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Les idées païennes lavent le cerveau des chrétiens et leur font faire de faux raisonnements. Saint Augustin a écrit ces pharisaïsmes : C'est l'injustice de l'adversaire qui contraint le sage à des guerres justes. Mais à la guerre, personne n'est sage. - Puisque les méchants doivent de toute façon mourir un jour, on peut les tuer tout de suite. Ce raisonnement peut être retourné : puisque les bons doivent mourir un jour, ils peuvent accepter de mourir tout de suite, ce qui présente le double avantage de ne pas violer la loi, et de gagner la vie éternelle. - Un théologien a écrit : La résistance collective à l'agression (nouveau nom de la guerre juste) ne peut être qu'une solution de détresse pour une situation de détresse. Le chrétien ne devrait l'accepter qu'avec la plus grande douleur, lorsqu'il serait convaincu que l'amour de ses frères la lui impose absolument. Mais la guerre fait du mal et ne manifeste pas d'amour. - Luther a dit Le seigneur qui lève son glaive en cas de danger doit savoir que cette oeuvre est juste devant l'Eternel et qu'elle est ordonnée par Lui. Mais les guerres de religion ont été des scandales qui ont détruit la religion.
Un faux raisonnement a été de présenter la fabrication de la bombe atomique comme un moyen de désarmer. Il y a deux groupes mondiaux, celui des anglo-saxons, et puis celui des soviétiques, qui, depuis des années fabriquent, accumulent des armements atomiques. Et à l'heure qu'il est, l'un ou l'autre de ces deux groupes est en mesure de déchaîner en un instant sur l'univers un cataclysme gigantesque. Je ne dis pas d'ailleurs, et je ne pense pas, que les responsabilités soient égales de part et d'autre, dans le fait que jusqu'à présent ces deux groupes n'ont pas pu parvenir à un accord sur le désarmement et sur le contrôle. Je suis pour ma part convaincu que l'Occident désarmerait tout de suite si l'Est voulait le faire. Mais je constate que, les choses étant ce qu'elles sont, chaque jour, à chaque instant, la mort est suspendue sur l'univers. Mais je dis que la France, du moment que les trois autres restent pour leur compte surarmés, la France ne consent pas du tout à une infériorité chronique et gigantesque. D'ailleurs, quand nous serons une puissance atomique, ce qui ne tardera plus guère, nous aurons d'autant plus de moyens pour faire sentir notre action, dans les domaines qui nous sont chers, et qui sont utiles à tous les hommes, c'est-à-dire la sécurité mondiale, et aussi le désarmement (de Gaulle, mai 1958). - C'est une application du principe païen Si tu veux la paix prépare la guerre.
Pour justifier la guerre, on a proposé la notion de guerre juste modérée. Mais le docteur Jean Rathelot objectait : guerre juste, cela ne veut rien dire, si je suis le plus faible. On ne peut pas gagner la guerre si on la fait de façon modérée. Au Viet-Nam, les généraux Américains disaient : Nous ne pouvons pas gagner si nous faisons la guerre avec une main dans le dos. Entreprendre une telle guerre, c'est s'engager dans une escalade, ou c'est déclencher une tuerie sans espoir. - Pendant leur guerre avec la Chine, les Japonais ont bombardé les villes avec des puces porteuses de la peste. C'était la guerre bactériologique. - On a dit, en parlant de la guerre chimique On fait la guerre avec les armes qu'on a (L'ambassadeur d'Irak en France, au moment de la guerre du Golfe). - L'empereur Trajan, après avoir exterminé le peuple des Daces, érigea la colonne Trajane pour célébrer ses exploits. Il offrit au peuple romain 4 mois de jeux du cirque ininterrompus, au cours desquels 10.000 gladiateurs s'entre-tuèrent.
Même si elle ne faisait qu'un seul mort, la guerre serait injuste. Il est dans la nature de la guerre d'être féroce. La guerre est le triomphe du méchant. Le plus méchant gagne, et reçoit les honneurs militaires. Pour faire fléchir l'adversaire, on lui fait plus de mal qu'il n'en fait lui-même. Cela le confirme dans son droit de faire du mal, et déclenche chez lui un réflexe de vengeance. Au cours de la bataille d'Angleterre en 1940, un bombardier allemand en perdition se délesta de ses bombes sur la ville de Londres. Aussitôt les Anglais larguèrent des tonnes de bombes sur la capitale allemande, et Hitler déclara : Si les Anglais lancent 200 bombes sur Berlin, nous en lancerons 2000 sur Londres ! Cette escalade aboutit à ce crime contre l'humanité qu'a été le bombardement de Dresde. A cette époque, la politique britannique a consisté à exterminer les civils allemands en tant que tels. Cette politique ne pouvait pas être comprise par la population. Le gouvernement a expliqué qu'il poursuivait des attaques sur des objectifs strictement militaires à la périphérie des grandes villes. Ce mensonge a été maintenu, pendant la guerre, parce que la moralité commune répugnait à de telles attaques sur des civils. Après la guerre, le succès remporté par cette politique machiavélique (on pourrait en dire autant des bombardements américains), a fait oublier les exactions commises. Bien que cette moralité commune ait été érodée fortement, elle existe encore et rappelle les principes. Cependant on n'a exprimé aucun repentir ni aucune condamnation spécifique et vivante à l'égard des bombardements fructueux de la seconde guerre mondiale. (John Finnis).
On trouve des raisons pour justifier les actes les plus atroces. Hitler a fait le raisonnement suivant : Si j'envoie à la mort la fleur de la jeunesse allemande, j'ai bien le droit d'exterminer une race inférieure qui se reproduit comme la vermine. - Il faut retourner ce raisonnement, et dire que Hitler n'avait pas le droit d'exterminer des millions de Juifs, ni d'envoyer à la mort la jeunesse allemande. - Un aumônier militaire écrit, pour justifier la deuxième guerre mondiale : On ne pouvait pas laisser Hitler massacrer les Juifs. - Mais la guerre n'a pas empêché le massacre des Juifs, au contraire elle a rendu possible un holocauste impossible en temps de paix, quand les journalistes étrangers circulent librement. Hitler a commencé par répandre en Allemagne, à des millions d'exemplaires, les sermons dans lesquels Luther développait contre les Juifs des arguments qui étaient les mêmes que ceux des prédicateurs catholiques.
Dans le très beau livre du Cardinal Lustiger (Le choix de Dieu, p.458) on trouve malheureusement de faux raisonnements en faveur de la guerre défensive : - La guerre défensive peut être légitime... Il s'agit au fond du droit de légitime défense - étendue à l'échelle des nations et des peuples ; si on veut vous prendre votre vie, vous avez le droit de vous défendre. - Mais cette affirmation contredit ce qui est écrit deux pages plus loin : Ne résistez pas aux méchants... Je devrais me comporter de cette façon pour être fidèle au Christ.
- Dans un cas ultime et extrême, il faut avoir le courage de perdre sa vie pour sauver les raisons de vivre. - Mais en tout temps nous pouvons avoir à donner notre vie. Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Le problème de la guerre n'est pas de savoir si on doit donner sa vie, mais si on a le droit de prendre la vie des autres.
- On ne peut pas imposer par la contrainte politique l'obéissance au Christ : ce serait un glissement de la mystique dégénérant en mauvaise politique. - Evidemment, on ne peut pas contraindre les hommes à ne pas employer la contrainte. Mais ni les évêques ni les chrétiens ne doivent employer la contrainte. Ce qu'il faut, c'est annoncer le royaume de Dieu, au lieu de justifier ceux qui s'en écartent. En 1914, la contrainte politique a imposé huit millions de morts. Si les chrétiens Français et Allemands s'étaient déclarés objecteurs de conscience, est-ce que le carnage aurait été possible ? Et s'ils ont fait la guerre, n'est-ce pas à cause des erreurs répandues dans les traités de théologie morale ?
- Le désarmement unilatéral est la transposition, au plan collectif des nations, de l'attitude du martyr... Obtenir par voie de pression ce suicide politique ne peut être acceptable. - Mais il existe de nombreuses nations désarmées ou des nations en état d'infériorité militaire manifeste, qui ne sont pas pour cela en état de suicide politique. Ce qui est un suicide politique, c'est de faire une guerre qu'on a une chance sur deux de perdre, alors que, même si on gagne, on perd plus qu'on ne gagne. (La seule façon de gagner au jeu de la guerre, c'est de ne pas jouer).
Il en va de même... du voeu de pauvreté. Les chrétiens ne peuvent pas en faire une exigence politique imposée à leurs concitoyens. - Mais avec ou sans voeu de pauvreté, il reste interdit de voler. En temps de paix ou en période troublée, il reste interdit de tuer. Jésus-Christ est le Roi des nations et sa morale s'applique à la société autant qu'à la personne humaine. Un péché reste un péché même s'il est collectif..
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Rex pacificus magnificatus est, |
Le roi pacifique est magnifié, |
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Dominabitur a mari usque ad mare, |
Il dominera depuis la mer jusqu'à la mer, |
He will rule from sea to sea |