-
Bulle papale accordant un "indultum" aux membres d'une famille du diocèse de Brescia. Bonne impression du sceau de plomb aux effigies de S.S. Pierre et Paul, relié au document par une cordelette de chanvre signifiant qu'il s'agissait-là d'un acte rendant justice au destinataire.
48. [Victor Hugo] CLÉSINGER, J. B. Auguste (1814-1883) Sculpteur fr., gendre de George Sand dès 1847 - L.A.S., 1 p. in-8 ; (Paris), 25.II.1851. (200.-) 120.-
"Bien Grand Artiste... nous désirons voir paillasse... Vous savez que je suis à vos ordres pour votre buste et que Mr Victor Hugo me l'a commandé. Je le ferai, puisque cela doit être et que c'est beau à faire...". A un acteur de la Comédie française.
49. COLBERT Jean-Baptiste (1619-1683) Homme d'Etat et économiste français, il tenta de réorganiser l'administration royale et développa le système des intendants - P.S., 2/3 p. in-4 ; Paris, 3.XII.1660. (500.-) 350.-
Colbert, "... Recepveur général de l'abaye de St Germain d'Auxerois pour Monseigneur l'Eminentissime Cardinal Mazarinj, Duc de Nivernois, Donziois et Mayaine, pair de France, paiera par chacune des années que restent à expirer de son Bail aux quatre gardes des Bois et des chasses... commandés par Monsieur de la Mote... la somme de trois cens livres...", etc.
Le futur adversaire de Fouquet avait en effet commencé sa carrière au service de Mazarin, dont il gérait la fortune personnelle ; notre document en témoigne. Autographe rare, de cette époque !
50. COLETTE, Sidonie Gabrielle, dite (1873-1954) Romancière française - L.A.S., 2 pp. in-4 obl. ; (Paris, vers 1941). (500.-) 300.-
Lettre pleine de sensibilité adressée à son amie de toujours, la pianiste Misia SERT (1872-1950), désormais presque aveugle, dont Colette vient de recevoir un cadeau : un de ces arbres miniatures, fantaisistes bonsaï japonais, que l'artiste aimait à fabriquer avec du jade et du corail. "Mon Dieu... mais je n'ai rien fait qui mérite cela ! - s'exclame la romancière - C'est si beau que ça devrait être une récompense. Tu me rends heureuse en plantant près de moi ce petit arbre rutilant... Je sais comment tu travailles, presque magiquement, sans regarder, avec des doigts qui voient... Je voudrais tellement que la vie te contente... Chère Misia... ton arbre est mon arbre de Noël. Je t'embrasse tendrement...", etc. [Voir aussi le numéro 344]
51. CONCINI Concino (1570-1617) Aventurier italien, maréchal d'Ancre. Massacré sur le pont du Louvre et sa femme condamnée au bûcher - L.A.S., 1 p. in-folio ; "le 15me de Sett.e à 6 heures du soir". Adresse autographe au dos. Restauration dans la marge gauche. Autographe très rare ! (1500.-) 1000.-
"...Monsieur de Nenstan (?)... je saurez d'advis que vous vous reteurnassiez ici et que vous metiez l'ordre dans Mont-Didier qu'il vous plaira et semblera plus à propos... Fètes mes raccomandations à Mons.r de Courtenai, lequel je croy qu'il sauret fort à propos que il revient avec vous... pours que les ennemis, tournant la teste de deça,... vous pourrez très facilmant et sans danjer m'emmener la Compagnie...", etc.
Missive datant probablement de l'époque où Concini - qui, après la mort d'Henri IV jouissait des faveur de la reine Marie de Médicis, dont Madame Galigaï-Concini était la femme de chambre... - avait obtenu le gouvernement d'Amiens (vers 1613) avant de devenir, de par son ambition démesurée, le véritable Premier ministre de France, lui qui, comme le démontre la présente lettre, ne connaissait pour ainsi dire ni la langue de ce pays, ni... les lois !
52. CZIFFRA Georges (1921-1994) Pianiste hongrois, naturalisé français, il donna son premier concert à l'âge de cinq ans - Correspondance A.S. ou S., 20 pièces, 1968/1977. Pièces jointe (500.-) 300.-
Correspondance amicale échangée avec une admiratrice, son élève, membre de la fondation CZIFFRA/LISZT de Senlis. Lettres, cartes, invitations, programmes, etc., certains signés aussi par le jeune G. Cziffra jr. (1942-1981), chef d'orchestre. On joint un enregistrement original 45 tours de Cziffra, disque enregistré au bénéfice de la restauration de la Chapelle Royale de Senlis, ainsi qu'un porte-clés édité lors du Xème anniversaire de la "Cziffra Productions"
53. CZARTORYSKI Adam (1770-1861) Prince pol., général, patriote, président du gouv. prov. puis national de Pologne après la Rév. de 1830. Exilé en France dès 1831 - L.S., 1 p. 4° ; Paris, 12.XI.1833. (250.-) 150.-
A l'économiste français, Adolphe BLANQUI (1798-1854), qui a accepté d'accueillir dans son école de commerce deux exilés polonais. Ces deux nouveaux élèves seront accompagnés par M. Trzetrzewinski, déjà membre de l'école. "... Si vous avez des observations à faire... je vous prie... de vouloir bien les communiquer à M. le Comte César PLATER..." (1810-1869), l'ancien héros de la révolution en Lituanie.
54. D'ANNUNZIO Gabriele (1863-1938) Poète, romancier et patriote italien, propagateur de la culture européenne contemporaine dans un pays encore entaché de provincialisme - L.A.S., 3 pp. in-4 ; (Paris, vers 1911 ?). Papier à son en-tête gravé ("Per non dormire"). (500.-) 350.-
"... irez-vous ce soir chez Madame de Saint-Point entendre le sublime Musicien (Debussy ?) interprète des dieux cachés ?...", écrit D'Annunzio à un très cher ami qu'il qualifie "... la générosité même...". Le poète serait content de l'y retrouver car "... il s'agit de sauver cette jeune et vaillante revue qui s'appelle Montjoie. Les conditions du directeur sont désespérées. Le déficit... n'est que de 3800 francs... Avez-vous lu le bel article de Maurice Verne... dans l'Intransigeant ?... Nous ferons encore quelques nobles songes..." !
55. DANSE : Amalia FERRARIS (1830-1904) Une des plus célèbres danseuses it. de son temps - Dédicace A.S. tout près de son portrait lithographié reproduit sur la couverture d'une partition complète (Ferraris-Polka, sur des motifs du Ballet "Les Elfes"). In-folio. Bon état de conservation. Rare. (500.-) 300.-
56. DANSE : Cia FORNAROLI (1888-1954) La grande prima ballerina italienne - L.A.S., 4 pp. in-8 gr. ; (Milan), 5.IX.1925. Trous de classement. (300.-) 200.-
"... ho saputo che Bolm non è scritturato al Metropolitan... Egli ha messo in scena Petrouchka a New York mentre c'era Fokin stesso... Ho pure saputo... che Koller, coreografo di Monaco e Vienna, mette in scena questo balletto in modo se non superiore a Fokin, certamente molto originale...", etc. Elle évoque sa situation, qui ne doit pas être oubliée ; le Maestro Toscanini la soutient. "... Credo che il M° Cecchetti potrà darLe informazioni su Bolm...", etc.
57. DANSE : Gaetano GIOJA (1768-1826) Illustre danseur et choréographe italien, il composa 221 ballets ! - P.A.S. (deux fois), 1 p. in-8 ; Florence, 12.II.1818. Pièce signée jointe. (500.-) 350.-
Exigences ("Pretesa") du choréographe. "... Per un anno... cinquecento ducati mensualmente,... Palco,... due mesi di Licenza...", ajoutés aux frais de logement et de voyage de Venise à Naples pour lui et son épouse, etc. Intéressants détails ! On joint une P.S. pour reçu, délivré au caissier du théâtre de Naples pour "... composizione del Ballo : Cesare in Egitto..." qui lui fut payé en tout 7000 francs ! Naples, 14.VII.1825.
58. DANSE : Charles LE PICQ (1749-1806) Un des plus grands danseurs du XVIIIe siècle - L.S.,
2 pp. in-4 : (Londres), 12.IX.1782. Autographe rare. (750.-) 500.-
Importante missive à un directeur de théâtre (Naples ?) pour lui signaler que, lors de son voyage de Paris à Londres, "... il giovine Vestris ha fatto contratto colla Accademia Reale di Parigi per sei anni, colla clausola, ch'egli potrà ogni due anni avere una licenza di sei mesi per poter ballare altrove : in conseguenza... egli è digià scritturato... in Londra...". Il lui a été en outre impossible de découvrir à Paris d'autres couples de danseurs : "... vidi con mio stupore, che la Francia non è più la sede del Ballo, come altre volte era meritatamente creduta, attesa la scarsità di talenti...", etc.
59. DANSE : Charles LE PICQ - Belle L.S., 1 p. in-4 ; Londres, 24.VII.(1785 ?). Rare ! (500.-) 350.-
Le danseur sollicite la puissante protection de son correspondant ("Votre Excellence") "... Si je quittois Londres dans ce moment je perdrois non seulement les 1400 guinées qui me sont dues... mais 1400 autres que j'y gagnerai cette année...", etc.
60. DANSE : Charles LE PIQ - Extraordinaire L.S., 3 pp. in-4 ; (Naples, 1785 ?). (1200.-) 800.-
La première partie de la lettre est consacrée aux changements apportés au ballet Adelaïde à la suite de la démission du danseur Banti, dont on a dû supprimer le rôle, "... non potendo in nessuna maniera farlo supplire da un Figurante...". Le Picq a pensé faire "... eseguire dalla truppa tutti i fatti d'armi, e per dar tempo d'illuminarsi e sittuar l'ultima scena grande dei cristalli, feci far un piccolo ballo grotesco dai Guglielmi...", etc. Ces modifications ont entraîné l'orchestre dans des erreurs ayant mécontenté le public, qui a alors sifflé les danseurs... Offensé, Le Picq fut presque incapable de continuer son interprétation : "... nelle tre uscite a solo che feci si avanzarono a tal segno le fischiate che oppresso da un tale affronto non mai occorsomi in alcun teatro, e non meritato,... mi levò l'uso delle forze...", etc. Il demande que justice lui soit rendue. Rare et important document biographique.
61. DANSE XIXe siècle - 8 L.A.S. + 1 lettre circulaire + 1 portrait de personnalités du monde de la danse, en tout 18 pp. in-8 et in-4 datant des années 1802/1871. (600.-) 350.-
Intéressante réunion de documents nous apportant un témoignage vivant sur l'activité artistique de chacun de leurs auteurs, ainsi que de nombreux détails sur la monde de la danse au XIXe siècle. Parmi les signataires, citons Cesare CECCHETTI (1871, père d'Enrico et de Pia, dont il est ici question), Antonio COPPINI (1863), Luigia DEMORA (1804, danseuse ; relative à son engagement pour la saison 1805), Dominique LEFEVRE (Naples, v. 1800 ; concernant les danseurs Angiolini, etc.), Stella NEGRI (3 pièces, de 1870/71. Danseuse ; au sujet de ses engagements, du succès de ses spectacles, etc.), Giuseppe ROTA (1864, compositeur à Trieste), Maria TAGLIONI (lettre circulaire annonçant ses cours de danse) et portrait orig. lithographié in-4 de Ginevra VIGANÒ "nel passo a solo, il Sauting-Boll".
62. DANSE XXe siècle - 8 lettres de danseurs ou relatives à la danse, 23 pp. 8° et 4° ; 1921/62. (300.-) 200.-
Lettres de Liliana ALOJ (1942), Cyril W. BEAUMONT (1928), Carla FRACCI (1962), Olga PREOBRAJENSKY (lettre d'un anonyme, la concernant ; 1921), Max SEMMLER (1926), Princesse ABKHASI (2), Britta SCHELLANDER, etc. Joint : 7 invitations avec photos de jeunes danseuses qui se produiront à La Scala pour leur "Passo d'addio" à l'école d'Emée BULNES ; Milan, 1954/1957.
63. DIEFENBACH Laurent (1806-1883) Philologue, ethnologue et romancier allemand - Manuscrit A.S., 14 pp. in-folio ; (Offenbach, vers 1861). (400.-) 250.-
Commentaires érudits sur deux ouvrages venant d'être publiés ("Monuments des anciens idiomes gaulois", par H. Monin, et "Wanderung in das germanische Alterthum", par H. Künssberg). L'auteur dit examiner les deux textes ensemble "... weil sie beide die altgallischen Sprachdenkmale, mit einschlusse der Inschriften und der Eigennamen, zum Gegenstande haben, obwohl das deutsche Werk sie nur in zweiter Stelle als Belege und Stützen für geschichtliche S-tze abhandelt...", etc. Texte long et intéressant.
64. DU BARRY, Jeanne Bécu, Comtesse (1743-1793) Favorite de Louis XV - L.A.S. "La comtesse du Barry", 3/4 p. in-8 obl. ; Louveciennes, 22.IX.1784. (2000.-) 1200.-
La célèbre favorite - qui mourra tragiquement sous la guillotine ! - prie "... Monsieur Callibeaux de payer au sieur L'abbé, marchand de bois, dans le mois de février prochain, la somme de deux mille livres...", somme dont elle promet de lui tenir compte. La pièce porte, au dos, la signature du créditeur.
65. DUCOMMUN Elie (1833-1906) Pacifiste suisse, journaliste, écrivain et homme politique. Prix Nobel de la paix en 1902 - Poème A.S., 2 pp. in-8 gr. ; (Genève, 1859). Fente réparée. (1200.-) 800.-
Poème complet intitulé "L'hospitalité suisse", 40 vers d'une chanson ("air : ces pauvres rois, ils seront tous noyés") composée par Ducommun alors jeune journaliste radical, directeur de la Revue de Genève. Le pacifiste y lance un véritable cri de... guerre contre Napoléon III qui, dans l'affaire de la Savoie (1859/60), se laisse guider par des intérêts exclusivement français : "... Napoléon, tu te ris de l'histoire... / Pauvre exilé, dans notre humble demeure / Quand tu venais partager notre pain... / Tu fus reçu comme on reçoit un frère... / Mais aujourd'hui, dans la prospérité / Tes bras vers nous s'étendent pour la guerre... / Pour assouvir ta rage despotique / Du Deux décembre... / Ton pied maudit sur le sol helvétique /Vient apporter un parjure de plus ! / N'as-tu pas fait à la rouge bannière / Serment d'amour et fidélité ?...", etc. Les autographes d'Elie Ducommun, troisième Suisse à avoir reçu, en deux ans, le prix Nobel de la paix, sont assez rares ; cette pièce est de plus, de par son texte, tout à fait exceptionnelle.
66. DUFOUR Guillaume Henri (1787-1875) Général suisse, il commanda les opérations de la guerre du Sonderbund en 1847. Co-fondateur de la Croix-Rouge - L.A.S., 1 p. 4° gr. ; Lucerne, 28.VII.1843. (900.-) 600.-
Créateur, en 1819, de l'école militaire de Thoune, le "Quartier Maître gen.l" Dufour s'adresse ici a l'un de ses plus proches collaborateurs, l'instructeur en chef Louis AUBERT (1813-1888) pour l'entretenir d'un problème d'enseignants à ladite école. Le futur général est d'avis que lorsqu'un "... Instructeur est formé, il serait bon pour le bien de l'instruction, qu'il continuât au moins pendant quelques années...", ce qui n'empêche pas qu'il y ait "... évidemment... de l'avantage à ce que plusieurs officiers y soient successivement appelés...". C'est pourquoi il va proposer comme substitut à Adolf BÜRKLI (1819-1894), l'officier SUTTER de Zofingen (Johann Rudolf S., 1815-1878, fabricant de soieries, qui deviendra colonel fédéral), etc. Autogr. rare, de cette époque.
67. DUMAS Alexandre, père (1802-1870) Le célèbre romancier français - L.A.S., 1 p. in-8 obl. Angles rognés. Paris, 19.XI.1847. (250.-) 150.-
Curieuse missive à Louis Désiré VERON (1798-1867), fondateur de la Revue de Paris. Endetté, Dumas essaie de se constituer des... créances ! Il demande ici à Véron de lui faire parvenir "... une note conçue en ces termes : Je reconnais que Mr Dumas a encore 32 ou 33 volumes à me livrer pour l'accomplissement de son... traité. Ces volumes que je paie en ce moment à lui ou à ses délégataires 2500 fr. seront payés 3500 aussitôt l'acquittement de mon compte avec Mr Dumas...", etc.
68. DUPARC Henri (1848-1933) Compositeur français, élève de César Franck - Dédicace A.S. sur partition in-folio ; Paris, vers 1880. Pièce jointe. (200.-) 120.-
Partition (page de titre + 29 pp.) de sa symphonie-ballade Léonore, dans la réduction pour 2 pianos de Saint-Saëns, dédicacée en tête de la page de titre "A Monsieur E. Guiraud - Souvenir bien affectueux - H. Duparc". Joint : partition imprimée, 5 pp. in-folio, d'une poésie de Victor Hugo, avec musique de Saint-Saëns (XIXe). En 1885, une maladie mentale mit fin à la carrière d'Henri Duparc qui détruisit alors la majeure partie de ses partitions.
69. EGYPTOLOGIE - 1 L.A.S. + 1 P.A.S. de personnalités dont les noms restent liés à cette science moderne : CLOT Bey et Georg STEINDORFF. (300.-) 200.-
Dans sa belle lettre datée de Marseille en 1851, l'ancien médecin de Méhémet-Ali, Antoine CLOT Bey (1793-1868), devenu un collectionneur passionné d'objets de l'Egypte ancienne, informe un ministre du Grand-duché de Toscane qu'il "... adresse au Directeur du Musée I. et R. d'histoire naturelle (de Florence ?) une caisse contenant les objets dont j'ai fait l'offre..." et dont il envoie la liste au Marquis Antinori "... avec qui je me suis trouvé souvent en correspondance pendant que j'étais en Egypte pour les différentes expéditions que je lui ai faites... J'espère que, sinon en totalité du moins en partie, il se trouvera dans ces collections quelques pièces qui seront dignes de figurer dans votre Musée qui est un des plus riches de l'Europe...", etc. La pensée de l'archéologue allemand Georg STEINDORFF (1861-1951) exprime son opinion admirative sur l'Art égyptien : "... Das -gyptische Kunst-werk soll uns nicht unbedingter Vorbild der Nachehrung sein ; es erregt aber in seiner... Reinheit... unsere Bewunderung...", etc.
70. ELISABETH de Roumanie (1843-1916) Femme de Carol Ier, reine et femme de lettres - Message A.S. "Elisabeth", 3 lignes sur petite carte ; Castelu Pelesiu, 12.IX.1906. Envel. timbrée. Lettre jointe. (250.-) 150.-
"Von Herzen erfreut durch Ihren warmen Zuruf, recht innigen Dank ! Elisabeth". Rare forme de signature, car aux demandes d'autographes, la reine signait généralement de son nom de plume, "Carmen Sylva". Joint : lettre d'une dame roumaine proche de la Cour, grâce à laquelle une Autrichienne avait pu obtenir pour son album quelques lignes autographes de la souveraine.
71. ESPAGNE ET PORTUGAL : Hommes d'Etat, politiciens, diplomates, etc. - 7 L.A.S. ou L.S.,
XIXe et XXe siècles. (300.-) 200.-
Intéressante réunion de lettres du président Manuel AZANA (L.A.S., 1920), des Premiers ministres A. CANOVAS DEL CASTILLO (1880) et Duc de ALMODOVAR del Rio (1898), des Comtes de Sanafe (1788) et Francisco de Cardenas (1880), de l'espion (?) José Clemente Pereira (lettre militaire de 1811) et M. de Carvalho e Vasconcellos (XIXe siècle).
72. EUGÈNE de Savoie, dit le Prince (1663-1736) Homme de guerre italien au service de l'empereur - L.S. "Eugenio di Savoya", 1 p. in-folio ; "Dal Campo di Rebruve" [Béthune], 6.VIII.1710. (1200.-) 800.-
Le Prince Eugène est en Campagne contre la France et s'appête à conquérir la ville de Béthune (le 25 août). Il informe son correspondant que l'empereur Joseph Ier a accepté de nommer deux officiers aux places proposées et qu'il ne désire que justice et le bien du service de sa Majesté.
73. [Mort de Napoléon III] EUGÉNIE de Montijo (1826-1920) Impératrice des Français - L.A.S. sur papier de deuil, 4 pp. in-8 ; Chislehurst, 8.II.1873. (500.-) 300.-
Emouvante réponse au message de condoléances que vient de lui adresser le général Christophe Michel ROGUET (1800-1877) peu après la mort de Napoléon III. "... nous devons nous soumettre à la volonté de Dieu. Mon fils [Napoléon IV], en prononçant cette parole de résignation sous l'empire du coup terrible qui venait de briser son cur, nous a appris à tous à nous soumettre à des décrets impénétrables. Dieu veuille mettre dans son cur toutes les vertus dont son Père lui a laissé l'exemple !...", etc.
L'empereur était mort depuis moins d'un mois ; Roguet avait été son aide de camp.
74. FAURÉ Gabriel (1845-1924) Compositeur français, élève de Saint-Saëns - L.A.S., 4 pp. in-8 gr. ; "Mardi" (Paris, mars 1889 ?). (600.-) 350.-
"... pour notre Société nationale de musique et plus particulièrement pour d'Indy, Chabrier et moi, j'ai promis Caligula...", précise Fauré à propos du concert prévu à la Salle Erard pour le 6 avril. "...D'autre part, Chabrier... déjà engagé pour de nouvelles pièces d'orchestre, est obligé de s'absenter et retirer ses pièces...". Ainsi Fauré se voit obligé de demander à son correspondant, qui doit également préparer l'exécution de sa musique de scène, de faire copier au plus tôt "... à mes frais... la partition et les parties d'orchestre... voici quel serait le nombre des pupîtres nécessaires : 1er Viol. 5 , 2e Viol. 5, Altos 3, V.elles 3, C.b. 3 - Vous comprendrez... Nous avons de si rares occasions de nous faire entendre à Paris..." ! Pour ce qui est des autres compositions, il rappelle que ses "... deux Quatuors sont édités (avec bien des fautes encore !) chez Hamelle. Ma Sonate de piano et violon chez Breitkopf...", ainsi que de nombreuses autres pièces pour piano, toujours chez Hamelle. Très beau texte de ce grand compositeur attendant alors encore le succès et qui, dès 1903, allait être atteint de la pire infirmité pour un musicien : la surdité.
75. FERDINAND II des Deux-Siciles (1810-1859) Roi dès 1830, surnommé le "Re Bomba" par les patriotes italiens après qu'il eût fait bombarder Messine, en 1848 - L.S., avec quelques mots autographes, 1/2 p. in-4 ; Palerme, 17.XI.1845. Pièces jointes. En italien. (300.-) 200.-
Remerciements adressés à un prince qui lui avait envoyé un Almanac de Gotha. Il ajoute quelques nouvelles de sa santé. Joint : 3 L.A.S. de sa belle-sur Pénélope Smyth, Princesse de Capua ( 1882), de la Princesse Louise de Toscane (1855) et de la Princesse Béatrice d'Autriche (1869).
76. FERDINAND Ier de Portugal (1816-1885) Epoux de Maria II, il fut roi-régent pour Pedro V de
1853 à 1855 - P.S. de son chiffre, 1 p. in-4 carré ; "Palacio de Bonnbach, no Grao Ducado de Baden", 19.III.1857. Joli sceau sous papier aux armes du royaume. (200.-) 120.-
"Desejando dar um testimunho publico do quanto Me sao gratos os sentimentos religiosos e politicos..." d'un officier au service du Duc de Modène François V, le roi Ferdinand Ier le nomme Chevalier de l'O. de N. D. "... da Conceiçao de Villa Viçosa...".
77. FITZGERALD Francis Scott (1896-1940)Romancier américain, principal représentant de la "génération perdue". Mort alcoolique - L.S., 1/2 p. in-4 ; Encino (Californie), 11.X.1939. (2500.-) 1800.-
Bref et péremptoire message adressé à son amie et fidèle secrétaire, Mrs Owens : "... I think you owe me an explanation about this...". Probablement relatif à des documents qu'il renvoie (non joints). Rare signature complète.
Après la publication - et l'échec - de "Tendre est la nuit" (1934), Fitzgerald sombra dans la maladie, l'alcoolisme, l'instabilité accrue par la folie de sa femme Zelda. Une attaque cardiaque devait le terrasser en 1940, peu avant Noël.
78. FLAUBERT Gustave (1821-1880) Ecrivain français - L.A.S., 1 p. in-8, datée "Jeudi matin 5 juin" (1879). Photo in-8 (carte postale) jointe. Inédite. (1000.-) 600.-
"... Je voudrais vous voir pr régler définitivement (et immédiatement) l'affaire de Salammbô. Je suis résolu à envoyer promener mon ami Catulle, mais... j'aurais besoin d'en conférer avec vous... Je suis à Paris pour une quinzaine de jours et je reste peu chez moi... 240, rue du faubourg St Honoré...", etc. Flaubert s'adresse vraisemblablement au compositeur Ernest REYER, qui avait souhaité mettre en musique le célèbre roman paru en 1862, et que Lemerre s'apprêtait à rééditer en 1879.
D'autres lettres datant de juin/juillet 1879, font état de cette rupture avec Catulle Mendès. Reyer qui, en un premier temps, avait pensé à Barbier pour Salammbò, lui préféra finalement Camille du Locle. L'opéra ne fut toutefois prêt qu'en 1892, bien après la mort de l'écrivain. La "trahison" de Catulle Mendès, que Flaubert regardait comme un ami, lui causa une grande amertume.
79. FLESCH Carl (1873-1944) Violoniste hongrois - PHOTO in-12 portant au dos une courte L.A.S. datée de Berlin (vers 1920). Pli dans la marge inférieure, hors de l'image. (200.-) 120.-
A un confrère suisse, le violoniste Paul MICHE, pour lui demander de "... faire traduire la Préface (non présente) contenue ci-après en bon français..." et lui répondre à l'adresse indiquée : "Berlin, Lützowplatz 12"
80. FLOTOW, Friedrich von (1812-1883) Compositeur all., auteur d'opéras et de célèbres Liedern - L.A.S., 2 pp. petit in-8 ; (Paris), "Ce jeudi soir" (vers 1835-1840). Papier à ses armoiries. (500.-) 350.-
Au célèbre THALBERG. "... Le Baron de Reiset désire beaucoup assister à votre petite réunion et il est surtout désireux de faire la connaissance de Mme Simon, excellent musicien et surtout très aimable en société intime...". Plus loin, il continue : "... Quant à moi, je serai exact et bien heureux d'un auditoire aussi illustre et... très bien veillant...", etc. Rare lettre du jeune musicien, concertiste débutant dans les Salons de l'aristocratie parisienne où Thalberg, qui régnait en maître, n'avait qu'un rival : Liszt.
81. FRANCE : Ecrivains - 3 L.A.S. de A. de LAMARTINE, Amable TASTU et d'un certain "Jo-
seph Edouard" ; (Londres, 1863). (300.-) 150.-
Lamartine parle d'un deuil (lettre aux bords effrangés), Madame Tastu remercie M. Aimé-Martin de l'envoi d'un précieux ouvrage illustré, et Josph Edouard (?) répond négativement à l'invitation qu'on lui fait de collaborer à un journal.
82. FRANCK César (1822-1890) Organiste et compositeur belge, maître de Chausson, Duparc, d'Indy, etc. - L.A.S., 1 p. in-12. (750.-) 400.-
"Mon cher Emile, Soyez assez aimable pour venir... au Conservatoire... Je vous donnerai un peu de travail à faire de suite (souligné trois fois) et un peu d'argent...". Probablement à un collaborateur (un copiste ?).
83. FRANÇOIS Ier de Valois (1494-1547) Roi de France dès 1515, adversaire acharné de Charles-Quint - P.S. "Françoys", 1 p. in-folio obl. sur vélin ; Paris, 24.I.1538. (2000.-) 1200.-
"Françoys par la grace de Dieu Roy de France..." ordonne à son "... feal conseiller et Receveur g.al de nos finances extraordinaires et parties casuelles Ms Jehan La Guecté..." de payer à Nicolas Vyelle, de Paris, "... la somme de mil escus d'or soleil... en faveur consideration et Recongnoissance des bons, grans et agreables services qu'il nous a cy devant faicts...", etc. Pièce contresignée par son célèbre secrétaire d'Etat et des Finances Jean BRETON, Seigneur de Villandry. Ce dernier joignait à ses fonctions officielles celles de secrétaire intime, et jouissait de la confiance absolue de son maître. Il est vraisemblable que la signature du roi soit, comme d'habitude, de la main de son secrétaire : seules les lettres destinées aux autres souverains, aux princes ou dignitaires de très haut rang portent parfois une signature véritablement autographe de François Ier. On peut toutefois se trouver aussi en présence de l'écriture royale sur des pièces ordonnant des paiements ou ratifiant des comptes ; c'est pourquoi les documents du genre de celui que nous présentons ici sont malgré tout très prisés.
84. [Helvetica] FRÉDÉRIC II de Prusse (1712-1786)Roi de 1740à 1786. Homme d'Etat et de guerre, il était fort cultivé - L.S. "Frederic", 1/2 p. in-4 ; Potsdam, 12.VII.1755. (1800.-) 1200.-
Ravi que le président de l'Académie royale de Prusse ait décidé d'engager "Mr Hubert", le roi accorde très volontiers à ce dernier l'assurance "... qu'en cas de mort ses biens et effets retourneront à ses héritiers sans déduction quelconque...". Le souverain a aussi fait établir pour ce monsieur un passeport "... qui le mettra à l'abri d'être jamais inquiété du Militaire et quoiqu'il n'ait pas eu besoin de cette précaution, cependant pour le tranquiliser de ce côté, J'ay bien voulu Vous l'envoyer pour le lui remettre...".
Au mathématicien Pierre Louis Moreau de MAUPERTUIS (1698-1759 ; il fut appelé par Frédéric II à l'Académie royale de Prusse où il resta de 1741 à 1756) concernant son confrère suisse Johann-Jakob HUBER, qui se rendait à Berlin comme astronome, professeur et membre de l'Académie des Sciences de ce royaume
85. FRÉDÉRIC-GUILLAUME IV de Prusse (1795-1861) Roi dès 1840, atteint de démence en 1858 - L.S., 1 p. 4° ; Sans-Souci, 19.VI.1848. Enveloppe. (400.-) 250.-
Il annonce au diplomate Alexander von SCHLEINITZ (1807-1885) qu'il vient de le nommer au ministère des Affaires étrangères, en remplacement du baron Adolf Heinrich von ARNIM (1803-1868). "... Ich habe dabei zu Ihnen das Vertrauen, dass Sie Mir in dieser wichtigen Stellung mit derselben Hingebung und Pflichttreue dienen werden...", etc.
La lettre est contresignée par Ludolf CAMPHAUSEN (1802-1891), homme politique libéral nommé président du Conseil des ministres peu après les événements de Berlin (18 mars 1848). Débordé par le parti révolutionnaire qui exigeait la convocation immédiate d'une constituante, Camphausen donna sa démission le 20 juin 1848, c'est-à-dire un jour après avoir signé cette lettre ! Quant au baron de Schleinitz, il ne gardera son ministère que sept jours...
Rare et intéressant document de par sa date et pour son contenu.
86. [Vol par ballon, 1870] GAMBETTA Léon (1838-1882) Homme d'Etat fr., membre du gouvernement de Défense Nationale durant la guerre franco-prussienne - L.A.S. (deux fois), 1 p. in-8 ; Paris, 5.X.1870. Plis fatigués. En-tête imprimé : Ministère de l'Intérieur. (750.-) 500.-
Deux jours avant sa célèbre sortie de Paris en ballon (7.X.), Gambetta choisit pour collaborateur à Tours, Arthur RANC, qui devra également quitter la capitale par le ciel, le 14 octobre suivant. Le futur "dictateur" requiert sa présence auprès de lui, à Tours, et charge "... M. de directeur général des postes d'assurer ce départ par voie aérienne... La Présente autoristation s'adresse également à... M. Mercadier, directeur général des lignes télégraphiques...". Gambetta précise qu'il entend confier à Ranc "... un service important dans l'organisation de la défense nationale dans les départements..." ; il le nommera en effet "directeur de la Sûreté G.ale dans le territoire de la République". Très intéressant document, aussi pour l'histoire de la navigation aérienne.
87. [Verlaine] GIDE André (1869-1951) Ecrivain français, prix Nobel de littérature en 1947 - L.A.S., 1 1/2 pp. in-8 face à face ; (Tunis), 27.V.1942. Petites fentes réparées. (300.-) 200.-
C'est au dos d'une lettre à lui adressée par Jan DOAT, du magazine lyonnais MARCHE (en-tête imprimé), concernant "... les archives de... [la] revue Jeune France qui n'a jamais pu paraître... et vos Trois rencontres avec Verlaine...", que Gide écrit à l'éditeur Denoël pour s'assurer qu'il a bien eu son texte, confié à la librairie Tournier à Tunis. "... J'eus plaisir à lire, dans le Figaro, Rousseaux parler de vous comme j'aurais voulu le faire moi-même - et je l'envie de vous avoir rencontré. Amrouche me communique le canard que vous lui avez confié : Guirlande de l'amitié où je m'en voudrais de joindre des fleurs en papier. Je me sens... maladroit...", etc.
88. GLAZOUNOV Alexander (1865-1936) Compositeur russe, enfant prodige - Deux L.A.S., 2 p. in-8 ; St Pétersbourg, 14.VII.1908 et 2.VIII.1922. En allemand, avec traduction française. Les deux : (500.-) 300.-
a) A un "Lieber Freund" (Ferruccio BUSONI), pour lui présenter "... deux lauréates de notre Conservatoire... pianistes pleines de talent possédant une technique de première valeur et un jugement musical mûr...", etc. - b) Belle missive au même, alors qu'il dirigeait à Berlin (depuis 1920) une classe supérieure de composition à l'Académie des Beaux-Arts. Glazounov lui recommande une élève, "... pianiste extraordinairement musicienne..." ayant étudié avec Barinowa, puis avec Nicolas MEDTNER (1880-1951). Maintenant elle "... veut aller vers Berlin pour prendre conseil auprès de toi..." (traduction).
89. GOUNOD Charles (1818-1893) Compositeur fr. - L.A.S., 2 pp. in-8 gr. ; Paris (24.VI.1875). (250.-) 150.-
Amusante réponse à l'invitation d'une dame chez qui il lui sera "... impossible de transporter, ce soir,... le malheureux asthmatique à qui vous faites l'honneur d'une si belle et glorieuse compagnie...". Et Gounod d'ajouter combien sa malheureuse expérience de la toux lui fait comprendre "... que les règles de la composition interdisent deux quintes de suite. Dieu sait ce que j'en ai commis tous ces derniers temps !...", etc.
90. GOUNOD Charles - L.A.S., 2 1/2 pp. in-8 ; "Chalet Gounod, Montretout St Cloud", 16.VIII.1893. Enveloppe autographe. (600.-) 400.-
Magnifique lettre d'argument musical - l'une des dernières qu'il écrivit, car Gounod mourut deux mois plus tard, le 17.X.1893 - adressée au directeur du Théâtre de la Monnaie, à Bruxelles, au sujet de l'éventuelle représentation de "... mon opéra Sapho à la Monnaie. Si cela est vrai, comment ne m'en avez-vous pas dit un seul mot ?..." : n'aurait-il pas dû être le premier informé et consulté ? D'autant que deux versions existant, il lui faut savoir laquelle sera choisie ! "... Est-ce l'ancienne, en trois actes, ou celle de la reprise, en quatre actes ? avec Mme Kraus... Et puis, avec quels interprètes : Sapho (grand mezzo dramatique), Glycère (Soprano), Phaon (Fort ténor), Phythéas..., Pittaous... Veuillez donc... me mettre au courant ; puisque je suis encore de ce monde...". Encore de ce monde pour deux mois seulement, hélas...
91. GREENE Graham (1904-1991) Auteur dramatique et romancier anglais - L.S., 2/3 p. in-4 ; Londres, 27.VIII.1965. En-tête à son adresse imprimée. (500.-) 350.-
A un confrère, dont il n'a pas le temps de lire et de commenter l'uvre reçue : "... I'm afraid my commitments... are too heavy for me to do any reviewing, but thank you for offering me so interesting a book...".
92. GRETCHANINOV Alexandre (1864-1956) Compositeur russe, élève de Rimsky-Korsakov dont il subit l'influence. Continuateur du groupe des Cinq - MUSIQUE A.S., datée "Paris, 1931", page in-12 obl. - Quatre longues mesures d'un "Moderato... ben marcato" avec déd. en "... souvenir de l'auteur...". (300.-) 200.-
93. [G. B. MARTINI] GRÉTRY André (1741-1813) Compositeur d'origine belge - L.A.S., 2 pp. in-8 ; Paris, 3.IV.1767. Adresse sur la IVe page. (800.-) 500.-
Après avoir quitté la Belgique, Grétry vécut cinq ans à Rome et à Bologne, où il fut l'élève du père Martini. Puis il se rendit à Genève auprès de Voltaire durant quelques semaines. De là, il partit pour Paris. C'est à son arrivée dans cette ville que se place cette lettre adressée "Al molto... Riverendiss.mo Padre MARTINI de' minori conventuali di St Francesco - Bologna". Grétry n'a pas oublié la commission dont il l'a chargé, mais il n'a rien pu trouver en province et le Sir Vergani expliquera au Père les raisons qui ont poussé le compositeur à venir à Paris où il va immédiatement reprendre ses recherches : "... di quì a otto giorni Lei riceverà una lettera mia dove gli saprò dire quel ch'avrò fatto, non risparmierò fatiga alcuna per darmi la consolatione di servirla, troppo felice se mi riesce...", etc. Rare lettre adressée à l'un des plus importants théoriciens qu'ait connu le monde musical.
94. GROS Antoine (1771-1835) Peintre fr., l'un des élèves favoris de David. Protégé de Joséphine et de Napoléon Ier, il fut, à la Restauration, la cible des partisans de l'école romantique à laquelle il avait cependant ouvert la voie. Déçu et déprimé, il se suicida en se jetant dans la Seine - L.A.S. ("Mr Gros", en tête) à la 3e personne, 2/3 p. in-4 petit ; (Paris), 27.X.1824. Adresse autogr. sur la IVe page. (400.-) 250.-
L'illustre artiste autorise son confrère Paulin GUÉRIN (1783-1855, le peintre d'histoire, élève de Gérard) à "... aller voir la Coupole de Ste Geneviève..." aux jours et heures qu'il lui indique. "... Cette lettre... servira d'entrée, porte latérale,... s'adresser à l'invalide". L'ancienne église de l'abbaye de Sainte-Geneviève - dont on trouve dans la coupole, peinte par GROS, une "Apothéose" de la Sainte - n'est autre que l'actuel célèbre PANTHÉON parisien !
95. GUISAN Henri (1874-1960) Général suisse qui eut en charge la défense de la Confédération durant la Deuxième Guerre mondiale - L.S., avec post-scriptum autographe de 3 lignes, 1 p. in-4 ; Pully, 3.VI.1953. En-tête à ses nom et grade. (400.-) 250.-
Remerciements pour un versement en faveur de "... nos soldats malades et leurs familles. Très touché de ce beau geste de solidarité de votre Groupe d'hommes... je vous exprime... ma reconnaissance... [et] vous prie de croire... au bon souvenir que me laissent les quelques instants passés dans votre Cercle...". A un pasteur vaudois.
96. [Esclavage] HAITI 1792 - L.A.S. d'un indigène (?) se nommant "Lotherie", 2 pp. in-4 ; Gros
Morne, 14.X.1792. Adresse du destinataire sur la IVe page. (750.-) 500.-
A "Monsieur Decrenal - aux Gonaïves", pour accompagner l'envoi "... par votre cabrouet... [de] six régimes de Bananes, un mouton, six poules, deux douzaines et 1/2 d'ufs et un pot de Beurre...". Lotherie va s'occuper du café, a déjà fourni du sel au com-mandant, ainsi qu'une bête à M. Imbault, etc. La vie dans l'île paraît paisible, bien qu'il soit impossible de se procurer "... pour or ni pour argent, une paire de souliers...". Quant au maire, il "... me charge de vous dire s'il est vrai que vous avez dit aux nègres à Mr Cap-Grand... qu'il n'y avait pas de farine...", etc. Curieux texte.
97. HEIDEGGER Martin (1889-1976) Philosophe allemand, il renouvela la signification de l'ontologie fondamentale - L.A.S., 1 p. in-8 ; Todtnauberg (Baden), 6.IX.1950. Enveloppe. (800.-) 500.-
Au père Roger Munier, de St Blasien (Schwarzwald, Baden). "... Ich hatte angenommen, dass Sie wohl frühzeitig zurückreisen müssten. Da Sie aber noch einiger Zeit in Deutschland sind..." ; il lui propose de le recevoir un après-midi, etc.
Heidegger avait d'abord donné son adhésion officielle au parti nazi, ce qui lui valut de vives critiques ; il reprit néanmoins son enseignement à Fribourg en 1946. En 1950, il venait de publier son livre "Chemins qui ne mènent nulle part", recueil de six importants textes philosophiques. L'influence de Heidegger sur la réflexion contemporaine fut immense !
98. HELVETICA - Collection de 5 pièces (3 lettres et 2 documents), 1499/1790. (400.-) 250.-
Document sur parchemin de 1499 concernant Genève + Pièce signée par le capitaine Peter Alexander STOPPA "von Cleven" (1720) + Trois lettres signées, avec leurs enveloppes, de Beda ANGEHRN (1725-1796), le célèbre prince-abbé de Saint-Gall.
HELVETICA : Voir lots numéros 7, 28, 42, 65, 66, 79, 84, 95, 107, 108, 124, 142, 143, 163, 170, 183, 243, 245, 271, 290 à 300, 303, 325, 334, 335, 338, 342 et 349.
99. HENRI III de France (1551-1589) Elu de Pologne en 1573, il renonça à ce royaume l'année suivante pour succéder à son frère Charles IX sur le trône de France. Personnalité complexe, intelligent et cultivé, il subit trop, en raison de son homosexualité, l'influence de ses "mignons" - L.A.S., 1 p. in-folio. Adresse autographe au verso. Autographe rare. (5000.-) 4000.-
Importante lettre politique adressée à "Monsieur de Limoges", l'évêque et diplomate Sébastien de l'AUBESPINE (1518-1582), "informateur" sérieux du roi ! "... Je scai et vois par la lettre que m'avez escritte l'aise qu'avez receu de mon [bon]heur et byen que Dyeu m'a anvoyay, qui est certes grand, aussy m'an resjouige...". Henri III dit avoir apprécié le message de l'évêque "... pour y avoyr vu ce que je y ay vu, vous pryant continuer à me mander ce que connaitré, propre pour mon byen et il sera tousjours très byen venu de celluy qui a pus le savoyr...". Cette lettre pourrait dater du début de son règne, vers 1574/1575.
100. HENRI IV de Bourbon (1553-1610) Roi de Navarre dès 1572, puis de France dès 1589 après l'assassinat d'Henri III - L.A.S., 1 p. in-4 ; Agen, 27.VII.1577. Adresse autogr. au dos. Très rare ! (3500-) 2500.-
Ecrite personnellement par le futur roi de France à l'un de ses plus proches collaborateurs, le Toulousain Louis Bertier, Seigneur de Saint-Geniez, cette lettre se situe au moment très crucial des tractations qui précédèrent la signature de la paix de Bergerac, suivie par l'édit de Pacification (Poitiers, sept. 1755). Henri de Bourbon informe son correspondant "... que voyant la longueur que metent a venir les deputez, j'ai arresté de recommancer et continuer la conferance (avec les envoyés des Catholiques) mardy prochain, où j'eusse désiré que vous vous eussiez peu trouver...". Il s'accommodera cependant de son absence pour ces tractations, "... voyant le besoing que vous faictes de par dela...", et l'incite à continuer dans le sens convenu et notamment de "... me tenir adverty comme toutes choses se passeront et de ce que vous entendez des ennemys...".
La sixième guerre civile, en six mois d'hostilités, avait été fatale aux Huguenots. Le roi Henri III de France envoya Biron et Villeroy auprès du roi de Navarre, chargés de faire à ce prince des propositions honorables. L'édit de pacification de Poitiers fut suivi de la signature, à Bergerac (17.IX.1577), de 48 articles secrets qui regardaient principalement l'exercice du culte réformé, la validité du mariage des prêtres et des moines, la création de Chambres mi-parties, etc. Les lettres entièrement autographes d'Henri IV sont rares ; celles datant de la période des guerres de religion le sont tout particulièrement !
101. HENRI IV - L.A.S., 3/4 p. in-4 ; Paris, (25.IV.1610). Papier jauni par endroits ; belle pièce néanmoins. Pli central renforcé au dos. Adresse autogr. au verso et annotation de la main de SULLY. (4500.-) 3000.-
A son célèbre ministre des Finances, SULLY, qui a noté de sa main au verso : "Le Roy, du 25 avril 1610, pour bailler 2400 tt à M. Le Grand". Un mois avant son assassinat, Henri IV écrit : "... Mon ami, c'est pour vous dire que vous fassiey mettre entre les mains de M. Legrand la somme de 2400 livres pour être distribuée par lui à certains pensionnaires de Bourgogne ainsi qu'il a accoutumé de faire tous les ans...", etc. Les lettres autographes signées d'Henri IV en tant que roi de France sont rares !
102. HERDER Johann Gottfried (1744-1803) Ecrivain et philosophe all. Ses théories influencèrent le jeune Goethe et la formation du Sturm und Drang - Manuscrit autogr., 2 pp. in-4 ; vers 1778. (6000.-) 4000.-
Important manuscrit original, avec corrections et rajouts, de la première partie de sa "Fünf und dreissigster Brief" publiée en 1780 dans le volume intitulé Briefe das Studium der Theologie betreffend. Ce texte, qui présente plusieurs variantes par rapport à celui connu, commence ainsi : "Kennen Sie eine feinere Kritik und Philosophie als die über den Zweck eines Menschen ? über den gesammten Zweck der Handlungen seines Lebens ?..." ; il se termine par la phrase suivante : "... Der Wille der Vorsehung muss uns angelegentlicher seyn als der Dünkel unserer Zeitverwandten und Nachkommen... Ueberhaupt, lasset uns nie die...".
Notre manuscrit occupe les pages 147 à 150 de l'édition originale imprimée. D'après une note ancienne, tracée en tête de la première page, l'autographe fut offert par le Prof. MÜLLER à un collectionneur du début du XIXe siècle.
103. HEUSS Theodor (1884-1963) Premier Président de la République Fédérale d'Allemagne de 1949 à 1959 - PHOTO signée, in-8, vers 1966. Cachet du photographe berlinois Bieber. Beau portrait mi-buste de face, signé dans la marge inférieure blanche. (350.-) 200.-
104. HINDEMITH Paul (1895-1963) Compositeur et théoricien allemand - Signature autographe au-dessus de sa PHOTO reproduite en tête d'un article paru en 1954 sur lui et sur "Su Obra" dans un programme édité par l'Orquestra Sinfônica Brasileira dont seule reste la première feuille.(250.-) 150.-
105. HITLER Adolf (1889-1945) Dictateur allemand - P.S., 1 p. in-4 ; Berlin, 16.III.1936. En-tête imprimé ("Im Namen des Reichs"), grand sceau àsec, aigle et croix gammée. Trous de classement. (2000.-) 1400.-
Promotion d'un officier signée par Hitler comme "Führer und Reichskanzler", contresignée par son min. de la Guerre, le feld-maréchal Werner von BLOMBERG (1878-1946). Prisonnier des Américains, celui-ci mourut peu avant le procès de Nuremberg.
106. HOLLANDE 1768 - P.S. par "De Staten Generaal der Vercenigde Nederlande" (F.K. Storphius ?) et par le Chancelier H. Fagel, 2 pp. in-folio ; La Haye, 9.VI.1768. Envel. avec sceau. En néerlandais. (200.-) 120.-
107. HORTENSE de Beauharnais (1783-1837) Reine de Hollande, fille de l'impératrice Joséphine - L.A.S. "H.", 1 p. in-8 ; (Arenenberg), 18.VII.1822. (500.-) 350.-
"... Lorsque j'aurai vu mon frère (le prince Eugène), je vous répondrai définitivement s'il faut renoncer à tout ou sacrifier le billet au collier ; ... j'espère qu'enfin Mr Ouvrard (banquier) finira la succession... J'attendois Antoinette avec plaisir, elle auroit pu amener Mlle Pio ou bien Eglé... est-elle venue seule d'Italie ? Alors le voyage d'ici est bien plus facile. Arrangez cela...", etc. Jolie missive à un intime concernant la succession testamentaire de Napoléon Ier, qui avait fait bien des mécontents. [Voir lot n° 311]
108. HORTENSE de Beauharnais - Dossier de six pièces la concernant, signées par le Comte MONTHOLON (4), le g.al BERTRAND, L. J. MARCHAND, le Baron DARNAY, etc. 6 pp. in-folio et in-4 ; Augsbourg, Paris, 1822/1823. (2000.-) 1200.-
Très intéressant ensemble de documents se rapportant au cadeau que Hortense fit à Napoléon en 1815. Par la lettre (ici en copie authentifiée par Montholon) que l'ex-reine écrivit aux exécuteurs testamentaires le 22.II.1822, nous apprenons qu'en quittant l'empereur à la Malmaison, elle lui offrit un de ses "... plus beaux colliers de diamants, heureuse qu'il acceptât une chose qui pouvait lui être utile et que je tenais de Ses bontés. Il s'informa de ma fortume, s'en inquiéta pour ses neveux. Il voulut me faire un billet de 200.000 f. que je refusai lontemps...", mais qu'elle dut finalement accepter. Le billet à ordre de Napoléon, daté de la "Malmaison, le 28 juin [1815]" est ici présent en double copie : l'une est du Baron DARNAY, fondé de pouvoir de Hortense, l'autre de Montholon. L'empereur, qui devait s'exiler dès le lendemain, écrit : "... A Monsieur Clary, faire remettre... 200.000 f. ... à Hortense sur ce que vous avez à moi - Napoléon". En date du 14 juin 1822, Bertrand, Marchand et Montholon adressent la copie de ce "Bon" au Duc de Bassano ; une déclaration du bijoutier parisien Fossi, datée du 3 mars 1823, estime à 80.000 francs la valeur "... d'un collier de 30 gros Brillants...", valeur confirmée au-dessous par un confrère. Enfin, une lettre du Baron Darnay - en copie authentifiée par Montholon - nous renseigne sur des tractations entre les exécuteurs testamentaires et les représentants de la reine, laquelle semble finalement vouloir bien accepter, pour tout solde, le collier "... dont M. Marchand est propriétaire...".
Précieux documents, notamment la très longue lettre en copie d'Hortense où il est question de son dernier entretien avec Napoléon ; celui-ci aimait tendrement sa fille adoptive et ne voulait visiblement pas abuser de sa générosité. [Voir lot précédent]
109. HOUDON Jean Antoine (1741-1828) Le grand sculpteur français - Lettre autographe écrite à la 3e personne, signée en tête "Mr Houdon", 1 p. in-16 datée "Samedy" (vers 1786 ?). (600.-) 400.-
Rédigée sur du papier anglais (peut-être rapporté de son voyage aux Etats-Unis où Franklin l'avait emmené pour exécuter le célèbre buste de Washington), cette lettre est adressée à Mr de Chézy. Le sculpteur se serait "... estimé heureux s'il avoit eu une occasion plus importante de Luy prouver le plaisir qu'il auroit à l'obliger...", mais il n'a pas encore pu avoir les papiers désirés. Houdon ajoute quelques mots dont sa femme l'a chargé pour l'épouse du destinataire.
L'ingénieur et mathématicien français Antoine de CHÉZY (1718-1798) a laissé de nombreux mémoires manuscrits ; on lui doit surtout quelques uvres importantes, comme les ponts de Neuilly, de Mantes et du Tréport, etc. Les papiers qu'il dit attendre
ici se rapportent-il à la construction d'une uvres dont Houdon aurait dû faire la décoration ?
110. HUGO Victor (1802-1885) Poète et romancier français - L.A.S. "Victor H.", 1 p. in-8 ; "Ce Samedi 7" (Paris, 7.VIII.1841). Adresse autographe et marques postales sur la IVe page. Légères taches jaunâtres sur le tiers supérieur de la feuille. (800.-) 500.-
A son confrère et ami, le poète Théophile GAUTIER, que Hugo appelle son "Cher Albertus", pour l'inviter chez lui et donner à Frédérick Lemaître, qui le désire instamment, "... une occasion de Vous rencontrer avant sa rentrée qui a lieu jeudi...". Gautier fut un admirateur sans bornes de Victor Hugo dont il défendit avec passion l'Hernani ; et c'est en rappelant ces temps-là, dans un article intitulé La première d'Hernani, qu'en 1872 la plume lui tomba des mains pour toujours.
111. HUMBOLDT, Alexandre von (1769-1859) Naturalisteethommed'Etat prussien - L.A.S., 2/3 p.
in-12 ; "Sontags" (Berlin, 1849/1850). (500.-) 350.-
L'illustre savant a vivement regretté d'avoir manqué son correspondant ("Mein threuer Berg", le peintre et diplomate berlinois Albert BERG, 1825-1884 ?) qui était venu lui rendre visite en compagnie de son jeune ami anglais, le capitaine Fane. Il leur donne rendez-vous pour le mardi suivant, "... um ihm mündlich mein Dank der zubringen für die Photographie seiner so geschniegenen Zeichnung der Ficus religiosa...". Humboldt a l'intention de soumettre le dessin au roi Frédéric-Guillaume IV "... wenn er endlich in dieses politischen und geistlichen (ich sollte sagen sacerdotalen Bewegung) werden zu Kunstinteresse zurückkehrte..." !
La piétisme du roi de Prusse était notoire et son influence sur la politique avait marqué la fin des années 40 ; Humboldt, qui était un proche de la Cour, semble y faire ici allusion. Quant au capitaine Fane, il doit s'agit du futur 12ème Lord WESTMORLAND, Francis W. H. FANE (1825-1891), officier dans l'armée anglaise qui revenait (1849) de l'Inde après avoir combattu les Sikh. Son père représentait alors la Cour de Londres auprès de celle de Berlin.
112. HUYSMANS Joris-Karl (1848-1907) Ecrivain français - L.A.S., 1 1/2 pp. sur carte in-12 obl. ;
(Paris, 22.III.1890). (500.-) 300.-
A son confrère Oscar MÉTÉNIER (1859-1913), auteur de romans plutôt osés. Huysmans vient de lire le plus récent, Madame la Boule, et le commente : "... Je n'aime pas le côté mélo de la fin, mais hors cela, c'est... une âpre monographie de la putain et surtout des maquereaux..." ; quant aux personnages : "... Théodore est parfait ! d'un genre spécial, bien mis sur pieds ; et quelle dangereuse et bonne brute que votre Boule. Bref, le bouquin m'a intéressé...".
113. IONESCO Eugène (1909-1994) Auteur dram. fr.-roumain - L.S., 1 p. in-4 ; Paris, 23.X.1987. (500.-) 300.-
L'écrivain, dont l'uvre vient d'être inscrite à l'université de Londres pour y être étudiée, répond aux questions que lui pose son correspondant sur le pouvoir des mots ("... découvert... dès que j'ai compris les premières paroles que l'on m'a adressées, dès mon enfance. Exemple : il ne faut pas faire pipi au lit ; ne mets pas tes doigts dans le nez... Presque tous les mots expriment le pouvoir..."), sur la complexité de l'homme et donc de ses personnages, sur sa prise de conscience de faire uvre littéraire ("... j'avais neuf ans et... l'on m'a demandé d'écrire une composition libre..."), etc. Quant à suggérer un sujet à un auteur en herbe qui n'en a aucun, "... en voici un : un jeune homme aimait une jeune fille... le débutant répondit : c'est un sujet banal. L'auteur répliqua : Ça peut être aussi Roméo et Juliette...", etc. Et Ionesco de conclure que les "... conseils sont l'expérience d'un autre. Vous n'avez qu'en faire..." ! Importante.
114. JAMES Henry (1843-1916) Romancier américain, naturalisé anglais dès 1915 - L.A.S. sur carte 12° obl., datée "Feb. 19th" (Londres, 1885). (900-) 600.-
A Mrs Sellar (très probablement l'épouse de l'avocat Alexander Craig SELLAR, 1835-1890, membre du Parlement anglais, siégeant avec les Libéraux) pour décliner son invitation : "... I have promised to go to poor Howell at dinner time (you will have heard of his wife's death today) as he is completely alone, & it is time when I can sit with him for a couple of hours...".
L'écrivain et ambassadeur américain James Russell HOWELL (1819-1891) venait de passer trois ans à Londres en y remportant à la fois des succès diplomatiques et littéraires. A la disparition de sa seconde épouse (1885), il se retira de la vie publique et retourna dans sa maison d'Elmwood, Cambridge, USA. Les autographes d'Henry James sont rares et recherchés ; celui-ci met en relief l'amitié et la sensibilité qu'il manifeste à l'égard d'un confrère dans le malheur.
115. JEAN XXIII - Angelo Giuseppe Roncalli (1881-1963) Pape dès1958. Il inaugura l'"aggiorna-
mento" de l'Eglise afin de l'adapter au monde actuel- L.S. "+ Ange Jos. Roncalli n. a.", 2 pp. in-4 ; Paris, 17.VIII.1950. En-tête : Nonciature apostolique de France. (1600.-) 1000.-
En tant que Nonce à Paris, le futur pape transmet à l'évêque de Marseille le module pour la Xème Relation triennale des Séminaires, dont la rédaction mérite le plus grand soin : "... cette relation... est de caractère général. Mais si Votre Excellence trouve opportun ou nécessaire, à l'allègement de sa conscience et sous l'impulsion de son esprit ouvert à la vision des circonstances présentes, d'ajouter des notes ou impressions de nature particulière... Tout est utile à la S. Congrégation...", etc.
Lettre circulaire avec texte polycopié. Très belle signature ayant servit d'exemple pour la reproduction publiée dans le Guinness Book of Autographs (p. 118 ; ex-Coll. Rawlins).
116. JENSEN Adolf (1837-1879) Pianiste, et Gustav (1843-1895) Violoniste allemand - Deux auto-
graphes : Dédicace et pensée du premier, L.A.S. du second, 3 pp., 12° et 8° ; Baden, 1876 et Cologne, 1883. Montées sur support. (350.-) 200.-
Adolf Jensen a tracé une amicale dédicace et à part, sur une carte, sa devise : "Aecht unt treu, Heut' wie immer !". La longue et très intéressante lettre de son frère, adressée à un éditeur de musique, concerne des partitions à publier, un Streich-Quartett, des compositions que l'on joue déjà aux soirées du violoniste Robert HECKMANN (1848-1891), etc.
117. JOSÉPHINE (Le coiffeur de l'Impératrice) - P.A.S. du Comte Ch. T. MONTHOLON (1787-
1853), signée aussi par L. J. MARCHAND (1791-1876) et le Général H. G. BERTRAND (1773-1844)
2/3 p. in-folio ; Paris, 5.VI.1822. (1200.-) 800.-
"Rapport à Messieurs les Arbitres", établi par les trois exécuteurs testamentaires de Napoléon et concernant "... Mr Duplan, ancien coiffeur de l'impératrice..." qui réclame plus de 34 mille francs pour "... appointements arriérés de 1814..." et une créance sur l'impératrice Joséphine de 30 mille francs ! En rejettant cette demande, Montholon, Marchand et Bertrand engagent M. Duplan "... à faire valoir ses droits vis à vis de la liste civile et des héritiers de l'impératrice Joséphine...".
A sa mort, en 1814, la première épouse de Napoléon avait en effet laissé une montagne de dettes et certains créanciers peu scrupuleux en profitèrent pour gonfler leurs notes de manière à obtenir quelque argent de l'héritage de Napoléon !
118. JOUHANDEAU Marcel (1888-1979) Ecrivain français dont l'uvre est riche d'analyses profondes de la nature humaine - Manuscrit autographe, 6 pp. in-4 ; Paris, vers 1952. (500.-) 300.-
Intéressantes feuilles de notes ayant servi à l'écrivain pour rédiger le texte d'une conférence en partie autobiographique donnée à Limoges peu après la parution de son Eloge de la Volupté (1951), conférence préparée d'abord pour Bruxelles, mais "... quelques jours avant, ... un petit livre parut chez Gallimard... scandalisa si fort les Belges que, devant l'orage soulevé par une certaine Presse, je dus laisser à l'Académie tous les honneurs...", etc. Jouhandeau nous livre ensuite quelques souvenirs de famille, évoque son premier ouvrage (La Jeunesse de Théophile, 1921, qui lui rappelle "... ce que Limoges fut pour l'enfant que j'étais..."), son père boucher mais bon conteur, sa mère, sa découverte de cathédrales aux statues dorées et aux dentelles de pierres, etc.
119. [Bavière] KELLERMANN Franç. Christophe (1735-1820) Maréchal d'Empire - L.S. "Duc de Valmy", 2 pp. in-4 ; Mainz, 2.VII.1813. Importante pièce jointe, signée aussi par Kellermann. (600.-) 400.-
Il adresse à Alexandre BERTHIER, prince de Neuchâtel, alors major général de la Grande Armée, "... la Situation Générale du Corps d'observation de Bavière... comprenant les troupes déjà arrivées, qui ont déjà passé le Rhin ou qui sont à Mayence [et]... celles annoncées...", et souligne que "... Rien ne sera épargné pour accélérer le départ des troupes de ce Corps d'observation comme toutes celles destinées à la Grande armée...".
Le document joint (1 p. in-folio gr.), également signé par Kellermann, est extraordinairement détaillé : il récapitule le nombre d'officiers, de soldats, de troupes, de déserteurs, de blessés, de divisions, de compagnies, de bataillons que compte chacun des régiments se trouvant en Bavière. Dans la marge, on a ajouté d'intéressantes observations relatives à l'Etat-major, la cavalerie et l'artillerie, ainsi qu'un deuxième tableau donnant la liste des troupes annoncées (nombre d'hommes, dates d'arrivée, etc.).
Alors à Dresde, Napoléon s'apprêtait à se rendre à Mayence pour y passer ses troupes en revue. La reprise des hostilités contre l'Autriche s'annonçait, balayant du même coup l'éphémère armistice de Plesswitz, signé deux mois plus tôt. Pièce historique !
120. KIPLING Rudyard (1865-1936) Ecrivain anglais, prix Nobel en 1907 - L.S. , 3/4 p. in-8 ; Bur-
wash, Sussex, 26.VI.1931. Papier à son adresse imprimée. Une correction autographe dans le texte. (600.-) 400.-
"... In reply to your letter... the verses to which you refer were based on a legend (unverified) of one of The Treasure's doings in Egypt...". Au Colonel d'Etat-major général anglais, Hermann Gaston de WATTEVILLE (n. 1870), fils du médecin et philanthrope suisse Armand de W. qui, s'étant voué à la thérapie électrique, était devenu directeur de l'hôpital St Mary de Londres.
121. KOMAROV Vladimir (1927-1967) Cosmonaute russe qui s'écrasa au retour de Soyouz 1, son parachute s'étant mis en torche - PHOTO in-12, imprimée en couleurs, avec signature autographe en russe dans la partie inférieure blanche. L'enveloppe, ayant servi à envoyer ce portrait, est jointe ; elle porte un cachet postal daté de Moscou le 5 février 1965. (400.-) 250.-
122. LAKANAL Joseph (1762-1845) Conventionnel. Il fit adopter plusieurs décrets sur l'instruction publique et l'organisation des écoles - L.A.S., 3 pp. in-4 ; Magny (Ile-et-Vilaine), vers 1808. Adresse et marques de franchise postale sur la IVe page. (2000.-) 1200.-
Curieuse lettre de reproches adressés au sous-préfet de l'arrondissement des Andelys (Eure), M. Le Rat de Magnetot. Lakanal se plaint du sort qui est le sien depuis quelques années : "... assis sur la dernière marche... commodément au parterre... On m'a assuré, que dans vôtre pénultième voyage à Paris, vous aviez agi auprès d'un demi-dieu du Jour, pour que je fusse debout et mal à l'aise...". Il ne croit pas aux hostilités de son correspondant qui sont contraires aux témoignages de bienveillance qu'il lui a prodigués, mais tient cependant lui part de ce qu'on dit de lui à Magny, avant d'ajouter : "... que ne dit-on pas, par le temps qui courent !...". Puis il continue : "... il vous est fort facile d'élever votre âme assez haut pour que ces abjectes calomnie ne puissent l'atteindre... n'est-il pas un peu utile qu'il existe des Chenilles ? Les Rossignols les mangent et ils en chantent mieux : Je ne chante plus, et je n'ai jamais rampé...", etc. Beau texte !
123. LAMB Charles (1775-1834) Poète angl., digne représentant de la litt. romantique de son temps - P.A.S., trois lignes sur petit billet monté sur p. d'alb, in-8 obl. "Accountants Office", 15.VII.1813. (900.-) 600.-
En tant que clerc de la India House de Londres, Lamb certifie avoir vérifié dans le détail un "Account" dont il trouve les résultats corrects. Son collègue H. Wadd signe à côté pour confirmation. Ce billet, sans doute extrait d'un document à l'origine plus long, nous montre ici le poète dans son humble tâche journalière de comptable à la India House, siège de la prestigieuse Compagnie des Indes.
Les difficultés économiques obligèrent Lamb à garder son poste de 1795 à 1825, ce qui lui permit de subvenir aux besoins de sa famille, ainsi qu'à ceux de sa sur Mary laquelle, dans un accès de folie, avait tué leur mère en 1796. Ce drame assombrit l'entière vie du poète, mais nous donna l'un des plus grands littérateurs anglais, dont les autographes sont fort rares !
124. LAVATER Johannes Kaspar (1741-1801) Ecrivain, penseur et théologien suisse, auteur entre autres d'une célèbre Physiognomonie - L.A.S., 1 p. in-4 ; (Zurich), 16.XII.1795. (600.-) 400.-
Lavater commence sa lettre en allemand puis, ayant dit-il réalisé qu'il écrit à un citoyen de France, il continue en français... Il lui transmet certains ordres de la Douairière de Wurtemberg, veuve de Charles II Eugène, qui l'a chargé de distribuer "... quelque argent... pour trois personnes : une, à qui elle doit deux Louis ; une pauvre veuve, à laquelle je devrois d'en donner autant que je le jugerai à propos, et le reste doit être pour vous...". Ne sachant comment s'y prendre et ne voulant pas décacheter la lettre de la princesse "... pour en trouver quelques éclaircissements... Je prendrai donc six Louis pour vous... [que] j'enverrai... à Msr Merian à Basle ce soir...". La santé de cet "homme unique en son genre" (comme le définissait son ami Goethe !), "... ne va pas bien...".
125. LAW, Banque - Billet imprimé, avec les signatures autogr. des trois Administrateurs, 1 p. petit in-8 obl. ; Paris, 1.I.1720. Cachet à sec de la Banque Royale, aux armes de France. Rare. (500.-) 300.-
Le billet est de 100 livres tournois, que la "... banque promet payer au porteur à vüe... en Especes d'Argent..." ; les sieurs Hamelin, Pasquier et Levasseur ont "... Vû... Signé... Controllé..." à la place des Srs Fenellon, Bourgeois et Durevest, dont les noms sont imprimés. John LAW (1671-1729) avait fondé en 1716, à Paris, une Banque générale qui, deux années plus tard, prit le nom de Banque royale. En 1720, Law fut nommé contrôleur général, mais après un agiotage effréné et malgré le cours forcé des billets, son aventure bancaire se termina par un désastre !
126. LECLERC Victor Emmanuel (1772-1802) Général fr., premier époux de Pauline Bonaparte. Il commanda l'expédition fr. à St-Domingue et mourut là-bas de la fièvre jaune - L.A.S., 1 p. in-fol. ; "A Bord de l'Oleare (?) par le 30 d. de longitude et 19 de latitude", 17.I.1802. Petite tache à la marge droite. (1800.-) 1200.-
Le général Leclerc fait route vers les Antilles. Il ne débarquera au Cap Haïtien que le 6 février suivant ; pourtant il élabore déjà sa stratégie militaire visant à réprimer la révolte des noirs de TOUSSAINT-LOUVERTURE, et c'est au général ROCHAMBEAU qu'il envoie ici ses ordres : "... Le Vaisseau qui vous porte... va se rendre au Cap. Samana pour y rassembler les batiments appartenant à l'expédition...", lui écrit-il, exigeant que l'on fasse faire immédiatement un état de la situation "... des troupes... des officiers... de tout ce qui appartient au matériel de l'artillerie...", etc. Leclerc veut aussi savoir ceux des officiers qui ont déjà servi à Saint-Domingue, "... et dans quelle partie... Je vous prie de me fournir tous les renseignements que vous aurez pu vous procurer sur la situation de St Domingue avant mon arrivée...", etc.
Importante missive pour l'histoire de l'expédition française à Saint-Domingue. [Voir aussi le lot 275]
127. LEFEBVRE Fr. Jos. (1755-1820) Maréchal d'Empire - L.A.S., 1 p. 4° ; Paris, 23.XI.1802. (800.-) 500.-
"... toujours sincèrement attaché...", à son correspondant - lequel semblerait être Paul BARRAS ! -, Lefebvre lui adresse une personne de confiance chargée de lui expliquer en quels termes devra être rédigée la lettre qu'il attend de lui. Car en fait, "... le 1er Consul [NAPOLÉON] vous aime toujours. Son bon cur finira par vous rendre la justice qui vous est due. Les sentiments d'amitié que vous lui avez voués pour la vie lui seront un sûr garant...", etc.
Le coup d'Etat de brumaire avait brisé net la carrière politique de Barras qui, démissionné du Conseil des Anciens, s'était retiré à Grosbois. Bonaparte, se souvenant peut-être que sa fulgurante ascension lui était due, lui fit offrir l'ambassade de Dresde, celle des Etats-Unis et même le commandement de l'armée de Saint-Domingue. Mais Barras refusa, ce qui irrita profondément le Premier Consul. Puis il s'installa à Bruxelles, avant d'obtenir en 1805 le permis d'aller habiter Marseille pour raison de santé...
128. LEONCAVALLO Ruggero (1858-1919) Compositeuritalien - Photo signée avec MUSIQUE autographe au dos, 12°. Cliché Lindt, Allemagne. (1500.-) 1000.-
Superbe portrait de face avec imposantes moustaches - qui firent mode à l'époque ! - signé à l'encre rouge "R. Leoncavallo". Au verso, coté correspondance, le compositeur a tracé une belle ligne de musique sur les paroles, "Ridi pagliaccio !", extraite de son opéra, Paillasse.
129. LE SUEUR Jean-François (1760-1837) Compositeur français - L.A.S., 1 p. in-8 obl. (300.-) 200.-
A Hyacinthe-Christophe GERONO, jeune musicien qui présenta BERLIOZ à Le Sueur. "... La Romance... peint bien le sentiment d'inquiétude qu'une mère éprouve... La musique est naïve, simple, ingénue ; ... la mélodie est-elle d'une expression douce, délicate, vraie, et dégagée de tout faux clinquant...". Jolie critique de ce vieux compositeur à l'écoute de l'uvre de son jeune élève.
130. LISZT, Au sujet de - L.A.S., 2 pp. in-8, de la Princesse Carolyne SAYN-WITTGENSTEIN
(1819-1887) ; Weimar, 6.V.1854. (450.-) 300.-
Liszt étant malade, Carolyne écrit pour lui à l'éditeur KISTNER de Leipzig. Le compositeur remercie pour l'envoi de la seconde Ballade et le prie "... d'envoyer à ses filles à Paris, sous l'adresse de Madame Patersi (la gouvernante choisie par la princesse !)... un exemplaire de la 1ère et 2de Ballades...", ainsi que trois autres titres, dont les "... transcriptions publiées en 48-49, 6 cahiers...". Liszt pense en effet que ses deux filles, Cosima et Blandine, ayant "... acquis maintenant un très joli talent sur le Piano, il est temps qu'elles étudient les choses de leur père publiées en Allemagne... auxquelles il a mis beaucoup de soin...", etc. Carolyne Sayn-Wittgenstein obtiendra le divorce l'année suivante, mais Liszt ne l'épousera jamais. Très beau texte.
131. LOUIS XI de France (1423-1483) Fils aîné de Charles VII, il lui succéda en 1461. Il s'empara du duché de Bourgogne à la mort de Charles le Téméraire, tué devant Nancy par l'armée royale alliée aux huit Cantons suisses en 1477 - P.S. "Loys", 2 pp. in-fol. ; Arras, 14.VII.1477. Fente restaurée. (5000.-) 3500.-
Magnifique et rare document signé de la main du souverain et adressé à Antoine de Foudras, "Conseiller et Maistre d'hotel du Roy". "... Instructions... de ce qu'il a à faire touchant le passage du Roy de Castelle, de Leon et de Portugal..." à travers la France. Très intéressants détails. Alphonse V, roi du Portugal, était arrivé en France vers la fin de l'année 1476 pour s'assurer l'appui de Louis XI sur ses droits aux trône de Castille. Reçu avec tous les honneurs, il attendit plusieurs mois que le roi de France, engagé contre le duc de Bourgogne, lui prête attention. Il fut même emprisonné quelques jours. Louis XI parvint enfin à le décider à retourner dans sa patrie par voie de mer !
132. LOUIS XII de France (1462-1515) Roi dès 1498 - P.S. "Loys", 1 p. in-folio obl. sur vélin ; Blois, 15.II.1512. (3000.-) 2000.-
Important document signé peu avant la victoire de Ravenne en avril 1512, relatif aux dépenses de la nouvelle guerre d'Italie provoquée par Jules II et la Sainte Ligue.
Ordre aux conseillers généraux commis au gouvernement des finances du royaume, de faire payer par "... notre amé et feal conseiller et receveur général de nos dites finances en Normandie Jehan Lalemant à notre amé et feal conseillier et l'un de vous generaulx Thomas Bohier, ch.er, la somme de vingt cinq mille livres tournois auquel nous l'avons ordonné et ordonnons par ces présentes pour le remboursement de semblable somme qu'il nous a prestée pour subvenir aux grans et insupportables charges et affaires que avons depensé pour la... deffense de notre Royaulme...". Le roi précise que cette somme lui a été remise en trois fois. Une premiè