Sommaire

 

La défense est illégitime

 

Histoire de l'usure

 

Dans l'Antiquité, l'usure était pratiquée couramment. Les témoignages de Salluste, Horace et Plutarque décrivent la révolution agricole qui s'est produite quand les petits propriétaires ont été ruinés par l'usure, à la suite des conquêtes romaines qui avaient développé l'esclavage. Grâce à la main-d'oeuvre servile, la grande propriété reçoit une impulsion nouvelle. Le petit propriétaire subit un drame douloureux aux actes multiples qui, de chute en chute, finira par le précipiter dans la masse du prolétariat urbain. Parfois il vend à vil prix son domaine. Les plus vaillants acceptent la lutte. Pour sauver leurs champs, ils empruntent. Dès ce jour ils sont perdus. Le taux très élevé de la dette (10%) et la pratique de l'usure ne leur permettent pas de se libérer. Mais la terre est là qui sert de gage à la dette. Le créancier s'en empare, et par ce procédé encore, la grande propriété s'augmente d'autant. (Léon Homo - Nouvelle histoire romaine, Arthème Fayard, 1941). - Au Moyen Age, on n'imaginait pas la possibilité d'un prêt sans usure, et on ne prêtait pas. L'économie stagnait, la pauvreté restait le sort commun. Il est difficile d'expliquer pourquoi les préceptes de l'Evangile n'ont pas été mieux suivis. Il est probable qu'on ne les avait pas compris, comme maintenant on ne les comprend toujours pas, malgré les leçons de l'histoire. Au début du siècle, un bon chrétien, administrateur de la Caisse d'Epargne, donnait comme conseil à son filleul : "Ne prête jamais d'argent, sinon tu te feras des ennemis". C'est peut-être pour des raisons de ce genre qu'au temps de Saint Vincent de Paul, il y avait à Paris 40.000 mendiants. On voulait les enfermer pour ne plus les voir. La réhabilitation du prêt a inauguré l'économie moderne, qui s'est développée de façon exponentielle, grâce à l'essor de l'activité industrielle, malgré une usure croissante.

Le profit ne doit pas aller aux riches plutôt qu'aux pauvres. Le but de l'économie est au contraire de répartir le mieux possible la richesse entre les hommes. La critique de l'appropriation du profit par les riches a été faite il y a un siècle et demi par les socialistes. Marx appelait plus-value, et Proudhon aubaine, l'opération que nous faisons quand nous retirons de notre argent un profit de 9,60% par exemple, supérieur au taux d'inflation. La société se dévore : 1° par la suppression violente et périodique des travailleurs (les licenciements) ; 2° par la retenue (l'aubaine) que la propriété exerce sur la consommation du producteur... Le peuple des travailleurs ne peut acheter ni les étoffes qu'il tisse, ni les meubles qu'il fabrique, ni les métaux qu'il forge... Telle est l'aubaine perçue par le capitaliste, telle sera la fréquence et l'intensité des crises commerciales. Voulez-vous connaître la marche d'une société ? Informez-vous de la masse des capitaux portant intérêt, et du taux légal de cet intérêt. Le cours des événements ne sera plus qu'une série de culbutes, dont le nombre et le fracas seront en raison de l'action des capitaux... La propriété est impossible, parce qu'on vend au travailleur le produit plus cher qu'on ne le lui paye. (Proudhon - Qu'est-ce que la propriété ? 1840). Ces prophéties ont reçu confirmation par les crises économiques décennales observées, souvent avec un chômage important, en 1816, 1825, 1836, 1847, 1857, 1866, 1873, 1882, 1890, 1900, 1907, 1911, 1920, 1929, 1937, 1970 (Clément Jurglar - Des crises commerciales et de leur retour périodique en France, en Angleterre et aux Etats-Unis, Paris, Guillaumin, 1889 - Maurice Flamant et Jeanne Singer-Kérel - Crises et récessions économiques, Presses Universitaires de France, collection Que Sais-je ? n°1295, 1974). Les communistes ont voulu résoudre ce problème par la lutte des classes et la dictature du prolétariat. Mais ils n'y ont réussi qu'en supprimant la liberté.

Les usuriers dépouillent les hommes en prétendant les servir. La source de toute richesse disparaît quand les travailleurs s'appauvrissent. Les changements intervenus depuis Proudhon n'empêchent pas les mêmes causes de produire les mêmes effets. La grande production de masse, qui procure au capitalisme industriel ses revenus, n'est possible que si elle trouve en face d'elle une consommation de masse, c'est-à-dire un pouvoir d'achat correspondant à ses prix de vente. Or le capital retire à la masse des salariés et des paysans une part constitutive du prix de vente (intérêt, profit, plus-value, usure). Il est donc fatal que des destructions constantes de capitaux et des crises économiques périodiques, sous leurs différents aspects matériel, financier, monétaire, ajustent l'offre à la demande. (L'inspecteur général de l'agriculture J.M.Gatheron - L'usure dévorante - Les éditions ouvrières, Paris 1963). Ce texte peut être considéré comme une prophétie qui a prédit 30 ans à l'avance, en pleine période glorieuse, la crise de 1993.

L'usure a été sévèrement interdite par les religions monothéistes. Mais à la suite de l'évolution historique, les prédicateurs ont abandonné la tradition judaïque et chrétienne, comme en témoigne ce texte : Nous aurons une récompense si nous aimons ceux qui ne nous aiment pas. Un cas concret de cette charité bienfaisante : le prêt. Tantôt le prêt pur et simple, tantôt le prêt à intérêt. Il y a une discussion millénaire sur le prêt. Maintenant le prêt est une opération bancaire légitime. En donnant de l'argent, vous donnez une possibilité de travail, et donc le prêt peut porter des intérêts. Dans l'Antiquité, voyez surtout Aristote, et puis St Thomas d'Aquin, l'argent est stérile. Comme dit Aristote, l'argent ne fait pas de petits. Donc, si vous prêtez, exigez au maximum qu'on vous rende ce que vous avez prêté, mais pas un centime de plus, puisque l'argent est stérile. Les conditions modernes de capital et de travail sont tout à fait autres. Mais toute la Bible est contre le prêt à intérêt, étant donné que c'était un acte de miséricorde et non pas une opération commerciale. Toujours est-il que les païens prêtent en espérant être remboursés, littéralement afin de recevoir l'équivalent du capital prêté. On rentre dans ses débours. Les chrétiens, eux, exécuteront ce service traditionnel de l'amour du prochain de la façon la plus gratuite et désintéressée, en acceptant de ne jamais recevoir leur dû. Cela s'appelle en bon français prêter à fonds perdus. Ce raisonnement confond l'aumône et le prêt. La confusion est facilitée par l'infidélité de la traduction. Le verset (Luc 6 34) de la Vulgate contient le verbe foenere qui signifie prêter à intérêt. Le texte grec contient le verbe daneizô, qui signifie aussi prêter de l'argent à intérêt. Mais le mot intérêt n'apparaît pas dans la traduction française de la Bible de Jérusalem (colonne de droite). Le mutuum était le prêt mutuel sans intérêt.

Ean daneizete par ôn elpizete labein, poia umin xaris (estin) ;

Si mutuum dederitis his, a quibus speratis recipere ; quae gratia est vobis ?

Si vous prêtez quand vous êtes sûrs qu'on vous rendra, quelle reconnaissance pouvez-vous attendre ?

Xai amartoloi amartolois daneizousin ina apolabôsin ta isa.

Nam et peccatores peccatoribus foenerantur, ut recipiant aequalia.

Même des pécheurs prêtent aux pécheurs pour qu'on leur rende l'équivalent.

Agatopoieite kai daneizete meden apelpizontes.

Benefacite, et mutuum date, nihil inde sperantes.

Au contraire, faites du bien et prêtez sans rien espérer en retour.

Kai estai o misthos umôn polus, kai esesthe uioi uphistou, oti autos xrestos estin epi tous axaristous kai ponerous.

Et erit merces vestra multa, et erit filii Altissimi, quia ipse benignus est super ingratos et malos.

Alors votre récompense sera grande, et vous serez les fils du Dieu Très-Haut, car il est bon, lui, pour les ingrats et les méchants.

La distinction entre oeuvre de miséricorde et opération bancaire était aussi valable dans l'antiquité que maintenant. On parle de banques dans l'Evangile (Matthieu 25 27). Le commerce a toujours eu besoin de prêt d'argent. Si l'intérêt était interdit autrefois, il l'est toujours aujourd'hui.

Les chrétiens ont toujours pratiqué, le précepte de faire l'aumône, mais jamais de façon généralisée le précepte du prêt gratuit ou non usuraire. Avec quelques hésitations, les pays catholiques et luthériens suivent le mouvement (d'acceptation du prêt à intérêt, inauguré par les pays calvinistes), puis s'y engagent à fond. Les premiers ont même tendance, au 19e siècle, à passer d'un excès dans l'autre, religion et finance liant un peu trop leur sort. En 1891, l'encyclique Rerum Novarum du pape Léon XIII exprimera la recherche d'un juste milieu. Les papes suivants apporteront quelque lumière sur la doctrine sociale de l'Eglise catholique : la propriété privée constitue un droit naturel, mais selon la formule lancée par Jean-Paul II, elle est grevée d'une hypothèque sociale ; parmi les diverses façons possibles de gérer un patrimoine, aucune n'est rejetée a priori ; en particulier le prêt à intérêt ne fait l'objet d'aucune discrimination ; les professions financières sont aussi respectables que les autres, mais elles devraient peser plus attentivement la portée morale de leurs actes. Le catholicisme social rejoint ainsi le protestantisme social et plus généralement l'humanisme social. Ils s'expriment, de temps à autre, par de grands voeux pieux, telle la mise en place d'un capitalisme populaire. Plus concrètement, dans la vie courante, ils suscitent d'innombrables interventions publiques à tous les stades de la formation, de la circulation et de la conservation de l'épargne. (Jean Rivoire. L'épargne. Presses Universitaires de France 1981). Le Catéchisme de l'Eglise Catholique paru en 1993 ne comporte dans son index thématique ni le mot prêt, ni le mot intérêt, ni le mot usure.

En conclusion, on ne peut pas empêcher les pécheurs de chercher un profit usuraire. Mais les chrétiens, qui sont le sel de la terre ne doivent pas faire la même chose pour l'amour de l'argent.

 

Le Prêt Gratuit selon Mgr d'Astros

(Action pastorale et problèmes sociaux sous la monarchie de Juillet chez Mgr d'Astros, archevêque de Toulouse, censeur de La Mennais. - Par Paul Droulers s.j., Vrin 1954).

Le régime de Juillet ne marque pas seulement une évolution politique en France. Le développement industriel, la construction des chemins de fer, les problèmes de circulation des richesses préoccupent la bourgeoisie. C'est vraiment après 1840 que s'organise la grande transformation économique. En même temps un fait commence à émouvoir le public et le Gouvernement, celui de la misérable condition à laquelle est réduite la classe ouvrière nouvelle, celui du paupérisme comme l'on dit alors : cette paradoxale et cruelle rançon de l'accroissement de la prospérité économique et de l'accroissement de la richesse générale apportés par l'expansion de l'industrie et son perfectionnement, par les progrès du capitalisme peu à peu en train de s'épanouir. On s'aperçoit que la réalité humaine n'est pas entièrement en accord avec les vues optimistes de l'école économique libérale classique. M.Joseph Hours peut écrire que, de 1830 à 1840, peu à peu l'attention se tourna vers la question ouvrière et, en quelques années, elle passa au premier rang de l'actualité.

L'Aumône

Mgr d'Astros dans son mandement de Carême de 1841 traite du devoir chrétien de l'Aumône. Il la cite à côté de la foi, de la patience, de la douceur, de la prière, du jeûne, mettant davantage en relief sa valeur spirituelle pour le donateur que le profit temporel de celui qui la recevait, suivant en cela les grands sermonnaires de l'Ancien Régime, tels que Bossuet. Il est permis d'améliorer son état, mais à certaines conditions... pourvu que vous apportiez à ce soin une modération chrétienne, que vous évitiez le reproche d'Isaïe aux riches habitants d'Israël : "Malheur à vous qui ajoutez maison à maison, qui joignez champ à champ, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de place, pour rester seuls propriétaires au milieu du pays" (Isaïe 5 8). Il estime démesuré l'accroissement des grosses fortunes capitalistes, la concentration excessive de la propriété, la formation d'un vaste prolétariat dont les membres, misérables, ne possèdent rien. Mais l'archevêque ne semble pas s'être rendu compte que le développement de l'économie capitaliste prenait des proportions telles qu'on arrivait à une transformation spécifique de la structure sociale, d'une autre nature que jadis. C'est pourquoi il pouvait croire qu'il suffirait du même moyen qu'autrefois, l'aumône, pour pallier l'accroissement des maux qu'il apercevait.

Le Prêt à Intérêt

En 1842, Mgr d'Astros prit position contre le Prêt à Intérêt. Depuis le XIIIe siècle au moins l'enseignement commun de l'Eglise (théologiens, canonistes, Papes et Conciles) incluait, dans la condamnation de l'usure, le prêt à intérêt en général, pris en soi, et il n'admettait la perception d'un intérêt, en plus du principal prêté, qu'en vertu de titres extrinsèques au prêt même (dommages ou risques pour le prêteur). En France, l'Eglise et même la législation civile étaient demeurées intransigeantes jusqu'à la Révolution, en dépit des instances de certains économistes philosophes (comme Turgot, qui voulait la liberté absolue du prêt, et s'opposait même à toute limitation légale du taux). A partir de 1830, l'adoucissement de la conduite des confesseurs causa plus de gêne que de satisfaction à la majorité du clergé français. Une polémique active se développa entre 1830 et 1840. On en arriva à considérer la question du prêt à intérêt comme une opinion libre dans l'Eglise. A partir de 1850 on assura que cette question ne faisait plus difficulté chez les juristes et les théologiens, mais qu'elle était à nouveau posée par les Socialistes. On peut admettre que l'archevêque ait été plus frappé par les ravages que l'usure exerçait dans les villes et les campagnes de son diocèse, que par les conditions de l'économie nouvelle, peu développée encore dans sa région, et que cela ait contribué à le maintenir dans ses anciennes positions doctrinales. Cette disposition tendait à couper le christianisme du contact avec le monde réel, et donc à toute action sur lui.

Le Prêt Charitable

Les établissements de prêt sur gage ou Monts-de-Piété avaient été supprimés sous la Révolution, puis, devant les abus croissants de l'usure, réorganisés au début du XIXe siècle sous l'impulsion de l'Etat et avec son contrôle. Un décret de 1804 stipule qu'aucune maison de prêt sur gage ne pourra être établie sinon au profit des pauvres, et avec l'autorisation du Gouvernement. La création des Monts-de-Piété, due aux Franciscains, remonte au XIVe siècle ; les papes approuvèrent, mais les théologiens furent toujours contraires, et en France au XVIIIe siècle l'opinion fut partagée. Les ravages de l'usure se développaient à des taux atteignant 10% par mois. On écrit au préfet en 1818 : il est de notoriété publique qu'on emprunte plus de 600 000 fr. sur gage et que le moindre taux est de plus de 50% par an ; les plaintes portées à la police, aux juges de paix, au tribunal de police correctionnelle, le prouvent si évidemment qu'il est permis de considérer cette vérité comme démontrée.

La Société de Prêt Charitable et Gratuit est une société anonyme qui a pour but de venir au secours des personnes indigentes ou mal aisées, fondée sous le patronage du précédent archevêque de Toulouse, et à laquelle Mgr d'Astros a continué la sollicitude que lui avait prodiguée son prédécesseur. La classe indigente est à la merci d'une odieuse rapacité, qui prélève jusqu'à 10% par mois, et finit par dépouiller de son vestiaire même le malheureux. Le but de l'association est de soustraire les victimes à l'usure qui dévore la classe inférieure. Elle a un capital constitué de 100 actions de 500 francs qui ne portent aucun intérêt et dont le remboursement ne peut être exigé avant 10 ans. Le prêt se fait après une enquête de moralité, sur des sommes inférieures de 1/4 à la valeur du gage, et qui ne peuvent dépasser 300 francs. Le délai est de trois mois, renouvelable une fois, après quoi les gages sont mis en vente, et toute la valeur en excédent remise aux déposants.

Ces statuts et règlements sont calqués sur ceux de la Confrérie du Prêt Charitable de Montpellier, qui remonte à 1674. Il existait en France six établissements de Prêt Gratuit. Le papier à lettres portait en exergue le texte de Saint Luc (6 35) Mutuum date, nil inde sperantes, texte fameux dans l'histoire de la controverse théologique, et qui était utilisé par les adversaires du prêt à intérêt, à la faveur d'une exégèse inexacte. Les statuts furent approuvés par Ordonnance royale en 1828. Dès l'année suivante, l'oeuvre prêta 19.291 F à 408 personnes. Les administrateurs, en présence du bien réalisé, sentirent bientôt le besoin d'accroître les moyens financiers dont ils disposaient. On tenta d'intéresser davantage la municipalité, mais la démarche ne paraît pas avoir obtenu grands résultats. On invita les personnes ayant de l'argent inemployé à le mettre en dépôt à l'oeuvre afin d'accroître momentanément ses disponibilités. On accepta l'offre d'une personne charitable de prêter à la Société 30.000 F sans intérêt. En 1846, à la suite de trois mauvaises années, on ouvrit un compte de crédit de 20.000 F auprès du receveur-général. Mais on ne parvint jamais à faire augmenter sensiblement le capital de l'oeuvre. Néanmoins on tint à rester inviolablement fidèle au principe de la gratuité absolue.

L'oeuvre dura en dépit des attaques calomnieuses dans la presse. Le chiffre des opérations tripla depuis le début. En 1844, 1169 prêts furent consentis pour une somme totale de 53.798 F, soit en moyenne environ 46 F. Mais le Prêt-Gratuit ne parvint pas à se développer, tandis qu'augmentaient les besoins. Le seul appel à la charité désintéressée ne suffit pas (l'expérience le montra) à réunir les capitaux nécessaires au développement d'établissements de grande envergure comme ceux que paraît demander le monde moderne. Un Mont-de-Piété officiel sera établi à Toulouse, à côté du Prêt-Gratuit, en 1867. Il prêtera en retenant un intérêt de 6% par an. Son activité deviendra beaucoup plus considérable que celle du Prêt-Gratuit.

Conclusion

La controverse sur le prêt à intérêt a porté sur deux problèmes différents, quoique liés entre eux : le prêt charitable fait aux indigents, et le prêt de commerce. Pour compléter le devoir traditionnel de l'aumône, qui a toujours été pratiqué, le prêt gratuit a été fait aux indigents de façon exceptionnelle. Il a rencontré les plus grandes difficultés, et n'a jamais pu se développer suffisamment. Le prêt de commerce non usuraire n'a jamais été proposé, et cependant il est plus important que l'aumône pour permettre aux pauvres de travailler, leur éviter de tomber dans l'indigence, et empêcher le développement du chômage.

Comme en toutes choses, "in medio stat virtus". L'Evangile ne condamne pas le profit, il condamne l'usure, ce qui n'est pas exactement pareil. Il s'est opéré une sorte de confusion dans les esprits. On a amalgamé "usure" et "commerce de l'argent", confusion dont on continue à sentir les effets de nos jours (Alain Demerson). Ce ne sont pas des moyens brutaux qui peuvent restaurer l'économie, mais la conviction intime que le taux d'intérêt du prêt, pour être légitime, doit être assez faible pour ne pas produire de chômage.

380histo.htm 27/3/99