Somebody loves me, and I wonder who he could be.
Quelqu'un m'aime, et je me demande qui il pourrait être (George Gershwin).
L'homme est fait pour aimer. Au seul mot d'amour tout son être résonne étrangement. C'est là l'ordre divin. Nous le portons si profondément gravé en nous qu'il se manifeste comme une force irrésistible. (Jean Ousset - L'amour humain - La Cité Catholique, 1959).
L'amour maternel et paternel, filial, conjugal, l'amitié, l'amour du prochain sont les amours de la terre dont le modèle et le but sont l'amour divin. Les époux sont deux en une seule chair. L'amour est leur bien pour toute la vie. Les enfants qui s'activent autour du lit de mort de la mère de famille, et les petits-enfants, témoignent de l'amour qu'elle a donné au cours de sa vie.
Dieu a mis dans notre âme deux besoins : il nous faut des parents qui nous chérissent, mais il nous faut aussi des amis qui nous soient attachés : la tendresse qui vient du sang et l'affection qui procède de la sympathie sont deux jouissances dont nous ne saurions nous passer et dont l'une ne peut remplacer l'autre (Frédéric Ozanam).
L'amour que je donne dépend directement de moi, mais non celui qu'on me donne. Saint Vincent de Paul emploie l'expression amour affectif pour la tendresse que reçoit l'enfant qui ne peut se séparer de sa mère, et qui crie Maman ! quand elle s'éloigne. Il appelle amour effectif celui que donne l'enfant, et qui n'est guère le sentiment d'aimer et d'être aimé. C'est celui d'un grand fils, maître de ses volontés, qui rend service à sa mère, ne cessant pas de s'occuper de la maison et de mettre la main à l'ouvrage. C'est un amour d'autant plus fort qu'on le sent moins. Il ne cesse pas d'opérer, encore qu'il ne se fasse pas voir (Jean-François Six - Saint Vincent de Paul - Editions du Centurion 1980).
La langue anglaise est plus précise que la nôtre quand elle distingue l'amour maternel et l'amour des bonbons. L'enfant aime qu'on lui donne. La mère donne parce qu'elle aime. Le passage du premier mode au second est une purification, un sevrage, qui n'intervient pas seulement pour le lait maternel, mais plusieurs fois au cours de la vie. Il consiste à demander moins et à offrir plus. L'adolescent doit peu à peu se prendre en charge lui-même, apprendre l'amour effectif qui n'exige pas de satisfactions, l'amour durable que devra être l'amour conjugal. Peu à peu l'adulte sera sevré de ses ambitions, de la présence de ses proches, et finalement de sa propre vie, quand il rendra l'âme au Père Eternel.
Le besoin de possession est une déviation de l'instinct maternel. L'enfant peut consommer sa mère ou la mère consommer l'enfant. La mère abusive cherche à retarder le sevrage affectif de l'enfant, qui continue trop longtemps à considérer sa mère comme sa chose. Cette possession mutuelle anormale crée le phénomène du fils à maman. Il y a des reines mères abusives dans l'histoire de France : Blanche de Castille, jalouse de sa bru, empêchait son fils de voir celle-ci. Catherine de Médicis décidait des affaires du roi (elle est responsable du massacre de la Saint Barthélémy). Une maternité qui reste purement biologique prend vite le caractère possessif et tyrannique de tout ce qui est biologique. Il n'y a rien d'honorable en cela. Nous voyons tous les jours de ces maternités destructrices et déshonorantes, qui sont les fléaux des fils à maman, plus méprisables encore que les fils à papa. Certes la maternité biologique a une fonction nourricière et donc nécessaire, dans le tout premier âge de la vie, mais si elle ne se transforme pas dans la suite en amour désintéressé, elle devient purement et simplement monstrueuse.
(Révérend Père Bruckberger).
Le refus du sevrage affectif par l'enfant est l'origine des jalousies entre frères et soeurs, et du climat détestable qu'elles produisent. Il ne faut pas que l'enfant devienne l'enfant terrible, l'enfant roi, l'enfant tyran, mais il faut lui donner des compensations. Si la mère réserve ses câlins au petit dernier, les aînés jaloux deviennent diables. L'entente familiale se disloque. La première phase de l'éducation est celle de l'attachement, la deuxième phase est l'éveil du sentiment de la communauté. Une relation mère-enfant défectueuse produit l'attachement angoissé et la surdépendance. Si la mère, trop affectueuse et trop possessive, empêche l'extension du sentiment de communauté envers les autres personnes de la famille et les étrangers, l'enfant, puis l'adulte, ne se sentira pas à l'aise avec ses semblables, ne sera pas autonome, attendra des autres la solution de ses problèmes et ne pourra satisfaire aux exigences de la vie. Le psychothérapeute devra réaliser les deux rôles de la mère qui n'ont pas été accomplis dans l'enfance du sujet : gagner la sympathie du patient, puis l'aider à la transférer sur son entourage.
La capacité de l'être humain à établir des relations sociales s'acquiert dans la relation mère-enfant. Son échec explique les difficultés de l'enfant gâté. L'élaboration de la personnalité, le choix du style de vie, l'opinion qu'il se fait du monde environnant impliquent la notion de pouvoir créateur. Face aux difficultés de l'existence, c'est lui qui est à l'origine d'un choix courageux dans le sens d'actions utiles pour les surmonter ou au contraire d'attitudes névrotiques pour s'en décharger sur les autres. Lorsque le sens de la communauté se développe suffisamment, le style de vie (établi vers cinq ans) est dirigé dans le sens de la vie, de l'intégration à la communauté humaine, de la conservation de l'espèce. Alors l'agressivité de la personne est tournée vers la solution réaliste des tâches de la vie. Elle s'attaque à des problèmes. Si le sens de la communauté ne se développe pas ou peu, le style de vie trouve une compensation du sentiment d'infériorité dans la volonté de puissance. L'agressivité du sujet se tourne vers une solution erronée des tâches de la vie, elle s'attaque à des personnes (ces points peuvent être étendus au plan collectif...). Adler fait comprendre les mécanismes qui développent la volonté de puissance. Il nous donne des outils pour développer le sens de la communauté. Les êtres humains ont inventé la guerre il y a trois mille ans. Le but le plus enthousiasmant que nous puissions proposer à notre jeunesse n'est-il pas d'inventer la paix ? (Lionel Nadaud, Alfred Adler Erès, 1994, page 181).
L'amour jaloux veut être aimé pour lui-même et non pour les cadeaux qu'il fait. Celui qui est aimé pour lui-même peut se donner lui-même, celui qui est aimé pour ses cadeaux ne peut donner que des cadeaux. Un film met en scène le fils d'un milliardaire américain, amoureux d'une dactylo. Il veut s'assurer qu'elle l'aime pour lui-même et non pour sa fortune. Alors il feint d'être ruiné, et voyant qu'elle l'aime encore, il l'épouse. La nature agit de même envers nous. La création est faite en six jours, et le septième jour le créateur se repose. Il s'absente pour nous sevrer, nous éduquer à l'amour désintéressé, afin que nous aimions encore quand nous perdons tout. Il ne veut pas que nous soyons de ces créatures à qui on donne de l'argent pour qu'elles fassent semblant de donner de l'amour.
Le prophète fait dire au Père céleste : Le feu de ma jalousie dévorera toute la terre. Comme l'enfant éloigné de sa mère, il faut que nous traversions la vie avec une blessure au coeur, un besoin d'amour inassouvi. Tout homme a besoin d'être aimé. Ce besoin n'est jamais comblé sur la terre, parce que le Père ne sera vu que dans l'éternité. Heureux les serviteurs que le maître à son retour trouvera veillant. Les bienfaits temporels ne sont qu'une promesse. Quand ils ont joué leur rôle, ils sont enlevés, pour qu'on ne puisse pas croire que la vie a un autre but que l'amour. Il nous faut peu à peu quitter toutes nos amours - toutes celles qui, invisiblement marquées de possession, seraient de ce fait condamnées à mourir - pour les faire coïncider avec l'Unique Amour, seul capable de les faire vivre à jamais. (Marguerite Ph. Hoppenot - Midi sur le monde - Aubier 1963).
L'homme n'existait pas à l'époque des dinosaures. Il est fabriqué par un mécanisme réglé avec plus d'intelligence que les machines qu'il invente lui-même. Cette manifestation d'intelligence, nous conduit à l'adoration et à un amour plus haut que les amours de la terre. Le saint curé d'Ars disait : Le Bon Dieu nous a mis sur la terre pour voir comment nous l'aimerions. La création est faite en six jours, et le septième jour le créateur se repose. Celui qui donne tout s'absente pour nous sevrer, nous éduquer à l'amour désintéressé, afin que nous aimions encore quand nous perdrons tout. Le soulagement que nous pouvons apporter à nos frères n'est qu'une goutte d'eau dans l'océan des misères. L'Evangile précise que nous devons faire tout ce que nous pouvons, mais que nous restons des serviteurs inutiles. Nos efforts ne suffisent pas à rendre essentielle la vie qui nous est prêtée. Nous devons accepter de rendre cette vie quand on nous la redemande.
Parce que l'amour est le sentiment le plus profond, c'est celui qui craint le plus le mensonge. C'est un mensonge d'appeler enfant de l'amour celui qui est abandonné par son père. L'amour exige le désintéressement, et il est aussi précieux que lui. Pour beaucoup d'artistes, l'amour qu'ils chantent n'existe pas réellement. Ils décrivent surtout l'adultère, le péché qui dissout la famille, rompt l'amour conjugal. Comme la drogue crée un besoin, un attachement, et devient une obsession, le plaisir crée un pôle de fixation qui attache à l'adultère. Il fait le malheur des enfants, victimes silencieuses, innombrables, du consensus au péché. Le plaisir doit aider l'amour à durer, mais il peut le tuer, en faire l'amour sans suite, l'amour qui ne remplit pas la vie, l'amour païen qui dure quelques jours.
Je t'ai onze jours aimée :
l'amour, n'est-ce pas fumée ?
(Paul-Jean Toulet).
Parlez-moi d'amour
redites-moi des choses tendres...
vous savez bien
que dans le fond je n'en crois rien.
(Lucienne Boyer)
Dans toute oeuvre d'art, le diable a sa part.
(Baudelaire)
Quel est le jour où vous sentiez dans votre existence comme quelque chose qui irradiait de vous, qui vous donnait un bonheur dépassant tous les bonheurs que vous aviez connus ? C'est le jour où vous pouviez vous dire à vous-même : il y a quelqu'un qui m'aime, je suis précieux aux yeux de quelqu'un, j'ai du prix, de la valeur pour lui. Et quel jour avez-vous été découragé profondément dans votre vie, les mamans par exemple ? Etait-ce le jour où vos enfants étaient malades ? Non, car ces jours-là vous aviez des trésors d'énergie indomptable. Mais vous avez été découragée le jour où vous vous disiez : je ne compte plus pour mon mari, je ne suis plus qu'une machine à laver la vaisselle ou à repriser, je ne suis plus quelqu'un, je ne suis que quelque chose à ses yeux.
(Jacques Loew - Si vous saviez le don de Dieu - Cerf, 1964).
L'adoption - Dans le cas de l'adoption d'un enfant, des motifs divers peuvent intervenir. Nous pourrions rappeler avec Florence Brière-Loth que, d'une part on adopte parce que l'on a accepté sa stérilité, et non pour l'accepter, et que, d'autre part si on adopte un enfant, c'est pour lui. Ce n'est pas un palliatif de la stérilité, une solution de remplacement.
- Du besoin d'enfant aux besoins de l'enfant - Parmi les couples qui ont déjà des enfants, on peut mentionner l'évolution de la demande chez les parents adoptifs, qui s'ouvre de plus en plus selon la maxime :
le premier on l'a pour soi
le second on l'a pour le premier
le troisième on l'a pour lui-même.
- L'enfant de remplacement - Il faut citer à part la motivation des couples qui, ayant perdu un enfant souhaitent continuer à apporter de l'affection à un enfant. Mais il faudra s'assurer qu'ils ont bien fait le deuil de l'enfant décédé et ne cherchent pas à le remplacer par un enfant sur lequel ils risqueraient de projeter l'image et les souvenirs du défunt (sexe, physique, prénom).
Comme tout acte qui dépend de l'intelligence et de la volonté, l'amour humain est soumis à des commandements. Des journalistes ont demandé à l'archevêque de Paris (Jean-Marie Lustiger - Le choix de Dieu) s'il n'était pas tombé amoureux avant d'entrer au séminaire. Il a répondu que certains de ses camarades tombaient amoureux, parce qu'ils le voulaient. Mais un jeune homme qui se destine à être prêtre a la volonté de ne pas tomber amoureux. L'amour effectif est robuste. L'amour qui renonce à une union impossible ne cesse pas d'être un véritable amour, qui ne doit rien à l'attrait d'une récompense. L'amour mendiant et débile a besoin de l'illusion ; l'amour donnant ne redoute rien de la vérité... L'amour découvre le Père, mais il ne le crée pas. Sans l'amour, on ne Le trouve pas où il est. (Gustave Thibon). Le plus haut amour est celui que donne le Créateur, et le Rédempteur crucifié. Son nom véritable, c'est la charité, par laquelle l'homme peut imiter l'amour du Père. Il faut rendre les biens que le Créateur nous prête. Le but et la fin de la vie sont de faire monter notre pensée vers son Auteur. - Le Père Avril dit que les vieillards devraient vivre complètement perdus dans leur Créateur, plutôt que dans la télévision. - Saint Augustin dit que quand on a lu un psaume, toute autre poésie paraît vide.- Dans le film Le crabe tambour, le commandant du navire, atteint d'un cancer, dit au médecin du bord, qui lui fait une piqûre de morphine : Je ne peux plus lire que la Bible.
L'amour qui prend est dominateur. L'amour qui donne est serviteur. "Je ne servirai pas", c'est le cri de celui qui refuse de donner de l'amour. Il y a un rapport entre l'amour et la puissance. L'amour qu'on reçoit donne une liberté. Dieu m'aime et me donne la liberté de trouver moi-même le moyen d'aider les autres. L'amour qu'on donne rend serviteur et esclave. Aimer Dieu, c'est obéir à ses commandements, faire sa volonté. Ses commandements se résument à aimer. Une personne qui aime devient esclave, elle appartient à celui qui est aimé. Le Tout-Puissant veut qu'on l'aime totalement. L'évangile demande à celui qui est aimé de devenir le serviteur de celui qui l'aime. C'est pourquoi il dit : Ne vous faites appeler ni père ni maître. L'amour partagé rend à la fois serviteur et libre.
On recherche la puissance pour simuler le sentiment d'être aimé. Dans le Théâtre des Gobbi, la femme qui dit : mon chéri, fais ceci ; mon chéri, fais cela, veut dire : mon esclave. - La magie est une tentative pour mettre Dieu en esclavage, en utilisant l'amour qu'Il a pour nous. - La recherche du succès, de l'estime des hommes, des flatteries, est une déviation du besoin d'amour. - Dans le catéchisme imposé aux évêques par Napoléon, le premier devoir du citoyen était l'amour de l'empereur, destiné à asseoir la puissance de celui-ci. Les grognards aimaient celui qui disait qu'on ne pouvait plus se passer du pouvoir quand on y avait goûté, et à qui il était indifférent de faire tuer un million d'hommes. - J'aime tout en Nietzsche sauf le côté systématique qui apparaît dans son apologie de la volonté de puissance. Pour lui tout est régi par la volonté de puissance. Or la volonté de puissance ne concerne que l'homme et c'est la conséquence du péché de l'homme. D'une aberration il fait le fondement de l'univers. (Gustave Thibon). Les puissants se croient aimés. Quand ils ne le sont pas, ils divorcent, ils tyrannisent, ils font la guerre. - Ceux qui aiment les puissants croient qu'ils en seront aimés. Etienne de La Boétie a écrit le "Discours de la servitude volontaire", qui étudie la perversion du juste rapport entre l'amour et la puissance. La liberté véritable n'est pas fille de la puissance, mais de la paix. (Pendant la guerre du Liban, un journaliste interroge un combattant chrétien, qui vise une lointaine silhouette : Allez-vous tuer cet homme ? - C'est mon ennemi. Si je ne le tue pas, il me tuera).
La désunion de l'homme et de la femme a brouillé l'image de l'unité de l'être humain. La guerre a chassé la paix dans le brouillard des rêves utopiques, l'humanité aspire en aveugle à cette paix qu'elle s'ingénie à repousser loin d'elle, comme si la guerre était son destin ou l'épreuve de sa liberté. Dans la passion de détruire l'autre ou dans la passion de celui qui est menacé d'être détruit, l'autre, qu'il faut tuer ou qui va tuer, se révèle dans son altérité radicale. Il est autre que moi, inaccessible. Tout intérêt pour lui s'est tu en moi ou en lui, pour moi. Les guerres naîtraient de l'impétuosité de l'amour ou de la violence de son refoulement. Une même source, selon Freud, alimente toutes les énergies, la pulsion sexuelle, si proche de l'instinct de mort. La nature est la grande ordonnatrice de la conduite humaine. Féconde ou destructrice, elle commande la violence de l'instinct sexuel, en l'aiguillonnant par le meurtre privé ou les guerres. Sade dit que, la destruction étant une des premières lois de la nature, rien de ce qui détruit ne saurait être un crime. L'instinct sexuel, la guerre, la mort : tel est le plan de la nature. Si l'instinct sexuel, porteur par nature des moyens de donner la vie, peut si aisément se retourner contre elle que l'on puisse trouver dans la guerre et la mort ses ultimes finalités, c'est parce qu'il occupe une place qui n'est pas la sienne. (Janine Chanteur - De la guerre à la paix - PUF 1989).
|
Tu aimeras ton prochain comme toi-même. |
Love your neighbor as yourself. |
|
Celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi |
Anyone who loves his son or his daughter more than me is not worthy of me. |
On répand l'amour entre les hommes par une lente éducation, parce que la bonté agit comme une semence. La famille est le progrès de l'humanité. Les enfants qui apprennent à lire dans la Bible engendrent une race plus intelligente. Ils évitent la dégénérescence des maladies que cause le péché. Aimer, c'est consacrer sa vie à ceux qu'on aime et leur faire du bien. Dieu ne nous demande que deux choses : l'une de l'aimer et l'autre d'aimer notre prochain. C'est donc à cela que nous avons à travailler. Si nous les accomplissons fidèlement, nous ferons sa volonté et nous serons unis à Lui (Saint Thérèse d'Avila, Château intérieur, 5e Demeure III 7). Nous ne pouvons pas faire du bien à Dieu, mais nous pouvons faire ce qu'Il nous commande, aimer notre prochain.
Ce n'est pas un commandement nouveau d'aimer le prochain comme soi-même, mais c'en est un de l'aimer comme Jésus nous a aimés, c'est-à-dire en donnant sa vie. Aimer c'est tout donner et donner sa vie (Sainte Thérèse de Lisieux, citée par Jean-Paul II à Sainte Anne d'Auray en 1996). C'est l'amour héroïque, celui des hommes qui volent au secours de leurs frères en danger. Le plus grand amour, c'est de mourir pour ceux qu'on aime. C'est ce qu'a fait pour nous le Sauveur, c'est ce qui est exigé de chacun, à la fin de sa vie. Le Cardinal Lustiger montre que les Psaumes et les Béatitudes contiennent la même doctrine : celui qui est en communion avec Dieu fait du dessein de Dieu sur le monde son propre dessein. Il aime Dieu parce qu'il en est aimé, et non parce qu'il en reçoit des bienfaits. Alors il aime son prochain comme Dieu l'aime. Le dessein de Dieu se réalise en Jésus-Christ.