Victor Hugo : né à Besançon le 26 février 1802 - mort à Paris le 22 mai 1885.Il demeure le génie du XIVéme siècle, et occupe une place exceptionnelle dans l'histoire littéraire : celle d'un véritable inspirateur, d'un créateur fécond, éloquent et populaire.La vie de Victor Hugo est à l'image de son siècle : lyrique, tourmentée et grandiose.
Oeuvres poétiques principales : Odes et ballades (1826) - Les Orientales (1829) - Les feuilles d'automne (1831) - Les chants du crépuscules (1835) - Les châtiments (1853) - Les contemplations (1856) - La légende des siècles (1859) - Les chansons des rues et des bois (1865).
Gastibelza est tiré de "Guitare" pièce XXII du recueil Les rayons et les ombres (1837) . La chanson Gastibelza (l'homme à la carabine) a été enregistrée le 17 novembre 1954 pour le 78t 560492 sorti la même année et le 25 cm 76063 n° 3 (mars 1955).
Texte chanté :
Gastibelza, l'homme à la carabine,
Chantait ainsi :
"Quelqu'un a-t-il connu dona Sabine?
Quelqu'un d'ici?
Chantez, dansez, villageois! la nuit gagne
Le mont Falu
- Le vent qui vient à travers la montagne
Me rendra fou !
"Quelqu'un de vous a-t-il connu Sabine,
Ma senora?
Sa mère était la vieille maugrabine
D'Antequera,
Qui chaque nuit criait dans la tour Magne
Comme un hibou... -
- Le vent qui vient à travers la montagne
Me rendra fou.
"Vraiment, la reine eût près d'elle été laide
Quand vers le soir,
Elle passait sur le pont de Tolède
En corset noir.
Un chapelet du temps de Charlemagne
Ornait son cou....-
- Le vent qui vient à travers la montagne
Me rendra fou.
Le roi disait, en la voyant si belle,
A son neveu :
"Pour un baiser, pour un sourire d'elle,
Pour un cheveu,
Infant don Ruy, je donnerais l'Espagne
Et le Pérou !
Le vent qui vient à travers la montagne
Me rendra fou.
"Je ne sais pas si j'aimais cette dame,
Mais je sais bien
Que pour avoir un regard de son âme,
Moi, pauvre chien,
J'aurais gaîment passé dix ans au bagne
sous les verrous....-
- Le vent qui vient à travers la montagne
Me rendra fou.
"Quand je voyais cette enfant, moi le pâtre
De ce canton,
Je croyais voir la belle Cléopâtre,
Qui, nous dit-on,
Menait César, empereur d'Allemagne,
Par le licou....-
- Le vent qui vient à travers la montagne
Me rendra fou.
"Dansez, chantez, villageois, la nuit tombe
Sabine, un jour,
A tout vendu, sa beauté de colombe,
Tout son amour,
Pour l'anneau d'or du comte de Saldagne,
Pour un bijou....-
- Le vent qui vient à travers la montagne
M'a rendu fou.
La légende de la nonne est la treizième ballade du recueil Odes et Ballades . La chanson a été enregistrée le 20 janvier 1956 pour le 25 cm Philips 76064 n°4 sorti la même année.
Texte chanté :
Venez, vous dont l'oeil étincelle,
Pour entendre une histoire encor,
Approchez : je vous dirai celle
De dona Padilla del Flor.
Elle était d'Alanje, où s'entassent
Les collines et les halliers.-
Enfant, voici des boeufs qui passent,
Cachez vos rouges tabliers !
Il est des filles à Grenade,
Il en est à Séville aussi,
Qui, pour la moindre sérénade,
A l'amour demandent merci;
Il en est que parfois embrassent,
Le soir, de hardis cavaliers. -
Enfant, voici des boeufs qui passent,
Cachez vos rouges tabliers !
Ce n'est pas sur ce ton frivole
Qu'il faut parler de Padilla,
Car jamais prunelle espagnole
D'un feu plus chaste ne brilla;
Elle fuyait ceux qui pourchassent
Les filles sous les peupliers. -
Enfant, voici des boeufs qui passent,
Cachez vos rouges tabliers !
Elle prit le voile à Tolède,
Au grand soupir des gens du lieu,
Comme si, quand on n'est pas laide,
On avait droit d'épouser Dieu.
Peu s'en fallut que ne pleurassent
Les soudards et les écoliers. -
Enfant, voici des boeufs qui passent,
Cachez vos rouges tabliers !
Or, la belle à peine cloîtrée,
Amour en son coeur s'installa.
Un fier brigand de la contrée
Vint alors et dit : Me voilà !
Quelquefois les brigands surpassent
En audace les chevaliers. -
Enfant, voici des boeufs qui passent,
Cachez vos rouges tabliers !
Il était laid : les traits austères,
La main plus rude que le gant;
Mais l'amour a bien des mystères,
Et la nonne aima le brigand.
On voit des biches qui remplacent
Leurs beaux cerfs par des sangliers. -
Enfant, voici des boeufs qui passent,
Cachez vos rouges tabliers !
La nonne osa, dit la chronique,
Au brigand par l'enfer conduit,
Aux pieds de sainte Véronique
Donner un rendez-vous la nuit,
A l'heure où les corbeaux croassent,
Volant dans l'ombre par milliers. -
Enfant, voici les boeufs qui passent,
Cachez vos rouges tabliers !
Or quand, dans la nef descendue,
La nonne appela le bandit,
Au lieu de la voix attendue,
C'est la foudre qui répondit.
Dieu voulut que ses coups frappassent
Les amants par Satan liés. -
Enfant, voici les boeufs qui passent,
Cachez vos rouges tabliers !
Cette histoire de la novice,
Saint Ildefonse, abbé, voulut
Qu'afin de préserver du vice
Les vierges qui font leur salut,
Les prieurs la racontassent
Dans tous les couvents réguliers. -
Enfant, voici des boeufs qui passent,
Cachez vos rouges tabliers !
ALTESSE : vers extraits d'un fragment dramatique autour du personnage de Maglia (oeuvres posthumes de Victor HUgo) . Enregistrement inédit sur le CD Philips 586356-2 "Georges Brassens archives 1953-1980" .
Altesse, il m'a fallu des revers, des traverses
De beaux soleils coupés
d'effroyables averses
Etre pauvre,être errant, et triste, être cocu
Et
recevoir beaucoup de coups de pieds au cul
Avoir des trous l'hiver à mes grégues de toile
Grelotter et pourtant,
contempler les étoiles
Pour devenir, après tous mes beaux jours enfuis
Le philosophe illustre et profond que je suis.