Sommaire

 

Subsidiarité

 

Les corps intermédiaires

"La construction d'une cité harmonieuse passe obligatoirement par la reconstitution de corps intermédiaires. On a trop oublié que l'homme ne vit pas tout seul, qu'il évolue "dans de toutes petites communautés", comme le disait Simone Weil. (Comme le corps humain est composé d'organes inégaux aux fonctions variées, le peuple est un assemblage de groupes différents, et non d'individus juxtaposés indifféremment que l'on compte arithmétiquement). Pour avoir oublié cet ordre naturel, on est tombé dans l'égalitarisme et l'uniformisation qui ont produit les affrontements de classe et d'intérêts, considérés faussement comme une loi de la vie. Le marxisme a systématisé ce principe d'opposition et de lutte".

"Ces organes sont la famille, composée d'un père et d'une mère qui donnent la vie, la protègent, la développent. L'école qui aide les familles à l'éducation des enfants. Les métiers qui intègrent ses membres dans la profession, forment, organisent les solidarités primaires et soutiennent les entreprises. Les entreprises qui créent, fabriquent, échangent. Les associations multiples qui répondent aux goûts, affinités, besoins de chacun : sociétés de pêche, art, culture, sport... les communes, les quartiers, les cantons assurent les besoins territoriaux. Les pays et les peuples en fonction du terroir, du climat, développent les coutumes locales. Les régions, ensembles intermédiaires plus vastes jusqu'à la nation, qui à son tour constitue un intermédiaire par rapport aux entités continentales et internationales".

"Chacun de ces rouages joue le rôle d'amortisseur, qui encaisse les à-coups de la vie. Il n'y a plus de classes supérieures et de classes inférieures qui s'affrontent ; plus d'entreprises puissantes qui absorbent les plus faibles. Chacun dans sa sphère oeuvre pour le bien de tous. Qu'un seul défaille, c'est la pagaille. Comme dans l'orchestre, chacun joue fidèlement sa partition. Imaginez le désordre si le premier violon revendiquait la liberté de concurrencer en puissance ou en vitesse le second violon !"

"Chaque corps intermédiaire correspond à une identité qu'il faut enrichir et préserver. C'est dans son espace propre de compétence qu'il doit jouir de libertés et exercer sa propre souveraineté, qui est un droit à l'autosuffisance fondé sur la liberté des personnes à s'autogérer. Aussi doivent-ils disposer de pouvoirs correspondants, c'est-à-dire être capables de faire leurs propres lois, assurer leur propre police et disposer des moyens financiers de leur indépendance. Les corps intermédiaires sont les éléments indispensables du lien social et les facteurs indispensables d'intégration. Au lieu de l'assistance et de la solidarité mécanique, ils doivent accomplir la plus grande partie des tâches de solidarité sociale.

Il faut remettre aux groupes décentralisés territoriaux et organiques les pouvoirs qui les concernent et restaurer la commune, la région, les corps économiques, sociaux et civiques dans leur plénitude au détriment de la centralisation de tous les pouvoirs".

"Dès lors la société est une fédération d'états autonomes interdépendants entre eux. Leurs rapports se règlent par compromis ou contrats négociés. Ces contrats deviennent autant de lois privées, authentifiées par l'autorité de l'Etat, qui les hisse au niveau de droit public. L'Etat n'est plus alors le gérant, mais le garant de ces souverainetés partielles qu'il protège, accroît et contrôle en vue du Bien Commun. La souveraineté nationale, établie sur le nombre, peut alors éclater en une multitude de souverainetés divisibles, sectorielles, mais solidairement unies au sommet autour d'un pouvoir renforcé".

"Parler de subsidiarité sans corps intermédiaires est un non sens. Le respect de la subsidiarité implique la reconnaissance d'une stratification sociale, la différenciation des pouvoirs et des inégalités qui en découlent".

(Restaurer le peuple en ses états. Une société de corps intermédiaires. - Benjamin Guillemaind Alliance Sociale des Peuples et Pays de France. 11 rue du Bel Air. 94230 Cachan).

 

Le malentendu national

L'Humanité s'édifie sur les communautés naturelles et leur hiérarchie. La famille à la base, avec ses deux cadres d'expression que sont le métier et le village, la corporation et la paroisse déterminent la patrie, le lieu que l'on tient des pères et où l'on devient père.. A partir de la complexification qui s'ensuit, on en arrive à la conception de la nécessité nationale, et j'insiste sur le mot " nécessité". Pourquoi ? Parce que Si l'on peut reporter sur la nation une partie de la charge affective que l'on tient de la patrie, la nation reste plus une affaire de raison que de sentiment. Et je reprends ce que j'ai énoncé à propos de la bataille de Poitiers. C'est la nécessité de s'unir avec les plus semblables contre les plus différents qui constitue la nation. Par nature, la nation se fédère.

La nation est la forme composée qui donne aux relations équitables le plus de garanties. Elle constitue un faisceau de relations protégées contre les égoïsmes intérieurs et les empiétements extérieurs. Elle est le moyen terme connu contre tous les excès. Contre le danger de la réduction et celui de la dispersion. Car il y a une utopie de l'enfermement et une utopie de l'étalement nationalitaires d'un côté, mondialistes de l'autre.

Dans " Pacem in terris", Jean XXIII s'exprimait ainsi

" Il nous faut déclarer de la façon la plus claire que toute politique visant à contrarier la vitalité et l'extension des minorités est une faute grave contre la justice, une faute encore plus grave lorsque, en agissant ainsi, elles se proposent de les faire disparaître.

Au contraire, rien qui ne soit plus conforme à la justice que l'intervention des pouvoirs publics en vue d 'améliorer les conditions de vie des minorités ethniques, spécialement en ce qui concerne leur langue, leur culture, leurs coutumes, leurs richesses et leurs entreprises économiques ".

(Alexis Arette)

La liberté sociale.

La liberté sociale est la possibilité d'agir avec intelligence dans la société. Entre la tyrannie et l'anarchie, les différentes formes de société comportent plus ou moins de liberté et d'efficacité au service de l'homme. La plus grande liberté sociale est procurée par l'organisation en corps intermédiaires.

La liberté sociale diminue quand les impôts augmentent. En effet, les impôts correspondent à des dépenses obligées que payent les citoyens sur l'ordre de l'Etat. Ils sont utilisés par des fonctionnaires, qui détiennent une partie de l'intelligence du pays, mais qui substituent leurs décisions à celles de millions de contribuables. Quand les impôts deviennent trop grands, ils recouvrent une part notable de l'activité du pays, alors qu'une grande partie des décisions devraient revenir à des échelons inférieurs à celui de l'Etat.

La liberté sociale diminue quand le taux des intérêts augmente. En effet l'emprunteur dans son entreprise est le mieux placé pour savoir comment utiliser avec intelligence le produit d'un investissement, et s'il est obligé de reverser ce produit au prêteur, sous la forme d'un intérêt ou d'un dividende élevé, il y aura des chances pour qu'il se réinvestisse de façon moins efficace.

On peut apprécier la liberté sociale par l'autonomie des corps intermédiaires. Il existe des corps de l'Etat qui ne sont pas des corps intermédiaires parce qu'ils sont composés de fonctionnaires placés directement sous l'autorité des ministres. Ils sont le moyen d'action de la liberté de l'Etat lui-même. Tel est par exemple le corps des préfets des départements. Les maires des communes devraient avoir une autonomie beaucoup plus grande que les préfets, et la dépendance trop grande qu'ils ont vis-à-vis de ceux-ci exprime l'insuffisance de leur liberté sociale.

Le nombre des corps intermédiaires donne une mesure de leur liberté sociale. Quand ils sont florissants, ils doivent foisonner. Chaque corps intermédiaire exprime une manifestation de liberté de ses animateurs, et une restriction de liberté de ses adhérents, qui se remettent aux premiers de leurs décisions. L'objet de chaque corps intermédiaire est limité à la compétence de ses animateurs, et il peut exister autant de corps intermédiaires que de compétences qui peuvent agir.

Le problème de la liberté soulève celui de l'honnêteté. Si la moralité manque, on est tenté de la rétablir par le moyen de la prison. On est tenté de se défendre contre le méchant, de faire la guerre, de faire des prisonniers, de faire des esclaves. Le moyen nécessaire à l'établissement d'une société de liberté, c'est l'amour du prochain et le pardon des offenses.

Notre siècle a vu les guerres mondiales, la torture, l'exclusion et l'insécurité. La révolution n'a pas rencontré d'obstacle dans le progrès des sciences et des techniques, qui lui ont fourni, avec des armes nouvelles, l'argument du scientisme. Elle a profité de l'incompréhension de la religion, qui dit de pardonner les offenses, mais dont on a tiré l'argument de "la guerre juste", sous le prétexte que le plus grand amour est de mourir pour ses amis, comme l'a fait le Christ. Le grand argument de la déchristianisation est l'Inquisition, opposée aux préceptes évangéliques, et due au pharisaïsme des chrétiens, qui la pratiquent encore tout en répudiant la théorie. Ils se sont écartés du précepte "prêtez sans chercher de profit", d'abord en ne pratiquant pas le prêt, puis, ayant constaté que celui-ci est indispensable à l'économie, en autorisant l'usure qui a favorisé la croissance économique, mais aussi les crises et le chômage.

Les corps intermédiaires naissent et se développent tout naturellement dans la société, si on ne cherche pas à les étouffer, auquel cas ils réapparaissent sous forme de lobbies ou de partis politiques. Le danger des corps intermédiaires est qu'ils se fassent la guerre entre eux, et c'est pourquoi il est nécessaire qu'ils soient coiffés par une autorité plus haute chargée de maintenir la paix sans les détruire.

La liberté des minorités.

Dans le livre "Le christianisme va-t-il mourir ?", l'historien Jean Delumeau a fait le constat de la perte de la foi des nouvelles générations, sous l'effet de la philosophie des Lumières, et de la révolution qui remplace le règne du Père des cieux par la volonté de l'homme.

La révolution cherche sa justification dans la volonté du plus grand nombre. Elle développe une utopie d'après laquelle c'est la majorité qui est la source du droit. Mais alors les minorités sont effacées par la centralisation des pouvoirs, les langues régionales dépérissent, les corps intermédiaires disparaissent, laissant seuls face à face l'individu et l'Etat, comme le zéro et l'infini. Les hommes sont nivelés dans une égalité théorique où les plus faibles sont victimes de la compétition obligatoire.

Les langues régionales

Les régions sont des corps intermédiaires particuliers, possédant chacun sa langue régionale, dans laquelle s'exprime le génie propre de son peuple, souvent avec une saveur sans pareille. Ces langues régionales rencontrent souvent des détracteurs comme celui-ci :

Message sur un forum :

Pense à toute l'énergie consacrée en permanence aux traductions (avec tous les risques d'erreurs d'interprétation ou de pertes de sens que celles-ci impliquent) par rapport au plaisir qu'il y aurait à pouvoir se promener sur toute la planète en utilisant une langue unique. C'est d'ailleurs ce qui est en train de se passer, l'anglais développant peu à peu un statut de lingua franca sur l'ensemble du monde. J'aime beaucoup le français, peut-être pour la même raison que le programmeur tient au langage qu'il maîtrise le mieux, mais les avantages que je lui connais sont néanmoins peu de chose face à tous ceux que présente une langue unique et universelle. Langue qui, ne l'oublions pas, n'a pas achevé son évolution pour autant et évoluera d'autant plus vite que seront nombreux ceux qui la pratiqueront.

Réponse :

Il y a du plaisir à utiliser sur toute la planète une langue unique, et à s'y promener en paix. Dans les restaurants indiens de Paris, les serveurs parlent anglais entre eux, parce qu'ils ne se comprendraient pas si chacun utilisait un de leurs 240 idiomes. L'occupation anglaise a apporté dans leur pays une unité qui a été un facteur de la paix perdue au moment de l'indépendance et des massacres.

Le même homme est capable de connaître à la fois l'algèbre de Boole, l'assembleur, le provençal, le français, l'anglais. Mais pour le plaisir d'entendre William Shakespeare décrire la bataille d'Azincourt, et les évêques confirmer à Henry V qu'il fait une guerre juste, il n'est pas disposé à brader la prière pour la paix de Charles d'Orléans, ni le poème "Mireio" dont la saveur de terroir était goûtée par Lamartine et Theodore Roosevelt, et où Frédéric Mistral, "humble écolier du grand Homère", exprime un sentiment de la nature intraduisible en français.

Les centralisateurs en étouffant les langues régionales ont commis un crime contre la beauté et la liberté. Le même genre d'esprit centralisateur a produit les catastrophes qu'on voit en Afrique, en Corse, au Kosovo.

 

Persécutions anti-chrétiennes.

(Forum Canadien Interreligieux)

D'apres le bulletin de Juillet 1999 de "Vie Humaine Internationale" 35 millions de Chretiens ont ete mis a mort a cause de leur foi au cours de ce siecle!

Ce chiffre a ete publie par "l'Encyclopedie Chretienne du monde" ( World Christian Encyclopedia).

Le 20 eme Siecle a produit plus de martyrs que tous les siecles passes reunis !!! (catholiques, orthodoxes et protestants).

Celui qui a ete le plus grand persecuteur des chretiens dans ce siecle est l'union sovietique : exterminant 18 millions d'orthodoxes et de catholiques entre 1917 et 1980 (la plupart dans des camps de prisons.)

En 1920 et 1930, les sovietiques ont tue quelques 200 000 pretres, moines et religieuses orthodoxes.

Ils ont envoye 500 000 pretres orthodoxes et religieux dans des camps d'esclaves ou en prison. La plupart ne sont pas revenus.

Les Soviets ont assassine 2,5 millions de catholiques, y compris 55 eveques.

De l'Allemagne nazie a la Chine rouge, de l'Espagne a Cuba, les chretiens ont ete tortures, tues par balles, affames, pendus, ont travaille jusqu'a la mort dans des camps infestes par la maladie. Des Chretiens ont meme ete crucifies au Soudan, ou 1,5 millions croyants sont morts pour Jesus au cours des dernieres annees.

Meme aujourd'hui le "Ottawa Citizen" rapporte, que de nombreux gouvernements et mouvements tuent 163 000 croyants chaque annee soit 446 hommes, femmes et enfants chaque jour !!!

HLI (Human Life International) fait remarquer que les medias n'en touchent aucun mot, et y paient tres peu d'attention.

Meme pire, nombreux sont les films qui contiennent de la propagande anti-chretienne, ressemblant affreusement aux film haineux des communistes et des Nazis.

Hollywood depeint les pretres et les pasteurs comme des vilains et repandent des images negatives sur les chretiens. Pop-musique et "art de la haine ( hate art) encouragent la bigoterie anti-chretienne.

Que faire? HLI donne des pistes : prier d'abord pour les victimes, puis pour que nos chefs religieux sensibilisent plus les fideles qui parfois ne savent meme pas que ces persecutions existent.

On peut ecrire aux hommes politiques, aux editeurs, aux medias pour qu'ils couvrent ces sujets plus souvent et plus profondement.

On peut demander a Hollywood de produire des films sur la persecution de ces chretiens afin de sensibiliser le public.

Christian Encyclopedia predit qu'en 2025 le nombre de chretiens assassines sera de 210 000 chaque annee.

N'est-ce pas temps de faire quelque chose!

(Valérie)

L'amour du Père.

Les hommes ont besoin de se sentir aimés. L'amour que leur porte le Père céleste est connu par la foi et non par la sensibilité. La Genèse dit que le septième jour le Créateur s'est reposé. L'Evangile dit que l'Epoux est parti en voyage, et que ses serviteurs seront heureux si à son retour il les trouve veillant.

Les mécréants disent que le monde est une horloge qui n'a pas d'horloger, et pour simuler le fait d'être aimés, ils veulent faire leur propre loi. Le but de leur politique est de substituer la loi des hommes à la loi divine. Privée de son origine véritable, la loi humaine ne peut s'appuyer que sur le consentement de la majorité. Elle s'accorde sur quelques points avec le Décalogue (ne pas tuer, ne pas voler), mais elle s'en écarte sous couleur d'humanitarisme (avortement, euthanasie). La dictature de la majorité fait dépérir les minorités, à l'encontre du but des bons gouvernements, qui est de donner aux minorités l'autonomie et les libertés qui leur sont nécessaires, et de les protéger contre les agressions des autres minorités. Cette double action constitue la subsidiarité et la décentralisation.

La formation de la France a empêché les diverses provinces de se battre entre elles, comme le faisaient les Armagnacs et les Bourguignons. La formation de l'Europe doit empêcher la France, l'Allemagne, l'Angleterre, l'Espagne, de continuer leurs luttes séculaires. Mais il ne faudrait pas que cet effet heureux soit payé par le dépérissement de la langue et de la culture de chacune de ces nations, comme il est arrivé aux langues régionales, qui ont été interdites dans les provinces françaises.

La paix résulte de l'application du principe de subsidiarité, qui permet à des populations différentes de vivre ensemble dans le respect mutuel. La guerre résulte d'une volonté centralisatrice abusive, qui veut tout ramener à une uniformité factice. La dictature de la majorité, est le moteur des massacres et des persécutions. Notre siècle a vu les guerres mondiales, la renaissance de la torture, les charniers. Pol Pot, après avoir fait ses études à Paris, a massacré 3 millions de personnes, et envisageait d'en massacrer encore 5 millions de plus. La France a répandu dans le monde les idées contradictoires qui ont engendré des massacres. Le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, si on l'appliquait aux Corses et aux Canaques, porterait atteinte à la République une et indivisible.

Les idées sont fausses quand elles ne sont pas conformes au principe de subsidiarité. Pour empêcher les guerres, il faut une autorité supérieure qui n'enlève pas leur autonomie aux groupes inférieurs.

Prière pour la paix.

Dieu Tout-Puissant nous veuille conforter

Toutes choses en terre, ciel et mer,

Priez vers lui que brief en tout pourvoie,

En lui seul est de tous maux amender ;

Priez pour paix, le vrai trésor de joie.

(Charles d'Orléans,

prisonnier de guerre pendant 25 ans).

 

660corps.htm 10/9/99